Le monde de l’évènementiel est vaste, et recèle souvent de pépites cachées accros à la musique et à son exploitation au travers du djing. Mouloud, Community Manager et spécialiste des moindres recoins de la Concrete depuis quelques années, cultive en effet avec modestie, presque secrètement, la passion des disques et leur maîtrise sur les platines. Repéré par le duo des Sundae, c’est ensuite aux côtés de Brice Banner (Concrete) que ce féru d’expériences auditives évolue, également sensible à inviter des artistes, des amis, pour le rejoindre derrière le booth lors de ses résidences au Badaboum.

Samedi, nouvelle étape « R.W.A : Records With Attitude presents The Boiling Room » au Dada Temple de La Machine du Moulin Rouge, où, en bas des marches, la nuit sera orchestrée en b2b avec son premier invité : Bambounou. Pour en découvrir davantage sur son univers musical et achever d’être convaincu, le grand papa Mouloud sera en direct demain sur Rinse France avec son invité pour son émission « Records With Attitude » (R.W.A) ! Au programme : des disques, de la réflexion, et un avant-goût de la chaufferie de samedi soir.

Peux-tu nous raconter un peu ton parcours, et comment tu es arrivé chez Concrete ?

Je connaissais bien Brice et Pete parce qu’on faisait la fête ensemble, c’est aussi simple que ça. On était amis avant de travailler ensemble, et puis quand ils m’ont évoqué leur projet de faire des teufs c’était à l’époque de Twisted. Ils leur manquaient des gens pour gérer les situations « compliquées » lors de leurs évènements, et j’ai saisi l’occasion vu que j’avais travaillé avec pas mal de promoteurs comme We Love Art ou le Social Club où j’avais acquis une certaine expérience. C’est donc grâce à mon travail chez Twisted que j’ai logiquement continué avec Concrete ! C’est juste une simple continuité des choses.

Ta meilleure expérience de festival avec Brice Banner ?

C’est vrai qu’on bouge beaucoup ensemble, on essaie d’aller dans des festivals « pointus » où la musique est vraiment bonne et où tout se concentre autour d’elle. En 2016, on était partis au Freerotation et au Labyrinth, et c’est l’expérience de ces festivals-là qui m’a bluffé. Depuis cette première expérience, je me suis juré que j’allais y retourner tous les ans ! (rires)

La musique y est d’une très grande qualité, et au niveau de la vibe générale, tu peux partager des choses vraiment fortes avec les gens.

Je souhaite à tout le monde de vivre ces expériences-là, même si le Freerotation est assez difficile d’accès parce qu’il y a un délire de « membership », une sorte de communauté où les gens invitent leurs potes : soit t’es invité par un ami pour en être membre, soit tu participes à un tirage au sort. C’est une bonne manière de garder le festival à taille humaine et ça permet de fédérer toutes les relations entre elles, réunies autour de la musique. T’es hyper serein, les gens sont ouverts, c’est vraiment une belle expérience de partage et d’amour. Ça fait hyper « hippie » ce que je dis là, mais j’ai jamais vécu quelque chose de semblable ailleurs. Les artistes sont au milieu de tout le monde, ils te disent « bienvenue dans la famille », et ça permet que chacun soit traité de la même façon. Tu peux te retrouver à danser avec DJ Bone et Move D, comme ça, en plein milieu d’une piste ! J’avais l’impression d’avoir 18 ans et de réapprendre à faire la teuf alors que je bosse avec ces gens-là toute l’année (rires). C’est pour ça que je le remercie de m’avoir fait découvrir ce genre d’endroits, et quand tu pars de là-bas, tu te dis qu’il reste encore un an à attendre ! Il est clair que Freerotation est une des meilleures expériences que j’ai eues.

C’est quoi ce délire de chaine en or ? On se rappelle de la vidéo devant Move D !

Les chaînes en or ça n’avait pas commencé avec Brice, à la base c’est un délire avec plusieurs potes. J’avais des fausses chaînes en or en plastique chez moi, et je me souviens l’avoir sortie au nouvel an, puis avec les potes d’Half Baked. Je me souviens pour te dire qu’à un de mes premiers gigs à Londres, j’avais joué en djellaba noire satinée/chaîne en or et on était restés comme ça tout le week-end ! (rires) En fait depuis, ça devient récurrent quand on fait une teuf avec ma bande de potes, que ce soit à Concrete ou ailleurs.

Pour l’anniversaire, par exemple !

Oui voilà pour l’anniversaire, vraiment dès qu’on sait qu’on va faire la fête on les porte. Une autre anecdote à propos de Freerotation, le dernier jour, le dimanche, on te demande de te déguiser et c’est à ce moment-là qu’on les avait aussi sorties !

Revenons sur le Malibv, ça évoque quoi pour toi ?

Le Malibv c’est un peu l’endroit où tout a commencé pour moi, puisqu’avant je ne mixais pas du tout ! C’est Céline et Giorgio qui m’avaient invité dans un premier temps à venir jouer à une Sundae. C’était un de mes premiers gigs, et c’est surtout eux qui m’ont poussé en premier à me lancer réellement. Au « maintenant que tu joues un peu, ce serait bien que tu joues au club », j’avais répondu que j’étais un peu hésitant, et ils m’avaient assené un « non non t’as pas compris, tu vas JOUER ici, tu vas te choper une résidence et tu vas jouer tous les mois ! » (rires).

Au début j’avais un peu la pression, mais aujourd’hui je leur en suis éternellement reconnaissant. C’est une chance qu’ils m’ont donné de pouvoir booker des artistes chaque mois et de me faire la main avec eux. Je suis très reconnaissant aussi envers mes potes évidemment qui ont accepté de venir jouer avec moi, et qui ont été formidables. C’était un des rares clubs à Paris où il y avait des line-ups vraiment intéressants, surtout avec une capacité réduite. C’est là-bas aussi qu’on s’est connus toi et moi ! J’étais au bar pour commencer, mais ce qui était bien c’est que tu savais qu’à un moment, à partir du jeudi soir, si tu voulais sortir et écouter un peu de musique, tu savais qu’en venant au Malibv tu allais forcément pouvoir retrouver quelqu’un que tu connaissais. C’était la folie ! Quelques fois on passait la soirée à 30, voire à 10, mais c’était toujours aussi prenant. Donc oui j’en garde énormément de souvenirs parce que c’est là où ma petite carrière a démarré.

Un cocktail à base de Malibu ?

Je déteste le Malibu ! (rires) Donc je pourrais même pas te répondre tu vois !

C’est vrai que c’est vraiment dégueulasse. (rires) On restera là-dessus c’est parfait. Parlons plutôt de ta soirée de samedi à la Machine où tu joueras toute la nuit avec Bambounou. Tu nous expliques le concept de tes Boiling Room ?

Quand j’étais au Malibv pour le coup, j’avais une soirée qui s’appelait « Boiling Room », c’était tout simplement des b2b toute la nuit avec un artiste que j’invitais. À l’époque j’avais reçu Varoslav, Lamache, Lowris, Sidney & Suleyman, Yakine, Greg Brockmann, Molly, Djebali, Seuil, ou encore Le Loup bien évidemment qui a toujours été mon grand partenaire ! Pour La Machine de samedi, ça tombait bien parce que j’ai rencontré Theo Muller de Midi Deux au Freerotation, qui gère aussi la programmation du Dada Temple (nb : La Chaufferie de La Machine du Moulin Rouge), on a parlé ensemble d’une résidence là-bas et ça tombait bien parce que le nom « Boiling Room » collait avec celui de La Chaufferie (« boiling » = bouillant).

Le concept reste un peu le même, j’invite quelqu’un pour qu’on joue ensemble toute la nuit, et ce samedi c’est avec Bambounou, un grand artiste avec déjà une belle carrière que je vais partager les platines. On n’a jamais joué ensemble, et ce qui est cool c’est que je vais pouvoir montrer d’autres choses, contrairement à avant où j’étais comme « catégorisé » dans une certaine scène.

La micro, non ?

Oui voilà, un peu house aussi. Avec l’âge tu grandis, tu achètes d’autres disques et tu écoutes de tout, et c’est super bien parce que je suis à peu près sûr qu’on classe aussi Bambounou dans une certaine musique… L’objectif pour nous, c’est justement de prendre les gens à contre pied et de partager quelque chose entre nous, et avec eux. C’est un exercice très intéressant, surtout quand il est spontané et que rien n’est préparé. On s’est juste donnés deux/trois mots-clés pour y parvenir !

Pourquoi Bambounou, justement ? C’est un ami ?

On se croisait souvent en soirée quand je jouais au Social Club, et puis au fur et à mesure du temps on a eu l’occasion de se parler grâce à des potes. On a discuté et sympathisé, on a  même fait une session studio ensemble ! J’ai été agréablement surpris de sa réaction quand je lui ai annoncé la résidence : il était vraiment emballé ! Il n’a pas hésité une seule seconde, et je n’ai qu’une hâte c’est de partager les platines avec lui samedi.

En parlant de soirée, avant tu organisais les résidences « Circle » au Badaboum avec Le Loup. Ça va continuer ?

Pour le moment rien de prévu, mais on n’est pas fâchés pour autant, bien loin de là ! (rires) On avait reparlé avec le Badaboum pour peut-être reproposer une date, et comme le lieu a pris une orientation assez house, c’est sûr qu’on le referait là-bas si on avait des artistes de ce genre à inviter. C’est aussi dû au fait qu’on s’investit tous les deux dans beaucoup de projets, Léo a son label Shadow Play, moi j’ai Concrete, et je voulais un peu plus marquer mon identité musicale en proposant un projet personnel. Après Léo sera forcément un de mes prochains invités pour les Boiling Room, et le projet n’est pas mort, mais je voulais d’abord développer mon propre truc. J’ai toujours travaillé avec des gens, il était temps pour moi de me lancer « seul » !

3 petits sons à nous balancer ?

3 nouveautés ?

– Le prochain EP de Seafoam sur Rue de Plaisance ici.
– Le prochain EP de Robin Ordell sur Discobar

Tu peux nous parler un peu de ton job chez Concrete ? Les faces cachées que le public ne connaît pas forcément…

Je ne suis pas ingénieur du son comme beaucoup de gens peuvent le penser. J’ai appris énormément de choses sur le terrain. J’ai deux « missions » principales, la première c’est de m’assurer que tout ce qui aide les artistes à s’exprimer (platines, mixeur) soit en place et fonctionne, pour pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions. La deuxième, c’est de les mettre à l’aise pour que leur musique soit la meilleure. Il y a une phrase que je répète toujours aux artistes « Les problèmes sont pour nous, pas pour vous. »

Aujourd’hui, tout le monde ne semble plus jurer que par Funktion One. Qu’est-ce que tu en penses ?

La vérité c’est que je ne suis vraiment pas d’accord avec eux, parce que les gens qui disent « si la salle a un plafond bas le meilleur c’est Funktion One » ont tout faux. Pour moi, c’est au plus optimal quand c’est en extérieur, et il n’y a qu’à regarder le Robert Johnson (Francfort), ils ont le club qui a le meilleur soundsystem à mon opinion et c’est un  Martin Audio, c’est-à-dire que quand tu vas dans cette salle-là le son est juste parfait. Reste que Funktion One n’est pas forcément le meilleur, mais ça reste une très bonne référence. Maintenant ça devient presque un argument de vente pour certains promoteurs, comme dans certains évènements où ils mettent « Powered by Funktion One » (rires). Mais ça ne veut rien dire !

Qu’est-ce que tu aimes faire d’autre à part la musique ?

J’adore le vin ! Avec des potes c’est vraiment nos deux passions, les disques et le vin. Et j’aime bien rigoler aussi, avec mes bons amis !

Un petit mot sur Dure Vie ?

Je vois que vous avez fait un beau parcours en quatre ans. Les gars se sont même internationalisés ! (avec Hard Life). Votre sélection est quali autant dans les évènements que dans les articles, et je suis très touché que vous m’ayez proposé l’interview. Franchement, longue vie !

Tu seras en direct sur Rinse France demain ?

Yes, une fois par mois on anime une émission sur Rinse avec Brice. Il y en a une demain avec Bambounou, ça risque d’être marrant, on va beaucoup parler, passer des disques, expliquer les ambiances dans lesquelles on va emmener les gens. C’est une façon pour moi d’expliquer et de faire découvrir mon univers musical parce que je ne produis pas. Et puis finalement proposer une autre vision de mon travail que mon cadre professionnel, parce que beaucoup de gens ne connaissent pas ma musique !

Évent 25 marsR.W.A presents The Boiling Room : Bambounou b2b Mouloud

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