Pour le deuxième Atelier, Reshuffle Music, BinarySound et Weapon invitent DJ Koolt, l’un des DJs les plus respectés d’Amérique du Sud. Originaire d’Uruguay, sa résidence est établie à Phonotheque, cet établissement mythique qui a vu passer les plus grands noms derrière ses platines. Rencontre avant son retour exclusif à Paris. 

Peux-tu nous parler de ta rencontre avec la musique électronique ? Quels ont été tes premiers pas ?

Je viens d’une famille très musicale. Je suis le plus jeune de cinq frères, et 18 ans d’écart avec mon frère ainé ! Par chance, il avait des amis qui voyageaient partout en Europe et tous les ans ils apportaient de nombreux disques, mon frère en demandait toujours. Depuis très très jeune, j’étais déjà en contact avec tous types de vinyles, de tous genres et styles. Parmi eux, il y avait des disques électroniques expérimentaux tels que Tangerine Dream, Jean Michel Jarre, Isao Tomita, Klaus Schulze, Vangelis et même Kraftwerk. À la fin des années 70, j’entendais ce genre de son à la maison. Puis, à l’âge de 13 ans, je passais mes journées à écouter la radio et je m’amusais à chercher des fréquences qui passaient des sons à la mode. J’ai enregistré des centaines de cassettes, je les garde toujours dans une boîte chez ma mère.

Ton b2b avec Nicolas Lutz lors de la Boiler Room à Punta Del Este est devenue une référence. Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Avec Nico on s’est rencontrés dans les années 90 lorsqu’aucun de nous ne jouait encore. Il faisait du skate et moi j’étais promoteur de soirées. Montevideo est une petite ville et le mouvement à l’époque était un peu partagé entre ceux qui allaient en club écouter le légendaire Bruno Gervais (un de vos compatriotes d’ailleurs) et ceux qui restaient à la maison. Avec Nico, on a partagé de nombreuses soirées. Au fil du temps on est devenus très proches, on échangeait beaucoup par mail parce qu’il est allé vivre en Europe très jeune et il ne revenait que pour rendre visite à sa famille. Bien sûr, à chaque fois qu’il venait, il m’apportait des vinyles et on se captait pour écouter du son et sortir faire la fête.

« Phonotheque est un endroit pensé, conçu, construit et équipé par et pour les DJs, loin d’un système centré sur l’argent qui n’a rien à voir avec la musique underground »

Phonotheque, ce club symbolique en Amérique du Sud, c’est ta deuxième maison en quelque sorte ?

Bien sûr… Phonotheque ou « phono » comme tout le monde dit, c’est ma deuxième maison. C’est le rêve de trois amis DJs qui se réalise. Un endroit pensé, conçu, construit et équipé par et pour les DJs. Absolument toute la structure de phono a été pensée pour le confort des artistes. C’est la première fois en Uruguay que nous avons un club géré et dirigé par des DJs, loin du modèle classique où des producteurs de soirées ou des promoteurs sont engagés, loin d’un système centré sur l’argent et qui n’a rien à voir avec la musique underground.

Je suis co-fondateur de Phonotheque et au début, on était trois. Seba était en charge de la sono et mon grand ami Christian a toujours pris soin de la production générale, il se cache derrière tous les détails du club, de la porte du bar aux détails artistiques, il est le moteur et le cerveau de ce projet si valeureux et bon pour notre ville de Montevideo. C’est une joie de voir tous nos amis nous aider et prendre soin de Phono comme un trésor.

 

C’est la première fois que tu viens jouer en France, mais es-tu déjà venu en Europe quelques fois ? Quel est le pays qui t’a le plus marqué en allant y jouer ?

Je suis déjà venu en Europe plusieurs fois : à Ibiza, Berlin, Paris et Londres mais à chaque fois c’était en vacances. J’ai joué à certaines soirées et celle qui m’a le plus marqué était à Londres en 2013, pour Toi Toi Musik. Depuis, je ne suis pas resté les bras croisés. J’ai travaillé très dur pendant tout ce temps, et je mets toujours beaucoup d’amour dans tout ce que je fais. Je n’ai jamais insisté ou cherché désespérément que ça vienne, j’ai simplement attendu avec un esprit calme et ouvert à toutes les possibilités. Les choses arrivent dans les bons moments de la vie et je pense que c’est maintenant un moment parfait pour partager ma musique au monde entier.

« Je suis un homme de piste, une personne qui ne peut pas concevoir la vie sans danser »

Ton tour musical en Europe s’annonce intense, plus d’une dizaine de dates ! Comment te sens tu vis-à-vis de ce voyage ? As-tu un rituel avant de commencer à jouer ?

Oui, c’est incroyable ! Tellement de dates en si peu de temps !! Je suis très heureux ! Il y a un an à peu près, Cristina de l’agence Crisalida m’avait emmené au Chili et m’a invité à faire partie de l’agence. Je me rappelle lui avoir dit que j’ai toujours géré ma carrière seul, que ce soit en Uruguay ou plus globalement en Amérique du Sud. Il était alors principalement question d’atteindre l’Europe et le reste du monde, ça lui a semblé parfait et elle m’a présenté à Anastasia qui est ma responsable de bookings. On est devenus amis maintenant. Elle a travaillé dur elle aussi ces derniers mois, afin qu’aujourd’hui je me lance dans cette belle tournée.

Bien sûr, j’ai mon rituel de toujours : j’arrive tôt au club, j’écoute les DJs qui jouent avant moi et je danse autant que possible sur la piste de danse si la musique me plaît. Autrement ils me verront sur la piste, captant l’énergie des gens et me mêlant à eux. Je me considère comme un homme de piste, une personne qui ne peut pas concevoir la vie sans danser et qui ne peut pas jouer sans avoir été en contact direct avec la piste de danse.

 En Amérique du Sud, les pays marqués par la culture vinyle sont peu nombreux. L’Uruguay en fait partie. Saurais-tu nous dire pourquoi ?

Je pense que le fait d’être un si petit pays avec une culture club si importante depuis maintenant presque 30 ans a profondément marqué le goût des anciens et nouveaux DJs qui n’ont jamais voulu arrêter de jouer vinyle. Bien sûr les DJs Uruguayens ne jouent pas tous sur vinyles, il y a de tout comme dans le monde entier, mais en Amérique du Sud nous sommes le pays qui a plus de DJs qui le font et pas seulement parce que c’est en vogue. On ne s’est jamais arrêté de jouer, et aujourd’hui les gens nous découvrent (rires). Tôt ou tard, ils s’en seraient rendu compte.

« Chaque musique a son moment, son sens. Il faut faire en sorte que les gens kiffent sans se demander si le son est vieux ou pas. »

Avec quels artistes est née, selon toi, la musique électronique en Uruguay ? Quelles ont été tes influences musicales ? 

Il est toujours très difficile de déterminer la naissance précise d’un mouvement ou d’une scène musicale, mais je peux garantir qu’au milieu des années 80 il y avait des DJs jouant de la musique électronique en Uruguay. Il n’y avait évidemment pas encore de club dédié 100% à ce genre musical. Les DJs jouaient différents styles, avec bien sûr des tracks de Chicago House ou de hip house. Je pense que les DJs uruguayens les plus old school étaient très au courant de ce qui se passait aux États-Unis et en Europe à ce moment-là, même sans l’aide d’Internet.

Les tracks passaient à la radio puis le week-end en clubs. Ces tracks, je les vivais et je les dansais. Quand je lis aujourd’hui des livres comme « Electrochoc » de Laurent Garnier ou quand je vois des films comme l’excellent documentaire « The sound of Belgium » par Jozef Devillé, je m’identifie 100% à ces histoires et je réalise combien les similitudes sont nombreuses comparées à ma propre vie. Je suis très influencé par la musique que j’ai écouté depuis petit et il ne s’agit pas seulement de musique électro. Je passe ma vie à écouter des sons en tout genre parce qu’en fait, je ne joue pas uniquement de la musique électronique.

J’ai un projet parallèle sous le nom de « Mr. Koolt », où je laisse s’exprimer tous mes goûts, tous les styles que j’affectionne. C’est une façon de jouer sans limites, pleine d’imagination et qui influence directement ma façon de jouer de la musique électronique. Je suis habitué à mixer de tout et cela se sent dans l’évolution de mes sets. Bien sûr, je me sens aussi fortement influencé par la musique de Chicago et Detroit, mais aussi par la tech house UK ou même la trance de Goa et la Drum n Bass des années 90. Je peux jouer aussi bien du trip hop que de la hard techno. Chaque musique a son moment, son sens. Pour moi, ce qu’il y a de plus beau quand tu es DJ, c’est de pouvoir marier des tracks tout récents à des sons cachés remontant aux années 80 et faire en sorte que les gens kiffent sans même se demander si le son est vieux ou pas.

La scène Uruguayenne n’est pas connue de tous. Mais nous voyons émerger des labels uruguayens de grande qualité tels que SUR, El Milagro, Astelaguel, etc. Pourrais-tu nous parler de cette (nouvelle) scène ? Et quel avenir pour elle ?

L’Uruguay est un exportateur de talents, ça a toujours été le cas et pas seulement en terme artistique, mais dans bien d’autres domaines. Nous sommes un petit pays de 3 millions d’habitants, mais avec un niveau culturel très important et une connexion très forte avec l’Europe. Il y a des décennies, beaucoup de jeunes ont émigré à la recherche d’une vie meilleure. L’Amérique du Sud ne présentait alors pas autant d’opportunités. Mes amis et moi nous avons fait le choix de rester, en essayant de montrer aux nouvelles générations qu’elles aussi pourraient faire naître et construire de nouveaux projets.

Aujourd’hui, on regorge de producteurs de musique, des DJs et de promoteurs. Il y a des fêtes du mercredi au dimanche et le public a évolué proportionnellement à ce qui a été proposé en terme musical. Aujourd’hui, on en est là et ça a un peu changé. Les jeunes ne partent pas comme avant et ils sont plus nombreux à revenir. Beaucoup d’amis ont fait le tour du monde et sont maintenant revenus pleins d’expérience et avec un regard nouveau. Cela nous ramène maintenant à des projets comme « El Milagro » et dans un futur proche nous aurons de plus en plus d’artistes jouant dans le monde entier, de plus en plus de maisons de disques d’origine uruguayenne comme c’est le cas avec Montevideo Electric Recordings ou Phonotheque Records.

Tu as la réputation d’être un très grand digger, un « vétéran » de la scène uruguayenne. Comment le perçois-tu ? Quels sont personnellement tes « modèles », tes influences musicales majeures ?

J’ai commencé à jouer en 1999 à l’âge de 26 ans, donc c’était déjà bien grand comparé aux DJs de maintenant qui commencent leur carrière à 15 ans, avec l’ambition de jouer dans des soirées avec une foultitude de gens. J’ai commencé tard et plutôt en sous-marin (rires), d’où mon nom « Koolt » (ndlr : oculto en espagnol veut dire « caché »). Je voulais être DJ depuis l’âge de 13 ans et j’ai dû passer 13 ans de plus pour pouvoir réaliser mon rêve. Bien avant d’être DJ, j’ai longtemps travaillé avec ma famille ainsi qu’en club et en soirées.

Après, je me suis mis à découvrir un peu la technique et débuter ma collection de disques. Aujourd’hui j’ai environ 4000 vinyles et je veux continuer à en collectionner. Je me considère vraiment comme un collectionneur de vinyles, allant au-delà des difficultés d’en acquérir en Amérique du Sud. Parce qu’ici nous sommes des fans obsédés par le vinyle, mais nous n’avons pas de vinyl shop comme vous pouvez en avoir en Europe. Nous dépendons presque totalement d’Internet et on doit voyager de temps en temps pour s’en procurer.

« En Uruguay, nous payons les disques beaucoup plus chers que ce qu’ils coûtent en Europe, et pourtant nous sommes très à jour, nous lançons même des tendances. Il n’y a ni limites ni frontières. »

En Uruguay, il y a seulement des magasins de très vieux disques classiques, sinon il y a de plus en plus de jeunes qui vendent les disques dont ils ne veulent plus à d’autres jeunes qui cherchent à en acquérir. Puis, ils se mettent sur Internet pour en commander des nouveaux, mais pouvez-vous imaginer le coût que cela représente? Nous payons les disques beaucoup plus chers que ce qu’ils coûtent en Europe et pourtant nous sommes très à jour et nous lançons même des tendances. Savez-vous pourquoi? Parce qu’en Uruguay, contrairement à l’Argentine, au Brésil et au reste de l’Amérique du Sud, l’achat de livres et de disques est exonéré de taxes. Cela nous a toujours aidé à avoir nos vinyles rapidement chez nous et moins chers que dans les pays voisins… Mélange un bon et large goût musical ainsi qu’une recherche infatigable sur Internet, et tu verras qu’il n’y a ni limites ni frontières pour faire ce que tu aimes le plus.

Donc se procurer des vinyles en Uruguay, on comprendra que c’est moins facile qu’en France… Penses-tu que la sélecta est la clé d’un bon DJ set ?

D’après moi, le moment crucial de la sélecta, c’est lorsque tu es chez le disquaire ou sur internet. C’est là que tout se décide. J’écoute un track qui me plait et j’essaye tout de suite de m’imaginer dans des situations où je pourrais le jouer. Je m’imagine aussi certains disques avec lesquels je pourrai le marier et arriver à une belle transition. C’est ça qui m’aide à choisir les bons disques. Être DJ pour moi c’est l’art de l’improvisation et de la réinvention. C’est l’art de toujours passer ses disques au bon moment. Ça ne sert à rien de chercher les disques que jouent les DJs connu et d’acheter ce qu’il y a de plus cher sur Discog’s parce que les plus grandes perles sont à bas prix et à la portée de tous. Il suffit de chercher, de bien digger et de les trouver. Pareil, ça ne sert à rien de parcourir la piste avec son Shazam allumé ou de prendre des photos des skeuds quand ils sont en train de tourner. Au final, tout ce qui compte c’est de raconter chacun notre propre histoire au travers de nos propres disques, pas avec ceux des autres. Je dis toujours que les disques nous parviennent chacun de façon magique, il faut juste être attentif à ne pas les laisser passer !

Es-tu également producteur ?

Non, je ne suis pas producteur. En vrai, ça ne m’a jamais obnubilé. Quand j’étais jeune je pensais que ça me viendrait mais en fait, avec le temps j’ai réalisé que c’est plutôt le contraire, je ne suis pas intéressé. On m’a invité mille fois à faire partie de projets ou à collaborer dans différentes productions mais je me sens très heureux et à l’aise avec ce que je fais. C’est comme ça, c’est là que je suis bon et ça me remplit le cœur de joie ! Mixer de la musique que d’autres produisent, c’est ce que j’aime et je continuerai à le faire toute ma vie.

« J’aime mélanger l’eau à l’huile d’olive, ça donne de la danse et du plaisir ! Que le public qui aime les loops de 4h s’abstienne. »

Comment définirais-tu ton style musical en une phrase ? Un style musical que tu aimerais découvrir et que tu n’as jamais eu l’occasion auparavant ?

« Pure Timeless from Uruguay for the World » (rires), je rigole ! Des transitions rapides, beaucoup de tracks, un mix peu linéaire, beaucoup de rythme, des variations dynamiques que ce soit en vitesse ou en intensité. J’aime mélanger l’eau à l’huile d’olive, ça donne de la danse et du plaisir ! Que le public qui aime les loops de 4h s’abstienne.

Il y a pas longtemps j’ai joué un set sous mon alias Mr. Koolt et j’ai fait une transition avec « Gimme Hope Jo’Anna » d’Eddie Grant avec « Quadrophonia », vous pouvez pas imaginer à quel point ça se marie bien, les gens devenaient fous, ils dansaient et sautaient comme jamais !

La signature de Dure Vie : « la vie est dure, on vous l’adoucit ». Qu’est-ce qui personnellement te rend la vie plus douce ?

Mon amour Yadu, qui est ma femme depuis près de 14 années. Mes quatre magnifiques chats, la musique, ma famille, mes amis. Le cinéma, qui est une de mes autres grandes passions. Mais surtout, c’est de voir les gens danser et transmettre leur énergie et leur amour sur la piste.

Un grand merci à André Rios (Reshuffle Music) aidé par Antoine Servary (BinarySound) pour l’interview complète et la traduction. 

Retrouvez DJ Koolt pour sa première inédite en France ce vendredi 3 novembre ! Livestream, événement club et after sont au programme.

Plus d’infos : STAY TUNED #1 with DJ Koolt & Tiago Walter [livestream]

L’Atelier #2 : DJ Koolt (Phonotheque, Uruguay)

L’Atelier #2 (afterparty) w/ Tiago Walter [Gosu, Sturo]

Vos places pour le deuxième événement à gagner sur notre jeu concours

INTERVIEW ORIGINALE EN ESPAGNOL

¿Que puedes contarnos sobre tu reunión con la música electrónica? ¿Cuáles fueron tus primeros pasos?

Vengo de una familia muy musical, soy el menor de 5 hermanos y la diferencia de edad con mi hermano mayor es de 18 años, por locuras de la vida él tenía amigos que viajaban a Europa todos los años y le traían muchos discos, eso quiere decir que desde muy muy pequeño estuve en contacto con todo tipo de vinilos de muchos géneros y diferentes estilos entre los cuales ya habían discos de electrónica experimental tipo Tangerine Dream, Jean Michel Jarre, Isao Tomita, Klaus Schulze, Vangelis e incluso Kraftwerk, en mi casa desde finales de los 70, era de los más normal escuchar esos sonidos Avant-Garde. A los 13 años me pasaba todo el día escuchando radio, buscando las estaciones que pasaban los estilos nuevos de los años 80 y me grababa cientos de cassettes qué muchos de ellos todavía conservo en una caja en la casa de mi madre.

El b2b con Nicolas Lutz en Boiler Room en Punta del Este se ha convertido en una referencia. ¿Cómo lo conociste?

Con Nico nos conocimos en los 90 cuando ninguno de los dos todavía tocaba, el andaba en skate y yo era promoter de fiestas y clubs, Montevideo es chico y la movida en esa época se dividía un poco entre los que íbamos a escuchar al legendario Bruno Gervais, dj compatriota de ustedes y los que no, con Nico compartimos muchas fiestas en ese momento y con el tiempo nos fuimos haciendo muy muy amigos más bien a la distancia vía e-mail porque él se vino a Europa de muy joven y al principio solo volvía Uruguay a visitar a su familia y claro que siempre que venía me traía discos y nos juntábamos a escuchar música y salir de fiesta.

Phonotheque, este lugar simbólico en América del Sur, ¿es tu segundo hogar en cierto modo?

Claro por supuesto que Phonotheque o Phono como le dicen todos es mi segunda casa, es el sueño de tres djs amigos hecho realidad, un lugar pensado, ideado, diseñado, construido y acondicionado por y para djs, absolutamente todo en Phono fue y es hecho pensado en la comodidad de los artistas porque por primera vez en la escena de Uruguay tenemos un club llevado adelante por djs y no se usó el clásico modelo de que una persona que no tiene nada que ver con la música underground haya puesto el dinero y haya contratado a un productor que a la vez contrata un promoter o un booker que a la vez contrata a los artistas, yo soy co fundador de Phonotheque porque al principio éramos 3, es más, yo le puse el nombre, Seba se encargaba del sonido y mi gran amigo Christian siempre se encargó de la producción general, el está en todos los detalles desde la puerta hasta la barra pasando por la artística y la temática, el es el motor y cerebro de este proyecto tan lindo y tan bueno para la ciudad y por eso todos los amigos ayudamos a Chris y cuidamos al Phono como un tesoro.

Esta es la primera vez que vienes a jugar en Francia, pero alguna vez has estado en Europa? Qué país te ha marcado más?

Estuve un par de veces aquí, fui a Ibiza, Berlín, París y Londres pero más bien de vacaciones, toque en algunas fiestas y la más importante fue una Toi Toi en Londres en 2013, después no volví más esperando el día en que pudiera cerrar un tour como el de este año, trabajé muy duro todos estos años y siempre le pongo mucho amor a todo lo que hago, jamás insistí ni lo busqué desesperadamente, simplemente lo esperé con la mente tranquila y el corazón abierto a todas las posibilidades, las cosas se dan en los momentos justos de la vida y creo que este es el momento perfecto para mostrarle a todo el mundo mi arte.

¡Tu viaje musical en Europa parece intensa, más de una docena de gigs! ¿Cómo te sientes? ¿Tienes un ritual antes de subir al escenario?

Siiiii increíble son muchas fechas en poco tiempo!!! Estoy muy feliz! Hace más de un año cuando Cristina de Crisálida, que me había llevado a Chile hace un tiempo me habló para ser parte de la agencia, recuerdo que le comenté que me parecía bárbaro estar en ella pero que como yo siempre me manejé mi carrera en Uruguay y Sudamérica la cuestión sería principalmente cerrar gigs en Europa y el resto del mundo, a ella le pareció perfecto y me presentó a Anastasia que es la que se encarga de mi booking, con ella hemos forjado una relación más que de trabajo de amistad y ella ha trabajado intensamente estos meses para que hoy en día yo esté embarcado en este hermoso tour por varios países de este continente. Por supuesto que tengo mi ritual eterno de toda la vida, llegar temprano al club, escuchar al dj que toca antes de mi y bailar en la pista lo más que pueda si la música me gusta y sino igual me van a ver en la pista, empapándome con la vibe y mezclándome con el público, me considero un pistero nato, una persona que no puede concebir la vida sin bailar y que no puede tocar sin tener contacto directo con la pista.

En América del Sur, los países marcados por el cultivo de vinilo son pocos, Uruguay es uno de ellos, puedes decirnos por qué?

Creo que el hecho de ser un país tan pequeño con una cultura de clubs muy importante desde hace casi tres décadas ha calado muy hondo en el gusto de los viejos y nuevos djs que jamás quisieron dejar de tocar vinilos, claro que no todos los djs en Uruguay tocan vinilos, hay de todo como en todo el mundo pero claramente en Sudamérica somos el país que tiene más djs que lo hacen y no sólo ahora porque esté totalmente de moda, nosotros nunca dejamos de hacerlo, que nos hayan descubierto ahora es otra cosa muy distinta jajajajajaja tarde o temprano se iban a dar cuenta.

¿Con qué artistas nació la música electrónica en Uruguay? Cuáles fueron tus influencias musicales?

Teniendo en cuenta que siempre es muy difícil saber de los inicios de una movida o escena en algún lugar les puedo decir que desde mediados de los 80 ya había djs tocando música electrónica en Uruguay cuando obviamente todavía no había fiestas ni clubs dedicados 100 por ciento a este género, djs que armaban la noche con varios estilos pero que en algún momento tocaban los primeros Chicago house tracks o hip house, creo que los djs Uruguayos más old school estaban muy enterados de lo que estaba pasando en Estados Unidos y en Europa en el mismo momento que estaba pasando y aun sin internet, los temas sonaban en la radio y el finde en las discotecas, a mi nadie me lo contó yo lo viví y lo bailé, cuando leí los clásicos libros de historia como el Electroshock de Laurent o el Loops o cuando vi el excelente documental The sound of Belgium me sentí 100 por ciento identificado con esas historias y me di cuenta de cuanta semejanza tenía todo eso con mi propia historia de vida. Yo me siento muy influenciado por toda la música que escuché desde muy pequeño más allá de que sea electrónica o no, me pase la vida escuchando música de todo tipo porque de hecho no solo toco música electrónica, tengo un proyecto paralelo con el nombre Mr. Koolt en el que dejo mi gusto e imaginación fluir y toco absolutamente todo tipo de género musical, no tengo límites cuando hago un set así y eso influye directamente en cómo luego toco música electrónica, estoy muy acostumbrado a mezclar todo con todo y eso se nota claramente en el desarrollo de mis sets. Claro que también me siento fuertemente influenciado por los clásicos de Chicago y Detroit pero también por el UK tech house o incluso de por el goa trance y el drum n bass de los 90, yo que se, yo toco desde trip hop hasta hard techno, a todo le encuentro el momento y el sentido, para mí es lo más lindo de ser DJ. poder combinar tracks 2017 con algo escondido de los 80 y hacer que la gente disfrute y no se ponga a pensar si eso es viejo o nuevo.

¿ Crees que la selección es la clave de un set de DJ?

Para mi la selección a la hora de conseguir la música es lo más importante, cuando estas en las disquerias o en internet es donde se decide todo, yo escucho un track que me gusta y trato de Imaginarme diferentes situaciones en las cuales lo podría tocar y con que otros lo podría combinar, eso me ayuda mucho a decidirme por un disco o no, para mí el ser dj es el arte de la improvisación y de la re invención es el arte de tocar lo que a uno le gusta tratando siempre de poner los discos correctos en los momentos correctos, de nada sirve tener los discos que tocan los djs famosos sean del under o no, de nada sirve comprar los discos más caros de discogs porque las mejores joyas salen baratas y están ahí para todos , solo hay que buscarlas y encontrarlas, de nada sirve andar por las pistas con el Shazam o sacando fotos a los discos que tocan los demás porque al final lo único que importa es contar nuestras propias historias con nuestros discos y no las de los demás. Yo siempre digo que los discos llegan a uno mágicamente solo hay que estar muy atento y no dejar pasar ninguna oportunidad de hacerse con ellos.

La escena en Urugay no es conocida por todos. Pero estamos viendo marcas uruguayas de alta calidad como SUR, El Milagro, Astelaguel, etc.) ¿podría contarnos sobre esta (nueva) escena? ¿Y qual futuro para ella?

Uruguay es un país exportador de talentos por excelencia, siempre fue así y no solo artísticamente hablando sino en todas las áreas, somos un país chiquito con 3 millones de habitantes pero con un nivel cultural muy grande y con una conexión muy fuerte con Europa, lo qué pasó fue que en décadas pasadas muchos jóvenes emigraron buscando otro futuro, opciones y posibilidades que en Sudamérica quizás no se dan y dejaron la movida en Uruguay un poco floja, me quedé yo y algunos amigos más mostrando y enseñándole a los más chicos como nos gustaría que fueran las cosas, tuvieron que pasar unos cuantos años para que las nuevas generaciones crecieran y empezaran a aparecer nuevos proyectos, hoy en día está lleno de djs productores musicales y promoters que hacen todo el tiempo fiestas de miércoles a domingo, el público también ha crecido proporcionalmente a la cantidad de propuestas qué hay y creo que esta nueva etapa viene súper recargada porque los jóvenes ya no se van tanto, es más, están volviendo, eso quiere decir que muchos amigos se han dado una vuelta por el mundo y han regresado con mucha más experiencia y otros puntos de vista que hoy los vuelcan en proyectos como El Milagro, en un futuro muy cercano vamos a tener más artistas tocando alrededor del mundo y más sellos discográficos de origen Uruguayo como por ejemplo Montevideo Electric Recordings o Phonotheque Records.

Tienes la reputación de ser un gran digger, un « veterano » de la escena uruguaya. ¿Cómo lo percibes? ¿Cuáles son tus « modelos », tus principales influencias musicales?

Es que empecé a tocar por el 1999 a mis 26 años o sea que ya era bastante grandecito, los chicos hoy en día empiezan su carrera a los 15 años ya con aspiraciones de tocar en fiestas para mucha gente, yo empecé de grande y oculto de ahí viene mi nombre artístico hahaha, quería ser dj desde que tenia 13 años y tuvieron que pasar 13 años mas para poder arrancar con mi sueño, trabaje con mi familia y trabaje en fiestas y clubs muchos años antes de empezar mi carrera de dj, después fue solo aprender un poco la técnica y comenzar mi colección de discos, hoy tengo más de 4000 vinilos y quiero que siga creciendo, me considero un coleccionista de vinilos de todo tipo más allá de todas las dificultades que conlleva conseguir discos en Sudamérica, porque no se si sabían pero nosotros somos fanáticos obsesionados con los vinilos pero no tenemos disquerias como acá, dependemos de internet y de hacer algún viaje cada tanto, en Uruguay hay sólo disquerias de música vieja o sino un mercado cada vez más grande de chicos que venden los discos que ya no quieren para comprarse otros por internet también, se imaginan el costo extra que esto significa? Pagamos los discos muchas veces más caros de lo que cuestan acá y sin embargo estamos muy actualizados y hasta marcamos tendencia, saben porque?? En parte porque en Uruguay a diferencia de Argentina, Brasil y el resto de América del Sur, por ley los libros y los discos no pagan impuestos entonces eso siempre nos ayudó tener nuestros vinilos rápidamente en casa. Combina un buen y amplio gusto musical más la búsqueda incansable en internet y vas a ver qué no hay ni límites ni fronteras para hacer lo que más nos gusta.

¿Es fácil obtener vinilos en Uruguay? ¿Crees que la selección es la clave de un set de DJ?

Ver acima.

Sabemos que has sido DJ durante varios años. ¿También eres un productor?

No, no soy productor, la verdad que nunca me llamó la atención hacer música, cuando era más joven pensaba que más adelante me iban a dar ganas pero con el paso del tiempo me he dado cuenta de todo lo contrario, no me interesa producir música, me han invitado mil veces a ser parte de proyectos o a colaborar en distintas producciones pero yo me siento muy cómodo y feliz con lo que hago, es lo que me sale mejor y lo que me llena el corazón y la vida entonces pienso que no le quiero dedicar tiempo a algo que no me nace, me encanta demasiado mezclar música hecha por otros y es lo que quiero seguir haciendo hasta los últimos días de mi vida.

¿Cómo definirías tu estilo musical? ¿Un estilo musical que te gustaría descubrir y nunca antes has tenido?

“Puro Timeless desde Uruguay para el mundo” hahaha, mezclas rápidas, muchos tracks, transiciones bruscas, poco lineal, mucho ritmo, variaciones dinámicas en las velocidades y en las intensidades, me gusta mezclar el agua con el aceite y que el resultado sea tenerlos a todos bailando y gozando, al público que le gusta escuchar durante 4 horas el mismo loop abstenerse.
Hace poco tocaba un set de música variada con mi aka Mr. Koolt y mezclé Gimme Hope Jo’Anna de Eddie Grant con Quadrophonia no saben lo bien que quedan juntos a la gente casi le da un ataque de locura, saltaban y bailaban como nunca

¿Qué hace que tu vida sea más dulce?

Mi amor Yadu que es mi mujer y mi compañera hace más de 14 años, mis 4 hermosos gatos, la música, mi familia, mis amigos, ir al cine otra de mis grandes aficiones y muy especialmente la gente en las pistas bailando y transmitiéndome su cariño y energía fin de semana a fin de semana donde sea que se me de la oportunidad de ir a tocar.