Jacques Bon n’est pas seulement un dj de Smallville Records, il est également le gérant du magasin de disques parisien qui porte le même nom. Duke et Gonzo ont eu la chance de rencontrer le parisien entre son temps passé sur le chantier du shop et sa préparation pour la nuit de ce soir au Rex Club.

Quelle est la spécificité de Smallville Records ?

La spécificité du label est peut d’être assez unique grâce à Stefan Marx qui apporte une forte image au label avec son univers graphique. Il fait partie intégrante de Smallville dès sa création et en conçoit toute l’identité graphique. On accorde beaucoup d’importance au lien entre le visuel et la musique. Le label s’est d’ailleurs créé petit à petit une couleur musicale particulière et reconnaissable grâce aussi à l’univers musical de Lawrence et Julius Steinhoff. L’idée de ne distribuer notre musique que de façon digitale nous paraît impossible. Smallville est d’abord un disquaire devenu label, c’est peut être ça aussi sa spécificité.

Comment le label a t-il débarqué dans la capitale française ?

J’ai rencontré Pantha du Prince en 2006 à Paris à l’époque où Daphonics et Katapult – pour ne citer que ceux-là – ont été contraints de fermer à cause de la crise du disque et de l’explosion du mp3. Je ne trouvais plus de disquaire à Paris me proposant la musique qui me plaisait. Je me suis donc dit que c’était peut être le moment d’essayer d’en ouvrir un nouveau tout en sachant que ça ne serait pas facile. Pantha Du Prince étant un artiste de Dial et donc un ami proche de Lawrence, nous avons eu l’idée de proposer à Pete (Lawrence) d’ouvrir une dépendance de Smallville à Paris et c’est comme ça que Smallville Paris est né, avec l’idée de créer un lien entre la scène de Hambourg et celle de Paris. Il s’agissait d’essayer d’apporter un nouveau style musical dans la sélection de musique proposée dans notre shop mais aussi à travers la programmation de nos soirées.

Votre magasin de disques déménage, peux-tu nous en dire plus ?

Notre shop se trouvait rue Saint-Marthe dans le 10ème arrondissement. Nous avons une nouvelle adresse proche de République. On devrait réouvrir début janvier. Il sera plus spacieux et nous partagerons le lieu avec Xavier Ehretsmann du disquaire et label DDD et Source Management, un bureau de management booking et d’organisation d’événements.

Que trouve t-on dans le shop ?

On y trouve bien sûr des vinyles de House et Techno, nous sommes ouverts à beaucoup d’autres genres musicaux. Ce sont principalement des nouveautés, mais nous avons aussi des rééditions, des repress et pensons également faire de l’occasion. Les clients trouveront des T-shirts et autres produits dérivés de Smallville ainsi que de Lousy Livin Company (la marque de Stefan Marx) les affiches de nos soirées et encore bien plus. Nous souhaitons nous diversifier le plus possible. L’espace étant plus grand, nous organiserons des showcases en invitant des djs qui nous plaisent dans le but de créer des moments conviviaux entre les artistes et nos clients et d’essayer de créer, au-dela d’un simple magasin, un lieu de vie et d’échange.

• Quelle a été la première soirée française de Smallville ?

La première soirée de Smallville en France s’est déroulée au Nouveau Casino en 2007 avec Laps qui venait de sortir un EP chez Smallville (Laps est la moitié de Digitaline), Efdemin, Pantha du Prince et moi-même.

Nous sommes ce soir au Rex pour la sortie du nouvel album de Christopher Rau. C’est le premier Rex de Gerd Janson et le premier live de Christopher à Paris.

Et le 25 janvier prochain, nous serons à la Machine du Moulin Rouge pour une grosse soirée pour fêter la réouverture du shop parisien avec Omar S, Virgo Four pour leur premier live à Paris, mais aussi Move D, Juniper et Dj Sotofett.

Avez-vous des djs renommés qui vous rendent visite dans votre shop ?

Oui, c’est vrai que Smallville est de plus en plus connu internationalement et donc quand des djs connaissant Smallville viennent mixer à Paris, ils passent souvent nous voir. Et on a aussi bien sûr beaucoup de dj parisiens.

Quels sont tes débuts en tant que dj ?

J’ai acheté mes premiers vinyles de house en 96. J’ai passé beaucoup de mon temps chez les disquaires spécialisés de l’époque comme Rough Trade, Katapult et Dagroove (Daphonics) par exemple. Un jour Clément m’a proposé de bosser avec lui à Daphonics, et ça m’a évidemment beaucoup plu. Mes débuts en tant que dj c’était donc dans ma chambre pour mes potes puis dans les soirées qu’on organisait entre nous puis dans des bars et les premiers clubs je pense avec Clément.

Comment t’es tu retrouvé chez Smallville Records ?

Comme je vous l’ai déjà dit c’est en rencontrant Pantha du Prince à Paris. Je n’avais aucun lien avec Smallville à ce moment là mis à part le fait que j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient. J’étais aussi fan de Dial records, l’autre label Lawrence… Après avoir ouvert le shop à Paris avec Pantha du Prince, ils m’ont invité à jouer dans leurs soirées à Hambourg et nous sommes très vite devenus amis.

En se promenant sur Youtube, il arrive de tomber sur des sons de Bon & Rau. Comment la rencontre s’est elle faite ?

Nous nous sommes rencontrés à Hambourg. On s’est tout de suite bien entendu. Il m’a invité chez lui et on s’est retrouvé à faire de la musique ensemble. Ça a donné les morceaux dont tu parles. L’association s’est faite naturellement.

• Que penses-tu de la ville de Hambourg ?

Hambourg est très riche musicalement, il existe environ une quarantaine de magasins de disques dans la ville mais aussi beaucoup de salles de concert et de clubs. Beaucoup de soirées sont organisées dans des lieux éphémères et alternatifs.

Énormément de labels s’y créent comme Dérive, Pampa, Liebe*Detail, &nd, It’s, Pudel Produkte, Meander, Diynamic, Poem, Faux-Pas, Mirau, Mireia et plein d’autres encore..

Wordandsound, qui est un des distributeurs pricipaux de musiques électroniques actuel basé à Hambourg également, contribue largement au développement de ces labels.

La scène de Hambourg est plus petite et moins touristique que Berlin par exemple, mais ça ne l’empêche pas d’être très vivante.

• T’as un dj français à nous balancer ?

Je pense à mes potes de Society of Silence, Nicolas Villebrun et Benoît Legrain qui sont aussi djs. J’aime beaucoup l’évolution de leur musique et je pense qu’ils sont arrivés à un niveau de production très intéressant.

 

Duke et Gonzo de la DureVie vous a fait une belle sélection musicale du dj Jacques Bon rien que pour vous. Ils seront évidemment présents à la soirée du Rex Club avec laquelle Dure Vie est partenaire. Plus d’infos sur l’événement ici : http://bit.ly/VOdUQl

À demain !

Duke et Gonzo de la DureVie

 

Bon & Rau • Morning Funk

Jacques Bon & Nicolas Villebrun • Pyramid (Christopher Rau Remix)