Jacques = Jacque + Jacque. De ce constat, on a voulu en découvrir un peu plus sur toutes les facettes qui composent cet artiste hors normes, et qui s’est donné pour mission de partir à la recherche du vortex. Plongée dans son univers singulier, où sa passion de la musique règne en maître. On le rencontrait au Kolorz Festival

La prise jack de Jacques

Quelle a été ta dernière acquisition d’instrument, objet, son préféré pour te produire en live ?

Alors le dernier truc que j’ai acheté… C’est une pédale de guitare qui transforme le son de la guitare en son d’orgue et qui s’appelle Organizer, de la marque EarthQuaker Devices. Elle est assez stylée. Je l’ai acheté à La Pédale, le magasin à Pigalle spécialisé dans les pédales.

Jacques Brel • Ne me quitte pas

Quelles inspirations musicales ne t’ont jamais quittées ?

Il faut savoir que j’ai commencé à écouter ma propre musique et à digger mes propres sons à l’âge de 15 ans. Depuis, j’ai toujours gardé pleins de sons dans mon coeur. Mais je dirais que, finalement, une influence un peu obsédante, omniprésente, qui vient à la fois du passé et qui est encore dans le présent, c’est Daft Punk.

À la fois le tube de quand tu étais petit, le tube de l’été dernier,  l’exemple du groupe français qui a marché, les mecs qui sont numéro 1 pendant 6 mois avec The Weeknd… Ils ne m’ont jamais quitté.

Jacques joue-t-il à ‘Jacques a dit’ ?

En dehors de la musique, quels sont tes autres passe-temps ?

C’est rigolo parce qu’on parlait de jouer à Jacques a dit l’autre jour, suite au morceau « Jacquadi » que j’ai sorti avec Polo & Pan il n’y a pas longtemps…

Pour revenir à ta question, concernant mes autres passe-temps que la musique… Je n’en ai pas.

Jacques mange-t-il des coquilles Saint Jacques ?

En fait, dans la vraie vie et pendant ta tournée, est-ce que tu as le temps de te cuisiner des vrais plats ?

Je me suis mis un peu à cuisiner lorsque j’ai arrêté de fumer des joints il y a trois ans et demi. Je me suis mis à faire beaucoup de pâtisserie, parce que j’avais besoin de me préparer quelque chose et de le consommer tout de suite après. Ça me rappelait le joint : tu le prépares, tu le consommes et tu le partages. La pâtisserie c’est pareil, et ça m’a beaucoup aidé quand j’ai arrêté de fumer.

Sinon, en ce moment je suis plutôt en mode livraison, sushis à gogo… Je ne cuisine pas du tout. Quand je suis en tournée, on a le catering, et quand je me retrouve chez moi, j’ai rarement plus de deux jours que je vais du coup consacrer à la musique ou à des projets que j’ai à terminer. Mais pas à cuisiner ! Par contre, j’habite avec un chef cuistot et lui quand il me fait de la bouffe, c’est violent.

Jacques Villeret • Le dîner de cons

T’imaginerais-tu un jour jouer au cinéma ?

Ah oui, carrément. Tu sais, moi je fais de la musique en ce moment parce que c’est vachement pratique et que j’ai des facilités là-dedans. Mais j’ai aussi envie de faire des films, de la réalisation. Et même peut-être un livre, un jour.

Jacques Chirac

Est-ce une bonne chose de politiser la musique ?

Politiser volontairement, non. Mais par contre être conscient de l’influence que la musique a sur l’esprit des gens (l’esprit étant leurs actions futures), on peut dire que la musique a une influence sur le futur. Du coup, en être conscient peut permettre de faire des musiques qui soient en accord avec ce que l’on veut que le futur soit.

Après, faire de la musique politisée volontairement, c’est un peu relou finalement parce que les paroles qui parlent concrètement de politique interviennent à un niveau de fréquence similaire à un débat politique. Et dans ce cas-là, pourquoi faire de la musique ?

J’ai envie de dire, peut-être que la musique est là pour parler à un niveau de fréquence qui se trouve en amont du débat, et qui se trouve parfois en amont de la fabrication des mots par l’esprit. Ta pensée, avant que ce soit des mots, c’est juste un flux abstrait. Et la musique est là pour intervenir en amont, directement dans le flux. Pour moi, ce serait la salir que de venir rajouter des paroles aussi crues et grossières, avec des mots à basse fréquence, et politisés.

Jacques Dutronc • Fais pas ci, fais pas ça

Y a-t-il des choses que tu t’interdis dans la vie ?

Oui, par périodes. Je n’ai pas de règles sur la longue durée. Quand j’étais petit, je m’interdisais de dire des gros mots mais j’ai fini par en dire. Après je me suis interdit de boire, et je me suis mis à boire. Je m’interdisais de fumer des joints, j’ai fumé des joints. Je m’interdisais de prendre des drogues, et j’ai pris des drogues. Et après je me suis tout interdit, aujourd’hui ça fait 3 ans et demi que je suis complètement sobre – j’ai arrêté de boire, de fumer des cigarettes ou des joints, de prendre des drogues.

Aussi, une fois, je m’étais interdit toute forme de sexe pendant 3 mois, pour voir si ça allait avoir un effet sur mon envie de sortir et de voir des gens, sur ma libido de la vie de tous les jours. Ou si ça allait se reporter sur autre chose, comme mon envie de manger de la viande par exemple. C’est pourquoi de temps en temps je me fais des petits tests, des petites interdictions comme ça. C’est un peu comme être un hacker du corps, pour voir comment ça marche.

Saint Jacques de Compostelle

Quel est ton lieu de prédilection pour te ressourcer, te retrouver, après chaque tournée ?

À la base, je ne suis pas quelqu’un de casanier. C’est pour ça que j’ai un énorme sac à dos d’ailleurs. J’habite à Paris (Bagnolet plus précisément) mais je ne suis pas parisien. Tant que je ne suis pas à Strasbourg, je ne suis pas chez moi. Du coup, quand je suis à Paris, tant qu’à être à Paris, autant être en voyage et aller dormir chez un pote – être dans l’action. Je pense aussi que si j’ai autant de concerts et de tournées, c’est parce que je me pose rarement. Je n’ai pas deux modes, un ‘posé’ et un ‘action’. Je suis toujours en train de faire de la musique, que je sois chez moi ou en voyage… c’est un peu maladif.

Mais si je devais donner un de mes spots préférés, ce serait Arunachala, une montagne sacrée au sud de l’Inde, autour de laquelle tournent quatre millions d’indiens à chaque pleine lune. C’est vraiment un endroit dans lequel j’ai trouvé le calme. Il y a un site internet qui s’appelle arunachala-live.com : pour les fans de cette montagne, il en montre une photo toutes les minutes.

« Jacquette »

Quelle est ta jaquette préférée ?

Ça tombe bien, c’est un peu le thème en ce moment : je cherche des jaquettes pour un disque, un nouveau projet. J’avais donc demandé quelles étaient les meilleures pochettes de l’histoire de la musique.

Parmi tout ce qui était ressorti, il y en a une que j’aime beaucoup, ma préférée, je pense que c’est « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. En deuxième, je dirais « Unknown Pleasures » de Joy Division  – celle avec les petites vagues. Et pour finir, j’aime beaucoup « Innerspeaker » de Tame Impala, avec cet espèce de glitch au milieu de l’image.

 

 

 

 

 

 

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Samedi 4 Novembre : Pitchfork Music Festival