Photo à la une © Jeremia Boulanger

À Paris, la Flash Cocotte va investir le Trabendo tous les vendredis de juillet pour des soirées libérées et endiablées, avec des artistes toujours plus pointu·es à l’aube de l’été. Rencontre.

Comment a été créé Flash Cocotte, quelle est son évolution depuis ?

Au tournant de la décennie précédente, dans un Paris où clubber ne concernait que quelques poignées de personnes, et dans lequel imposer l’idée d’une fête queer (au sens de mélange des genres, des identités et des sexualité) était quelque chose d’incompréhensible pour la plupart des gens la nuit. La queerness était dans les squatts, pas encore dans les clubs.

Flash Cocotte est née de ce désir dans un premier temps, mais aussi de l’excitation de mixer (nous sommes tous les 3 DJ) et d’inviter les artistes qui nous impressionnaient et qui étaient peu, voire pas du tout bookeés en France. 

Comme pour tout événement récurrent, l’évolution est permanente, je pense qu’on évolue naturellement avec le sens des désirs artistiques des créateurs, des producteurs. On envisage chaque nouvelle soirée comme une première fois, parce que chaque soirée est unique, c’est surement le meilleur moyen d’évoluer, c’est comme ça qu’on fonctionne.

Quelle en est sa ligne artistique, les styles / sous-styles musicaux qui vous séduisent le plus ? 

On reste fidèle à notre éclectisme. D’un point de vue esthétique et musical on ne se refuse rien, on se permet tout, on a déjà invité des groupes punk-rock dans notre soirée, des artistes contemporains à exposer, donc tout est possible selon nos coups de coeurs et ce que l’on ressent comme étant pertinent. 

Aujourd’hui et depuis la fin de la pandémie on se concentre sur des DJs émergent.e.s qui, meufs et/ou queer, font de leur identités minoritaires une partie essentielle de leur choix, communication, etc… et ça fait plaisir à voir quand on a connu une époque où ses données là étaient ignorées voire méprisées.

On aime les DJs capables de faire des sets techno comme italo, house, electro, etc… Le meilleur étant quand tout est bien mélangé. On aime que les DJs se sentent libres de jouer ce qu’ils veulent.

Comment est le public Flash Cocotte ? Quelles valeurs y défendez-vous ?

Notre public est très mixte, dans tous les sens du terme meme s’il n’y a sans doute pas assez de clubbers de plus de 40 ans dans nos soirées, comme dans les soirées en général en France.

Nous avons beaucoup insisté sur nos positions queer transféministes pendant des années, au point parfois de s’embrouiller avec des tas de gens… Les clubbers qui nous suivent savent que ces questions sont le socle de nos évènements.

Aujourd’hui ça nous intéresse moins de surligner en rouge fluo nos positions, on a le sentiment que ça fait tellement partie de nous que ça s’impose de fait. On a la chance d’avoir un public aussi concerné que nous sur ces questions, on a en fait jamais de problèmes.

Ces questions sont sur le dancefloor, c’est à dire dans le comportement des danseurs, dans l’orga : comment on s’entend avec les d.a., patrons, etc… mais aussi dans la programmation. On a fait des saisons entières en invitant que des DJ Trans/femmes ou d’autres qu’avec des artistes Queer par exemple.

Aujourd’hui, on voit une forme de gadgétisation d’un certain discours politisé dans le clubbing, une forme de conformisme à utiliser un certain lexique pour paraitre inclusif, on a vu des soirées majoritairement straight revendiquer le terme « queer » par exemple, c’est dommage mais en même temps ça permet de normaliser un certain discours… Nous, ça nous encourage à trouver de nouvelles manières de diffuser ces questions là dans le clubbing, il s’agit sans doute aujourd’hui de les complexifier.

Comment a été pensée l’édition Spéciale Pride ? 

C’est notre grand messe annuelle ! On a décidé d’inviter la soirée Amstellodamoise Spielraum parce qu’on on se sent proche de leur partis-pris esthétiques. On partagera les platines avec leurs résidents Afra et KI/KI entre autres, sur les deux dancefloor de la Machine. Ce sera comme rencontrer pour la première fois ses correspondants hollandais sur qui on a fantasmé à longueur de lettres. 

Vous lancez une saison Flash Cocotte Summer Camp 2022 au Trabendo tous les vendredis de juillet, avec la volonté de créer un rendez-vous hebdo fidèle. Comment on construit la programmation sur tout un été ?

Comme on programme tout le reste de l’année je crois, avec pas mal de travail ! C’est aussi une chance de pouvoir prendre plus de risques, d’avoir le temps et l’espace pour programmer des artistes émergents et faire se côtoyer différents styles musicaux. Une édition mensuelle oblige à une certaine efficacité. Le fait d’avoir le champ libre toutes les semaines nous offre plus de slot de programmation. Plus d’artistes. Plus de fun. Et aussi la possibilité de rendre chacune des éditions unique et différente.

C’est comme un festival qui durerait tout le mois de juillet, avec un rendez-vous hebdomadaire où la légèreté est le mot d’ordre, on en a grave besoin. Du fun et du soleil la nuit. En été le monde entier débarque à Paris aussi, alors on espère bien se faire des amours de vacances inoubliables. Ce sera à la fois les vacances et Paris ! Le désir de chaleur est énorme, on a hâte.

Toutes les informations et les prochains événements sont à retrouver sur la page Facebook de Flash Cocotte