Ton nom de scène parle aujourdhui véritablement à tout le monde pour tes productions house aux influences oldschool. Pourtant, il savère que tu nas pas démarré par ce genre musical ! Comment tes venu lenvie de devenir producteur, et par quels genres as-tu d’abord passé le seuil du monde de la musique ? Quelles sont les influences musicales et les collaborations qui ty ont mené ?

On peut dire que j’ai grandi avec le son jazz des années 60 constamment autour de moi. Le hip-hop était sur toutes les chaînes et radios, beaucoup de classiques des années 90 étaient tout simplement en rotation sur les canaux mainstream... Le week-end j’écoutais les émissions dance, house et soulful, comme « Better Days » pour ne citer que la plus connue… Un jour j’ai fini par noter les titres et acheter les galettes, je devais avoir onze ans à tout casser quand le virus m’a pris… Si j’ai sorti mes premiers disques en hip-hop, mes premières prods touchaient également la house et le broken… toujours avec le seul matériau à ma disposition, le sample ! Quelques disques et un magneto-cassette et on pouvait faire ses armes !

Si tu devais retenir un morceau jazz et un morceau hip-hop qui tont particulièrement marqués ?

En jazz, je dirais Footprints de Wayne Shorter, et en hip-hop, A Tribe Called Quest ou Pete Rock, dur d’en choisir un… peut-être « Electric Relaxation« , tout simplement…

La musique house représentait-elle alors pour toi le moyen dexploiter toutes ces sonorités que tu avais écouté, travaillé et collectionné au fil des années ?

La house est aujourd’hui un des genres que je préfère mixer, et j’apprécie en travailler la production, car il y a une relation immédiate avec l’idée que tu te fais du dancefloor et du soundsystem…

Cest ensuite la sortie remarquée sur Balance Recordings (Low Altitude EP), label fondé par Ron Trent et Chez Damier, qui démarre ta carrière dans la musique électronique. Comment est venue votre collaboration ? Fin 2016, tu sors lalbum « The Diary / The Sanctuary », quelle évolution pourrais-tu observer entre ces deux releases séparées de presque une année 

La rencontre avec Chez Damier s’est faite naturellement grâce à Brawther qui sort presque tous ses disques chez Balance. Lui et Jeremy Underground (dont les chemins respectifs ont croisé le mien pas mal de fois avant que l’on finisse par se connecter) m’ont aidé à rencontrer du monde. La plupart des rencontres que j’aie pu faire dans le monde de la musique sont liées les unes aux autres de manière organique et sont le fruit d’un processus que j’ai entamé à mes plus humbles débuts dans les années 2000.

Pour en revenir à Chez Damier, je lui dois d’avoir émis certaines pistes en rapport avec ma vision, que j’avais commencée à exprimer dès « Low Altitude », et de m’avoir poussé à en extraire le maximum. Pour la petite histoire, j’ai réalisé ce double volume cet été pendant quelques jours, et cela m’a véritablement libéré après une vingtaine de mois extrêmement douloureux et éprouvants sur le plan personnel, à bien des égards. D’où l’idée de diary, et de sanctuaire également.

Cest vraisemblablement tes nombreux séjours au Japon qui marqueront ensuite la mutation du style musical de tes productions. Pourquoi avoir choisi ce pays ? Ya-t-il des artistes japonais qui ont majoritairement influencé tes productions ? Et finalement, que tires-tu de cette expérience ?

J’ai eu la chance de saisir quelques opportunités au Japon il y a plusieurs années  grâce à l’architecture, discipline dont je suis issu, mais aussi grâce à mes sorties en hip-hop. Tout cela s’inscrit dans la continuité de mon parcours personnel toujours lié de près ou de loin à la musique, qui est venue à moi naturellement là-bas. J’étais déjà passionné par le couple Sakamoto/Yano, l’urban soul, les premières formes de musiques électronique début 80’s, l’ambient/electronica, ainsi que le jazz japonais. J’ai réussi à me constituer une bulle créative à Kyoto, où je passe beaucoup de temps et où je me sens bien, et qui me permet d’explorer et de produire beaucoup de musique sans me contenir.

Tu opères ensuite un virage accompli en revenant à tes racines house et en tintégrant dans la scène électronique parisienne. Peux-tu nous raconter notamment ta rencontre avec Nick V et la team Mona? Quelles valeurs partages-tu avec eux ?

Pour donner toute sa dimension au travail de Nick, je dirais qu’il est un garant et un oncle attentif pour toute la scène house et dance à Paris et en France. Je me suis toujours senti proche de l’équipe Mona, de par sa créativité, sa pluralité et ses nombreuses influences, résultant chaque mois une vraie fête où le public s’amuse et échange, avec pour liant et pour thème, la danse. Faire la fête, c’est une chose bien plus forte que de participer à une soirée ou à un évent ! C’est un espace créatif, un moment de partage, et une excellente plateforme pour faire passer des messages. Mona restera une de mes influences majeures le jour où je lancerai un label, une fête, où n’importe quelle autre structure liée à la musique.

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Aujourdhui, après une année riche en productions, comment en définirais-tu le processus ? As-tu une machine ou une boîte à rythme fétiche ?

J’ai toujours eu très peu de matos. Avec une Technics, un sampler et un logiciel d’enregistrement, voire un clavier parfois… on peut presque tout faire.

J’entretiens une idylle avec la SP1200 de E-mu depuis très longtemps. J’ai aussi eu la chance d’avoir autour de moi d’excellents musiciens pour jouer et m’aider sur les parties purement instrumentales (je pense à Gael Petrina et Florian Pellissier, respectivement à la basse et aux claviers). Je passe aussi beaucoup de temps à travailler le mixage pour un meilleur rendu en club, je suis curieux des méthodes de chacun, et plus encore que le résultat je suis un passionné du processus de création.

Mais avant toute chose, j’essaye d’expérimenter le plus possible, chaque jour. Je fais du son quasi quotidiennement, que ce soit pour mes disques, pour la musique destinée à l’image (TV, pub, synchro…) ou pour d’autres artistes. De la quantité émerge la qualité, parfois le fruit d’un accident ou d’une vision poussée à l’extrême. J’aime cette idée que la production est une sorte d’artisanat !

Trois adjectifs qui te définiraient dans ta manière daborder la musique ?

Persévérant, ouvert et toujours en mouvement.

Selon toi, la musique est-elle un moyen de se dépasser ?

Personnellement, la musique m’offre un espace sain dans lequel je développe mes visions, dépense une partie de mon énergie, fais passer mes messages, et surtout… dans lequel je m’amuse bien ! Bien sûr, plus on avance plus on se découvre soi-même.

Beaucoup disent que tu es un des artistes les plus prometteurs de la house française. Et toi, quels sont les artistes français que tu nous conseillerais de surveiller de près en 2017 ?

J’ai découvert Chinau récemment, qui m’a fait écouter des démos intéressantes. J’espère qu’on pourra entendre certaines de ses prods un de ces quatre sur des skeuds !

Quelles sont tes sorties à venir ? Je pense notamment à lalbum « Akegata » à venir début février sur le label Nowadays Records sur lequel tu signes un LP juxtaposant explorations downtempo, sonorités jazzy ou tendances à labstract hip-hop. Est-ce le moyen pour toi de revenir aux sonorités que tu proposais dans tes précédentes productions ?

Cet album, c’est un long processus d’apprentissage sur comment faire ma propre musique et illustrer mon histoire sonore. Ça m’a pris presque 5 ans, de mars 2011 à novembre 2015. Période durant laquelle j’étais souvent dans le creux, voire retiré du monde de la musique ! Ce fût parfois douloureux (j’ai dû faire une centaine de morceaux pour au final sortir 32 minutes de musique), mais à force de chercher, j’ai trouvé un son. Maintenant, il va falloir accoucher de la suite, et c’est ça le meilleur de tout… la suite !

Enfin, notre question conclusive qui marque notre signature chez Dure Vie: Quest-ce qui rend la vie plus douce pour toi ?

Ne pas trop réfléchir mais bien écouter !

Event 14 janvier : Mona In Black w/ Brawther · Hugo LX · Nick V & House Dance Class

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