Colorimétries 70’s, ambiance sombre et intense, liberté des corps dansants : la photographe mexicaine Mariana Matamoros, basée à Paris, s’est fait une place de choix en capturant la vie nocturne. Rencontre. 

Qui es-tu ? 

Je m’appelle Mariana Matamoros. Je suis de nationalité Mexicaine et j’ai 28 ans. Formée dans les milieux créatifs, je suis photographe depuis quelques années.

Quelles sont tes influences ?

La photographie humaniste est clairement le cœur de mon travail. C’est un style de photo où je cherche à témoigner à la fois des bonheurs simples de la vie mais aussi des difficultés que traversent le corps et de l’esprit.

Mario de Biasi est une bonne source d’inspiration pour moi. Il a ce petit côté intrigant que j’aime et que je recherche. Mes influences colorimétriques sont venues avec les magazines vogue 70’s, j’ai toujours été attirée par le traitement de l’image, les couleurs, la lumière et le gramage. Je suis fascinée par le travail de Ouka leele, bien que nos deux styles soient différents (notamment sur la gestion de la saturation par exemple), cette photographe, peintre espagnole, utilise énormément les mélanges de couleurs, ce qui m’a toujours inspirée.

Côté cinéma, The Neon Demon est une de mes références, ce n’est pas un grand film, mais en termes de couleurs et d’approche de l’esthétique féminine, plus son traitement du mythe grec de Narcisse, il m’inspire fortement… (rires). Côté chill, je pourrais citer le 5eme Élément, qui reste une pépite !

La photographie et la culture de la fête sont intimement liées, quelle est ton approche de la photographie dans ce milieu ?

Mon approche? Toujours avec l’appareil photo dans la main. Je me balade et capte mes coups de cœur au gré des émotions qui me traversent.

Pourquoi est-ce que tu as choisi de photographier des événements de musique ?

La musique me passionne ! Et transmet toute une palette d’émotions au corps, qui les exprime à travers la danse. C’est à la fois intense, instantané et inconscient. Je tiens à capturer cet instant fugace, ce concentré d’émotions. L’instant permet de révéler l’intérieur apaisé du sujet.

Photographies-tu autre chose ?

Mon chat, bien évidemment ! Mais aussi des projets photo sur commande : il m’arrive de faire des photos de pressse pour les artistes dans le milieu de la musique. De la photo plateau lors de tournage publicitaires comme récemment pour Double Dauphin ou avec l’équipe Scale. La food photo fait aussi partie de mon parcours avec le set design qui va avec.

Une photo que tu n’as jamais publiée mais qui a du sens pour toi ?

Cette photo, si elle revêt un sens tout personnel, je la garderai encore pour moi.

Si tu devais résumer « La fête » en une photo ?

Des pieds qui martèlent le sol trempé par la boisson et la sueur. La tension des corps dansant en harmonie, vibrants avec le son, dans un hangar désaffecté ou d’autres lieux plus ou moins interdits.

Le.s événement(s) sur lesquels tu as préféré shooter ?

Pendant 2 ans j’ai construit progressivement le visuel de mon travail. Avec un peu de recul, j’aime particulièrement celles de 2018-2019, pré-covid, j’étais dans une redécouverte permanente, avec des soirées très intenses.

Aujourd’hui je prends un énorme plaisir à shooter au Laster Club, à Madrid. Je n’avais pas shooté l’ambiance, la vibe espagnole auparavant et je peux dire que c’est quelque chose que je recommande ! c’est à la fois rude et “basto” mais aussi sensuel et unique, incroyable ! J’adore.

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