Crédit photo :  Flavien Prioreau

Marion Poncet est-elle la petite soeur de Roman Poncet / Traumer ? Son alter ego ? L’artiste aime brouiller les pistes et on s’en tiendra donc uniquement à son actualité musicale : un premier EP, « Chasing Da Hippo », sorti sur le label Chineurs de House (La Chinerie) et un second, « Ain’t Stop » paru sur In The Box Records. La belle aux boucles rousses a accepté de se dévoiler. Un peu. Rendez-vous au Badaboum ce vendredi 16 mars

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Certaines filles (on pense à Amelie Lens, par exemple) ont préféré, à certains moment de leur carrière, prendre un nom d’artiste masculin pour éviter la misogynie ambiante dans le milieu. Toi, tu as tout de suite choisi un prénom féminin. C’est hyper féministe comme démarche, en fait ?

C’est exactement ça ! J’ai toujours eu une part de femme en moi. C’était enfin l’occasion rêvée de la dévoiler de façon un peu plus officielle.

Tu dis que la house exprime quelque chose de plus « sweet », plus « féminin ». Et donc, par opposition, la techno serait plus un truc de mec. C’est pas un peu simpliste comme raisonnement ?

Dis comme ça, oui. Mais mon « raisonnement » n’est pas du tout généralisé. Je l’entends de cette manière en ce qui me concerne. Vous ne me verrez pas danser, acter de la même manière quand je joue de la techno ou de la house. Le fait est que, de façon très subjective, je trouve la house (et ses variations multiples) plus sensuelle, plus douce, plus légère ou plus chaleureuse – et toutes ces qualifications me font penser in front à une femme plutôt qu’à un homme. Cependant, je ne généralise pas : bien entendu qu’un homme peut être sensuel, doux, « sweet ».

D’ailleurs, tu dis que Marion Poncet est un projet à l’opposé de celui de Roman Poncet. La house en opposition à la techno. Pourtant, la frontière entre les deux genres est mince. Regarde Mr. G…

Oui mais Mr. G, c’est Mr. G ! De mon point de vue, Marion est l’opposée de Roman. Et je ne pense pas tant exagérer mon propos parce que si, par exemple, je jouais la même musique au Berghain en tant que Roman qu’au Badaboum pour ma résidence « Rouquine » sous Marion – et inversement – je ne suis pas sûr(e) que les deux soirées se passent très bien (rire).

Donc impossible qu’un jour tu oses réunir ces deux projets en un seul ?

Non (sourire). La seule possibilité – même si je ne parie pas dessus – serait de tout réunir au sein d’une même identité qui serait mon nom civil, par exemple.

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À ce propos, pourquoi cette différenciation est si importante pour toi ? Pourquoi un artiste ne peut pas dévier de son univers de base, selon toi ?

Le « problème » ne vient pas de l’artiste. Un artiste, selon moi, doit être justement ouvert d’esprit et s’essayer à de nouvelles techniques et approches de la musique. Le « problème », donc, émane plus des clubs / promoters et du public qui ne sont pas toujours super ouverts – et ce n’est pas grave, c’est juste un fait. Ce que je pense, c’est que segmenter une pluridisciplinarité musicale reste, à mon sens, le meilleur moyen de bien gérer chaque projet, chaque identité. Cela relève d’une forme de « schizophrénie artiste » avec et grâce à laquelle on peut se plonger à 100% dans tous ses différents projets. Cette segmentation permet aussi au public de savoir ce qui l’attend (sur les grandes lignes) pour les prestations, par exemple. Et ainsi éviter l’erreur de casting à un fan de techno (et moins de house) de venir écouter un set de Marion plutôt que Roman.

Marion Poncet, c’est un projet au long terme ? Tout aussi important que Traumer, Roman Poncet, Adventice et co ?

Tous mes projets ont de l’importance pour moi. Après, ils n’en ont pas tous autant en termes « d’audience » et, de ce fait, certains sont plus sollicités que d’autres et ces derniers me demandent donc plus d’attention, plus de travail. Résultat : il y a au final une différence de traitement, si je puis dire. Différence dont je ne décide pas spécialement.

En quoi DJ Deep a joué un rôle important dans le développement de Marion Poncet ?

Disons que sa rencontre m’a fait découvrir l’essence de la house, la genèse de ce mouvement. Même si je ne suis pas trop regardant(e) du passé, cela m’a aidé(e) et m’a inspiré(e) pour lancer le projet.

Tu es fier(e) de ce nouvel EP que tu sors sur In The Box ? Tu l’aimes ce remix de Borrowed Identity ? 

Je suis très content(e) de cet EP, oui ! Il est composé de « vieux » morceaux, sûrement dans les premiers que j’ai créés dans une optique « Marion Poncet », mais que j’aime toujours. Et puis, sortir ces morceaux-là sur ce label de copains était doublement appréciable.

J’aime le remix de Borrowed Identity qui est très simple au sens positif du terme. Il a gardé de grandes parties de l’original, tout en re-visitant l’arrangement et certaines parties rythmiques au travers de son propre prisme.

Comment on fait un b2b Traumer (un autre de tes projets) et Marion Poncet ? On veut dire, techniquement ?

On prépare deux DJ bags (physiques ou virtuels, peu importe) ce qui donne deux « bibliothèques » avec deux influences. Cela permet, au résultat, d’avoir une mixité des genres.

Du coup, tu suis aussi un peu plus la scène house ? Quels sont les jeunes producteurs house qui te bluffent, aujourd’hui ?

Je ne suis pas à fond toutes les scènes, ce sont des cycles d’intérêts qui vont et viennent. En ce moment, par exemple, je suis énormément la scène micro house / minimal. Toutefois, j’aime bien la musique (et l’humain) Malouane et son jeune label In Any Case. Sans parler du header de In The Box Records : Tvfrom86 surnommé la Fleur et avec qui je pense avoir beaucoup de points communs.

Est-ce que tu as la sensation que la vague techno va laisser place à celle de la house ?

Honnêtement, je n’en sais rien… (rires) 

Donne-nous tes morceaux house du moment.

Mr G – « How It Is Sometimez » (label Phoenix G)

Times Are Ruff 001 – Tout le disque

Kai Alce – « Just Wanna » – (label Sounds Of The City)

Sakskobing 003 – Tout le disque

Cody Currie – « Djembe » – (label Pusic Records)

Unknown Artist – « Hours » – (label QNQN 1415)

Emotive 002 – Tout le disque

« YAM 001 » by Chaos In The CBD – Tout le disque

Quelle est la chose que tu considères comme étant la plus féminine chez toi ?

J’adore recevoir de l’attention, des câlins, être cajolé(e). Je réclame des bisous, des caresses, des mots d’amour !

Enfin, dernière question : on sait que tu es un fan de bouffe (et que tu cuisines quasiment aussi bien qu’Alain Passard). Associe chacun de tes projets à un plat particulier.

(Rires) Merci pour le compliment, même s’il est sûrement un poil exagéré ! J’aime aussi beaucoup la requête donc je ne vais faire que les principaux projets :

Traumer : Tartare au couteau de veau de lait aux agrumes et fruit de la passion.

Roman Poncet : Côte de Boeuf maturée et son écrasé de patate douce aux olives vertes.

Marion Poncet : Tartare de Rosbif à peine cuit, façon ceviche.

Adventice : Bouillon style Japonais, aux petits légumes et fine tranches de veau.

Sergie Rezza : Brouillade de petit légumes et épices, comme une omelette japonaise.

Mod3rn : Un dessert, forcément : une trilogie de chocolat sur un sorbet à l’orange.

« Ain’t Stop » de Marion Poncet, sorti sur le label In The Box Records, à écouter ici.

Retrouvez Marion Poncet le samedi 29 avril 2017 au Badaboum pour une In The Box Label Night x Rouquine avec Damiano von ErckertHoser et Tvfrom86 !

Marion Poncet : Facebook / Soundcloud / Discogs

In The Box Records : Facebook / Soundcloud / Bandcamp

Crédit photos : Flavien Prioreau

In The Box • Andy Hart, Marion Poncet, Tvfrom86