Passionné de sonorités soul depuis son enfance, Pablo Valentino est aujourd’hui un artiste aux multiples facettes qui se plaît à explorer les frontières entre les genres. Fondateur des labels Faces Records et MCDE Recordings (avec Danilo Plessow), il est aussi connu sous ses différents alias Creative Swing Alliance, Kid Swing ou encore Hipster Wonkaz. Il est également aux manettes d’une résidence au Sucre – Children of the Drum – qu’il compte exporter très prochainement au Rex.

Pour commencer, tes influences semblent couvrir une large palette de styles allant du jazz, à la soul et même au hip hop, en passant par la house. Saurais-tu nous dire d’où elles te viennent ?

J’étais attiré par la musique très jeune, à l’âge de 9-10 ans… Mon père avait une petite collection de disques, il y avait surtout des trucs de discothèque de l’époque genre Shalamar, Kool & The Gang, Chic, du boogie, etc.

Par la suite vers mes 12 ans, j’ai découvert la house, le trip hop, la drum’n’bass et le rare groove gràce à la radio RBS à Strasbourg et les très bons selectors/dj’s No Stress, Eek’m’House et Vinicious qui jouaient non stop en live… J’étais obnubilé par ces sons et j’enregistrais les émissions sur cassettes…

Tu as créé le label FACES Records en 2012, qui a vu passer des artistes talentueux tels que Kez YM, S3A et MCDE. Comment décrirais-tu son évolution jusqu’à aujourd’hui ?

FACES Records n’est pas un label hyper prolifique mais très éclectique. Je suis fier de toutes les sorties depuis les premiers maxis de broken beat de L’Aroye (en 2002) jusqu’au 45 tours beats/hip hop de Tableek et le russe OL ou encore les releases pûrement house de MCDE ou Rondenion.

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Avez-vous de nouveaux projets à venir sur ce label ?

Bien sûr, un album du japonais Kez YM est en prévision ainsi que des nouveaux maxis 12″ de Neue Grafik, Ugly Drums ou encore les mexicains 4004 et Soul Of Hex.

Et sur MCDE Recordings ?

La prochaine sortie sur MCDE sera mon EP « My Son’s Smile » sous mon propre nom, puis des nouvelles releases de MCDE bien sûr, mais rien n’est finalisé pour l’instant.

Ta résidence Children of the Drum au Sucre à Lyon a connu un franc succès puisque sold out pour ses 15 dernières éditions. Pour nos lecteurs qui n’ont jamais eu l’opportunité de s’y rendre, comment décrirais-tu l’ADN de ces soirées ?

Children Of The Drum c’est vraiment mon petit bébé, j’ai carte blanche un samedi par mois dans l’un des clubs que je considère comme l’un des meilleurs en France, voire en Europe… Notamment grâce au public lyonnais qui m’étonne à chaque édition. Tu retrouves exactement ce que je peux jouer dans un set de 2h mais sur l’ensemble de la soirée : de la musique brésilienne, de la house/acid et beaucoup de disco et modern soul. J’ai toujours aimé casser les frontières musicales et je suis heureux que le public français soit maintenant plus friand et ouvert à ça. Je trouve qu’on vit une bonne époque en terme de clubbing actuellement en France.

Selon toi, quelle est la track qui donnerait une idée de l’esprit Children of the Drum ?

Whouhh c’est chaud comme question ! Je termine pratiquement toujours avec des 45 de modern soul donc je dirais par exemple « Priceless – Love in Your Life » ou encore « Sapphire – Stay With Me« .

Tu comptes exporter le concept Children of the Drum à Paris ce 26 Novembre, en compagnie d’Amir Alexander, Henry Wu et S3A. D’où t’es venu cette volonté ? Et pourquoi avez-vous choisi le Rex Club ?

Le Rex est un club légendaire et l’un des plus vieux de Paris, de plus j’aime beaucoup leur sound system. Je suis heureux de pouvoir exporter ma résidence là-bas !

Children of the Drum, c’est également le nom d’une émission que tu animes sur la radio lyonnaise LYL tous les mardis soir, en compagnie de Lotfi et LB aka Labat. Qu’est-ce-que cette nouvelle expérience t’a apporté ?

Comme cité plus haut, j’ai toujours adoré la radio surtout FM, j’en ai fait pendant plusieurs années à Strasbourg puis maintenant sur Lyon. On enregistre l’émission chez LYL radio en direct et elle est rediffusée le samedi de 22h à 00h sur RTU (la petite soeur de Nova à Lyon : 89.8FM).

On teste pleins de trucs, Lotfi joue toujours ses dernières pépites de boogie/funk et La Bat essaye ses nouvelles démos… On joue pas mal d’exclus en fait…

Une résidence, une émission de radio… Bien qu’étant originaire de Strasbourg, tu sembles tenir un attachement particulier à Lyon. Quelle en est la raison ?

Depuis que j’ai emménagé sur Lyon, je m’y sens super bien, il y a vraiment une belle et une bonne énergie dans la ville, les crews se bougent énormément et il n’y a qu’à voir le nombre de labels, de soirées et de producteurs qui font des super trucs…

Tes 5 titres qui selon toi représentent un bon échantillon de la scène locale lyonnaise ?

Ah yes ça c’est une bonne question, par contre en 5 titres c’est dommage je vais oublier du monde… Je pourrai vous faire un top 15 plutôt !

On ne peut pas faire de liste d’artistes lyonnais sans commencer par le parrain et le producteur le plus prolifique de la ville : Bruno Hovart aka Patchworks, aka Mr President, aka Voilaaa, aka Uptown Funk Empire et j’en passe… Il a fait ce morceau en une journée, le jour de la mort de Gil-Scott Heron… Un must have !

Mon petit protégé, surdoué pour son jeune âge… Checkez aussi son album « Disques Solaires » sorti chez Groovedge il y a quelques mois… Sa beat tape « People of Anoubiz » sortie chez BFDM ou encore son nouveau 12″ Queendom EP à paraitre chez D.KO.

Autre surdoué et super jeune aussi, Victor aka Kaffe Crème co-dirige le label Moonrise Hill Material avec le Dj Folamour, il compose tout et c’est un artiste à suivre de très prés !

Dans une veine pûrement house, les beats d’Ortella sont toujours tranchants et aiguisés… Ce morceau est dans mon bac depuis maintenant pas mal de temps et il y restera encore.

Nouveau venu sur la scène lyonnaise, Théo aka G2S a créé son label In Any Case Records, la 1ère sortie du label est un Various Artist comme j’aime.

Je recommande de checker aussi le morceau de Malouane sur le même maxi :

Le tube made in Lyon ! Classic zahef style !

Le slogan de Dure Vie est « la vie est dure, on vous l’adoucit ». Qu’est-ce qui rend la vie plus douce pour toi ?

L’alcool, les putes et la weed, non j’rigole. La musique rend ma vie plus douce bien évidemment mais aussi les voyages en famille et les bonnes bouffes entre potes.

Merci à Pablo d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Pour les lyonnais qui restent dans le secteur, vous pourrez le retrouver au Sucre pour sa résidence mensuelle le 3 Décembre prochain, pour vous faire vibrer en compagnie d’un prodige de l’écurie D.KO, Mad Rey.

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