S’il n’y avait qu’une seule émission à écouter pour vos découvertes de jeunes talents cachés des musiques électroniques, retenez Confie-Nous Tout de Jean Fromageau. Tous les matins à 9h30 et en format spécial jazz le samedi à 11h30 sur TSUGI Radio, ce dénicheur de pépites vous emmène dans les abysses des bedroom producers et réveille le sublime des classiques pour vous accompagner chaque matin depuis plusieurs mois. Diggers flemmards, amateurs d’humour ou de café-radio, c’est pour vous. Rencontre. 

D’où t’es venu l’idée du concept de l’émission ? Est-ce important pour toi de promouvoir les productions d’artistes, surtout pendant la période actuelle ?

Je crois que pour ça il faut remonter 8 mois en arrière au premier confinement (ouais huit mois… hein..) où on était tous un peu sonné de devoir couper notre quotidien actif et se retrouver cloîtré dans des salons, apparts, etc. Plus trop de repères pour tout le monde, et j’avais aussi lu que les gens n’écoutaient plus trop de musique depuis quelques semaines avec la peur ambiante etc… Moi le premier !

Du coup, j’ai envoyé un message à Tsugi Radio pour leur proposer de mettre en place une matinale courte – sur le papier 15minutes, je n’ai jamais réussi à faire aussi court (rires) – qui revient sur un album, un artiste ou juste une découverte, histoire de donner rendez-vous à ceux qui le souhaitent, à heure fixe, tous les matins.

Et puis si tu rajoutes à ça le fait qu’il n’y ait plus vraiment de quotidienne qui prenne le temps d’aller chercher un peu des artistes indépendants, je me suis dit qu’il fallait y aller !

Quel est le déroulé de l’émission ? 

L’émission dure une vingtaine de minutes. Les ⅔ de l’émission sont consacrés à un focus sur un·e artiste et un album, sauf le jeudi où je parle d’une compilation et le vendredi où c’est plutôt bande originale. 

Après, je passe un dernier morceau qui n’a en général rien à voir avec l’artiste principal, davantage issue d’une production indé, d’un ou une artiste un peu en développement, etc. J’essaie aussi de rebondir un peu sur l’actualité, partager des infos culturelles (ou pas d’ailleurs), des initiatives ou des appels à projets, en début ou en fin d’émission. 

Comment les producteurs.trices peuvent-ils t’envoyer leurs tracks / démos ? 

On est accompagnés par la structure Groover.co qui est partenaire de l’émission. C’est assez pratique : les gens m’envoient leurs tracks et démo via cette plateforme, et on voit si ça peut le faire ! Bon ça coûte 2 balles, ça peut être un frein parfois, mais ça permet aussi au podcast de vivre et surtout de bien se poser la question « Est-ce que j’ai vraiment envie d’envoyer ça ?« 

C’est le plus simple, parce que je reçois beaucoup de choses sur Facebook, Instagram etc, mais comme à la base je ne vais pas sur ces réseaux pour ça, ça passe souvent à travers et j’oublie souvent d’écouter… Sinon, les labels et RPs me contactent directement par mail maintenant !

Comment tu t’organises pour tenir un programme quotidien chaque semaine ? 

(Rires) J’aurais pas osé dire “tu t’organises” ! C’est plutôt irrégulier on va dire. Il y a des semaines où j’ai un planning pré-établi, je sais déjà quels vont être les thèmes, les artistes, etc… J’ai même mes émissions écrites en avance !

Et puis il y a des semaines (qui coïncident pas mal avec les apéros interminables) où c’est un peu au jour le jour, en fonction des copains, copines, découvertes ou mood du moment. 

Tous les samedis, tu as le format spécial Jazz The Two Of Us. Pourquoi avoir choisi le jazz en particulier ? Quels artistes aimerais / rêverais-tu d’inviter dans l’émission ? 

C’est une question que je me pose depuis très longtemps, parce que c’est toujours là-dessus que je fini par tomber quand je suis seul chez moi à boire un café et que j’ai envie d’écouter de la musique, sans pression.

Du coup je me suis dit qu’on avait tous, je crois, une approche différente du jazz et que j’aurais adoré savoir ce qu’en pensent des gens comme Laurent Garnier, Alexandre Astier, Virgine Despentes pour ceux que je ne connais pas, et puis aussi des gens plus proches de nous des artistes, auteurs et autrices, journalistes, influenceurs et influenceuses, etc. Mais je crois que ce format n’existait pas encore, du coup j’ai lancé Jazz the Two of Us !

Je crois que dans mes rêves de gosse il y a effectivement une liste un peu étrange à commencer par Garnier justement, il y a toujours un peu de Daft Punk qui traine en passant par Cécile de France ou Alain Chabat, Gérard Darmon, Damon Albarn, ou Yelle. Un petit Mezigue ça me ferait marrer aussi. Et puis si on doit rêver, Jeff Mills, Keith Richards, Jean-Marie Bigard (non je déconne). Mais aussi des journalistes que j’aime beaucoup et qu’on entend peu sur le sujet de la musique, là je pense à Lauriane Melliere qui est sur Canal et derrière le podcast MANGER. Je crois que je serai chaud d’avoir un Damso aussi…

Bref, la liste est longue !

Quelles sont tes influences musicales de prédilection ? Depuis quand es-tu dans la musique électronique et quels sont tes projets à venir ? 

Je viens d’une famille où la discothèque était 33% beatles, 33% France Gall 33% Jazz, donc je pense qu’à la base je viens de là (le 1% restant c’était un 33 tour de La Danse des Canards). Mais pour parler de musique électronique, j’aime bien quand elle tourne autour de 124-135BPM et qu’elle s’écoute fort en extérieur avec un petit lightshow.

Ça fait une dizaine d’années que je gravite autour de la musique électronique assez étendue ! J’avais un webzine et label quand j’étais à Lyon, on a monté avec un ami un projet de Karaoké Techno, puis coup de foudre à Egreville avec mes frangins et frangines du festival La Douve Blanche (et Animal Records & Kitchen). Et depuis tout récemment j’accompagne une artiste que j’aime énormément : Elbi. 

Pour la suite, ça n’est pas joli pour la culture (on est tous au courant), du coup évidemment avec Tsugi Radio on est beaucoup en réflexion afin de savoir comment être présents au mieux et au plus juste pour soutenir et construire un demain où « culture » ne sera pas un gros mot. Pareil avec La Douve Blanche Festival.

Je bosse aussi au Badaboum, la salle de concert et club, où là encore c’est toujours la même question : comment est-ce l’on avance là-dedans. Au-delà de se ré-inventer parce que je suis pas sur que ce soit possible pour tout, comment est-ce qu’on rebondit en s’inspirant peut-être de ce qui peut se faire dans d’autres milieux par exemple ?

Un secret à nous confier ?

J’adore Les Nuls mais je déteste La Cité de la Peur. J’ai perdu beaucoup d’ami·e·s à cause de ça (rires). 

Retrouvez l’émission Confie-Nous Tout de Jean Fromageau tous les matins en semaine à 9h30, et le samedi pour Jazz The Two Of Us le samedi à 11h30. Plus d’infos sur la page Facebook et la page Soundcloud de TSUGI.