Lancement d’une résidence au Rex Club, tournée We Are Rave, sorties d’EP … Le DJ et producteur Lillois David Asko revient avec nous sur sa carrière, son actualité bouillonnante et sa vision de laa scène électronique passée et présente.

Peux-tu me parler un peu de ton parcours ? De quelle façon as tu découvert la musique, depuis tes premières découvertes, sensations, jusqu’à la musique électronique.

Dès mon enfance, j’ai été bercé aux sons « disco », j’aimais la musique, j’aimais danser, j’aimais la fête, les fêtes ! Gamin je m’amusais à jouer « de la batterie » (que j’ai ensuite pratiquée quelques années) sur des casseroles, des couvercles de poêles … J’écoutais de la musique tout le temps, avec mon baladeur cassettes, avec mon mange disques. Déjà à cette période de ma vie j’aimais les trucs différents, dansants, avec des synthés, des boites à rythme (disco, new wave etc). Dès mes années collège (vers11-12 ans), je découvrais vraiment la musique électronique via le fils d’un ami de mes parents qui était plus âgé que moi et qui écoutait de la « transcore » et les premiers trucs techno-house de l’époque. Il me filait des cassettes que j’écoutais en boucle. Je trouvais ça dingue ! Peu de temps après, j’ai commencé à aller dans des shops de disques pour trouver et acheter mes premiers skeuds. J’écoutais aussi une radio pirate dans laquelle toutes les semaines étaient diffusées les news en provenance d’Angleterre, USA, Allemagne, Belgique … C’est grâce à cette radio que j’ai découvert : Jeff Mills, Underground Resistance, Laurent Garnier, Lzn Vat, Carl Cox, Green Velvet et tant d’autres…

Comment es-tu arrivé dans le milieu des rave parties ? Dans quelles circonstances ?

Après le collège, j’ai commencé des études de cuisine en lycée hôtelier et j’ai tout de suite voulu aller faire mes stages dans des restaurants à Lyon car la ville bougeait déjà beaucoup plus que St Etienne et je voulais vite découvrir les clubs,  les raves, les gros shops de vinyles… C’est vers 15/16 ans que tout a vraiment commencé pour moi, en 1992/93. J’ai acheté mes premières platines, commencé à apprendre le mix et surtout aller en club et en raves alors que j’étais encore mineur. Ma 1ère rave fut une révélation, un monde féerique où tout le monde était joyeux, looké, un lieu hors du temps où on se sentait libre. Le premier dj qui m’a mis une énorme claque c’était ce soir là et c’est Manu Le Malin. 25 ans après c’est encore le cas !

J’ai continué ensuite à sortir tous les weekends en rave et en club, j’étais fasciné par cette énergie, cette puissance et je savais déjà que la teuf et la techno feraient partie de ma vie. Très vite, j’ai commencé à faire le dj et à organiser des raves. A 17/18 ans, j’ai monté un collectif : Jumping Bass, avec des potes et on a commencé à faire des soirées dans des bars et très vite on a organisé des raves, dans des hangars, des châteaux, des forêts entre St Etienne et Lyon… On cherchait l’insolite, le truc différent. On bookait les artistes house techno et hardcore phares de l’époque. On a (comme d’autres collectifs de cette époque et ceux avant nous), marqué toute une génération. Ces raves étaient folles, on faisait tout nous mêmes : de la déco en passant par le montage du son, des lights … Mais une chose est sure, on était passionnés, on avait l’amour de la fête et de la musique électronique !

Il y avait une forte répression à l’époque, qui a notamment menée à la loi Mariani qui a porté un gros coup dur à la fête libre. Comment les organisateurs ont appréhendés cela ? Qu’est ce qui a changé depuis selon toi ?

Oui, il y avait une très forte répression et surtout dans notre région. Polaris en a fait les frais en 1996, ce qui a créé Technopol. Tout ce qu’on faisait était illégal, car les lois de l’époque étaient très restrictives et répressives. Même quand on essayait de monter des soirées en faisant toutes les démarches administratives pour être dans la légalité, on avait quand même des problèmes … Pourtant à chacune de nos raves il y avait un service de sécu, un stand prévention et de secours, un point d’eau, un chill out…

Malgré tout cela on avait des emmerdes, des contrôles a chaque soirée, des gardes a vue avant ou après. On a même eu droit au passage par la case tribunal. Cela arrivait à beaucoup d’orgas de l’époque. Mais on a rien lâché, on s’est battu on a continué ! Le tout en perdant beaucoup de thunes mais c’était notre vie, notre passion. En 2000, on a organisé un très gros événement, toutes les démarches administratives ont été faites longtemps en amont, on avait un énorme line up, tout était ok pour une fois, et patatras, la veille de notre rave, arrêté municipal qui interdit notre événement. Ça a été un coup de massue, on a perdu énormément d’argent et un an après on arrêtait l’organisation de raves. Petit à petit, on a basculé dans les clubs chacun de notre côté et chacun d’entre nous a pris un chemin différent. Personnellement j’ai continué à jouer un peu partout en France et à l’étranger.

Tu as pas mal bougé depuis ton départ de la région de Lyon et St Etienne. Pourquoi est tu parti et ou cela t’as t’il mené ? Quel est ton rapport à ta région d’origine ? Comment es tu finalement arrivé à Lille et dans l’équipe du Magazine Club ?

En 2003, j’ai quitté ma région pour rapprocher de Paris, là ou tout se passait depuis quelques temps. Je me suis installé à Rouen quelques années, c’est une belle ville et j’étais très proche de la capitale. Je jouais souvent à Rouen, j’y organisais des soirées et du coup, j’allais souvent à Paris pour faire la fête et jouer (Batofar, Tryptique, Rex Club, 287 etc)

J’ai voulu quitter ma région natale et mon foyer familial pour assumer mon homosexualité loin de mes racines même si j’y retournais souvent. A cet âge-là, j’avais besoin de changements, de voir et découvrir autre chose.

Ensuite, je me suis installé à Paris et j’ai bossé en tant que bookeur pour un label indépendant de musiques électroniques au sens large, très large. On produisait aussi bien des trucs dance-radio hyper commerciaux que des artistes plus pointus. Ce fut une belle expérience, j’y ai appris les ficelles du métier, mais de l’autre côté, l’envers du décor.

En 2008, j’ai quitté Paris pour m’installer à Lille, ville que je connaissais déjà. Je n’étais pas loin de Paris, de la Belgique … J’avais besoin de vivre dans une ville plus paisible, moins speed. Je jouais a cette époque dans des clubs Lillois (Kiosk, Etik …) et aussi en Belgique (H2o etc). Je connaissais Peo Watson depuis un moment et on s’est donné rendez-vous (le Magazine ne programmait pas encore de gros guests techno). Je lui ai simplement proposé de bosser ensemble et les choses se sont faites naturellement. Une 1èrepuis une 2èmesoirée et les bookings se sont enchaîné. Je suis ensuite devenu résident techno du club. Cela fait maintenant six ans que j’y invite aussi bien les mastodontes de la techno que des découvertes et nouveaux talents.

Tu es avant tout identifié comme un DJ techno mais on te connait aussi un faible pour le hardcore. Quel est ton rapport à cette frange de la musique électronique ? Comment gères tu le switch entre les genres ?

Aujourd’hui, je suis identifié comme un dj techno, mais qui joue une techno musclée et rapide. Depuis toujours, je suis un fan de hardcore. Des artistes comme Manu Le Malin, Laurent Ho, Liza N Eliaz, Lenny Dee sont mes sources d’inspiration. À une époque, j’ai beaucoup joué de hardcore, ça se prêtait aussi au contexte des raves. Et depuis 2-3 ans, il n’est pas rare (bien au contraire) que je commence un set par de la techno et que je le finisse ou que je fasse un passage hardcore. Je ne me mets pas de barrières. Ça se fait au feeling avec le public, le lieu. Si je sens que je peux tabasser un bon coup et que le public en face de moi est réceptif, je ne vais surtout pas me gêner ! Un bon parpaing dans la gueule placé au bon moment, ça ne fait pas si mal que ça.

La musique électronique, comme d’autres genres musicaux, permet parfois, peut être moins qu’avant, de faire passer des messages politiques. Que penses-tu de cette philosophie ? On le voit avant tout avec des artistes féminines telles que Sama, Black Madonna ou encore La Fraîcheur, qui font un gros travail pour l’image de la femme et des minorités. Quel regard as-tu sur ces démarches. Au contraire, tu as récemment eu maille à partir avec Deborah De Luca qui a, selon pas mal de monde, une image de « poseuse ». Peux-tu m’en parler ?

Dans les années 90, le mouvement « techno-rave » était apolitique mais en même temps contre le système et pour la liberté d’expression. On voulait vivre notre truc librement sans faire chier personne. Mais les politiques répressives menées à notre égard étaient virulentes. Les hommes politiques nous voyaient comme des jeunes cons qui ne pensaient qu’a se droguer en écoutant du boum boum. Ils nous considéraient comme des anarchistes alors que nous étions une sorte de famille qui réunissait des personnes de tous horizons : hétéros, gays, lesbiens, noirs blancs beurs, trans…

On partageait une même passion pour cette musique, pour la fête. Tout le monde était le bienvenu ! Ce sont eux surtout qui avaient un problème avec nous, qui ne comprenaient pas qui on était, ce qu’on voulait. Encore aujourd’hui, je pense que le problème est toujours présent…Quand aurons-nous des dirigeants qui comprendront vraiment les attentes, les envies et les besoins des citoyens ? Alors oui, il est complètement légitime que des artistes s’engagent et fassent passer des messages forts, qui parlent des difficultés de minorités,que cela soit dans la musique mais aussi plus globalement dans la vie quotidienne ! Je soutiens ces démarches et je me sens prêt à m’engager plus encore ! Il va être nécessaire que plus de monde ouvre sa gueule et se batte contre tous ceux qui ne veulent pas du progressisme !

Pour revenir sur cette histoire avec Déborah De Luca, cette personne m’a manqué de respect, m’a considéré comme un moins que rien. Oui j’ai ouvert ma gueule pour dire ce qu’il s’est passé. Cette personne aurait été un homme, ça n’aurait changé en rien ma façon de réagir, que les choses soient claires et précises. Ce genre « d’artiste » pollue le mouvement, je n’ai aucun scrupule à le dire. Ce n’est que business et apparence, une coquille vide. C’est un cas isolé et heureusement, beaucoup de filles honorent la musique électronique !

En parallèle de la musique, tu as aussi une formation cuisinier et sommelier. Peux-tu me parler un peu de cette autre vie ?

J’ai étudié de nombreuses années la cuisine et le vin. J’ai eu la chance de travailler dans de grandes et prestigieuses maisons. Ce sont aujourd’hui des passions. Je suis un épicurien, j’aime bien manger et boire du bon vin. C’est essentiel dans l’équilibre de ma vie quotidienne.

Encore une autre passion : les chats. Passion que l’on partage d’ailleurs ! Ils prennent une place particulière dans ta vie ?

J’ai deux chats, Jakob et Félix. Je les considère comme mes enfants. Depuis mon enfance, j’ai toujours été entouré d’animaux. Cette passion pour les chats est venue à l’adolescence. Ils me fascinent, je les aime profondément. Quand je pars jouer le weekend, le moment du « au revoir » est toujours un moment difficile. Quand je rentre après un weekend souvent fatiguant, c’est tellement bon de les retrouver. Ils m’apportent un réconfort unique. J’ai une complicité forte avec eux.

Quels sont tes projets en cours en termes de production ? Tes sorties à venir ?

Fin juin je sors un EP sur le label Français A-Traction Records avec qui je collabore depuis 3 ans maintenant. J’ai vraiment une amitié forte avec Marc (le label manager) depuis de longues années. Je suis fidèle à son label car c’est le premier à m’avoir signé il y a 3 ans, quand personne ne croyait en mes projets de productions. Et c’est grâce à lui que « Techno Therapy » a connu ce succès en 2017. L’EP va s’appeler « Dead With God » et sera très techno. Cerise sur le gâteau, je vais avoir des remixeurs tels que Thomas Schumacher et The Horrorist. Deux légendes de la musique électronique dont je suis fan depuis les années 90. Je leur ai envoyé l’original et tout de suite, ils ont dit« oui » pour un remix, c’est comme un rêve de gosse qui se réalise. Ensuite, mon pote JacidOrex fera également un remix ainsi que Marc Ayats & Owlk d’A-Traction Records.

« Depuis 2018, je joue sur la tournée We Are Rave, on fait le tour de France et c’est une folie, on blinde partout ! » 

Quelle est ton actualité en termes de bookings ? Les grosses dates àvenir. Tu es aussi sur la tournée « We Are Rave ». Comment cela se passe ?

Depuis 2018, je joue sur la tournée We Are Rave, on fait le tour de France et c’est une folie, on blinde partout ! C’est une grande famille de troubadours issus du milieu rave / free parties. Davy qui gère le tout a réussi a créé un truc fou et fort. La tournée continue jusqu’à fin 2019, on va encore sillonner la France en long, en large et en travers, et le projet se développe partout en Europe aussi pour fin d’année et 2020.

Je commence une résidence au Rex Club le 20 Avril, avec ma soirée T.B.M. (Techno Body Music), pour la 1èrej’invite The Horrorist, KRTM et 14Anger. Je continue ma résidence au 1988 Live Club à Rennes en y développant aussi ma soirée T.B.M. et en invitant des artistes comme 999999999 ou Boston 168. Je poursuis ma résidence au Magazine Club à Lille et cet été j’ai beaucoup de dates en Festival en France et en Belgique : Impact MMA au Mans, Tilliacium Festival près de Nantes, Cirque Magique & Space Safari Festival en Belgique, Plages Electroniques à Cannes …

Quel est ton rapport aux réseaux sociaux et aux critiques qui tevisent parfois ?

Les réseaux sociaux sont devenus un outil indispensable pour communiquer sur ma musique et mes dates, ce sont des moyens géniaux car on peut communiquer et interagir avec des gens partout sur la planète et instantanément. Cela a beaucoup changé les choses pour tous les artistes. Dans les années 90, pour se faire booker ou booker un artiste c’était bien plus long. Pour informer les gens sur la sortie d’un EP tout était plus fastidieux. Cela a été une grande révolution. Après évidemment, il est très facile de dire tout le bien qu’on pense de toi mais aussi subir parfois des critiques.

Derrière son écran il est très simple aujourd’hui de dénigrer quelqu’un. Cela arrive à beaucoup de monde, j’en ai subi les désagréments récemment. Que l’on aime pas ma musique, mes sets, ok ça fait partie du jeu… Mais se faire attaquer personnellement sur son physique, sur sa sexualité, sa vie privée, là je ne suis pas d’accord et encore une fois, j’ai ouvert ma gueule. Des limites ont été franchies et j’ai fait un post à ce sujet pour clore le débat qui n’avait pas raison d’être.

Quelles différences vois-tu entre la façon de faire la fête, quand tu est arrivé dans la musique électronique et aujourd’hui ? Dans le comportement global des artistes et organisateurs, dans le rapport à l’argent et dans la façon de « consommer » la musique.

Chaque génération a sa façon de faire / consommer la fête et la musique. Dans les années 90 tout était nouveau avec l’arrivée de la musique électronique, il y avait une certaine folie qu’on ne pourra pas retrouver. C’était beaucoup plus artisanal. Pour booker un artiste ou se faire booker, tout était plus simple. On se connaissait tous et les relations étaient différentes, comme une sorte de famille qui s’entraidait. Clairement, les choses ont bien changé, c’est devenu un gigantesque business (dont je fais partie d’une certaine manière), tout va très vite. Des artistes débarquent du jour au lendemain, (les réseaux sociaux et les grosses boites de com les aidant bien) on a aujourd’hui des superstars de la techno de la house qui prennent des cachets mirobolants.

Certes qui remplissent aussi des salles et font vendre des tickets mais ça devient fou et un jour ou l’autre ce « système »va se casser la gueule. Les « rock stars » des années 60/70 sont remplacées par des djs … Tant que le public suit cette démarche et paye des prix d’entrées qui ne cessent d’augmenter ça continuera. Mais pour combien de temps ? Paradoxalement il y a encore partout de superbes teufs organisées par des assos, des collectifs qui réinventent et créent quelque chose de nouveau. Aussi beaucoup de clubs ont pris un nouveau virage au bon moment et il y a des super endroits ou on fait super bien la teuf avec de belles progs.

Tu t’es autant produit dans des raves que dans des clubs ou des festivals. Quel est ton terrain de jeu préféré ?

Clairement, aujourd’hui, je kiffe jouer en club. Quand tout est réunit : son,lights, déco, public, je passe des moments intenses. J’aime cette ambiance chaude des clubs, quand ça suinte, quand tu es près du public. Ce qui est cool en club aussi c’est de pouvoir jouer de longs sets, exprimer quelque chose sur la longueur, avoir le temps de raconter un truc.

Évidement, jouer en festival ou en warehouse devant des milliers de personnes c’est aussi un gros kiffe. Mais c’est assez frustrant car jouer juste 1h/1h30, c’est peu. Il faut concentrer et donner toute ton énergie en peu de temps.

Qu’on le veuille ou non, les drogues sont très présentes dans ce milieu. Quel est ton rapport aux substances, à l’alcool et de quelle façon trouves tu ton équilibre ?

Oui les drogues et l’alcool sont présents, mais partout dans la société ! Toutes les classes sociales sont concernées : dans les clubs électroniques, festivals, clubs généralistes, fêtes privées, dans tous les milieux professionnels. C’est un problème sociétal et pas uniquement lié au milieu festif. Même s’il est évident que partout où je joue les gens boivent de l’alcool et prennent des trucs. Perso je ne me drogue plus depuis longtemps. Après avoir bien abusé de beaucoup de choses un jour j’ai dit stop, et depuis ce jour là ça va bien mieux dans ma tête. L’alcool, j’en consomme mais pas en bossant. Je suis un passionné de vins, j’aime en boire mais cela ne veut pas dire que je me trimballe avec mon litron tous les week-end.

Tu as récemment signé sur Stay Up Forever, le label de Chris Liberator. C’est une consécration ?

C’est surtout un rêve de gamin ! J’achetais des tonnes de skeuds de ce label quand j’avais 18-19 ans. C’est un des labels pionnier de l’acid techno en Europe. Et il y a quelques mois j’ai envoyé une démo à Chris Liberator, un track coproduit avec JacidOrex. Et plusieurs semaines après j’ai reçu un email me disant qu’il signait les deux tracks. Ça va sortir cet été en format digital et en vinyle.

La techno a vécu une période creuse aux alentours de 2006/2007. Comment as-tu vécu cette phase ? T’es tu parfois éloigné de la sphère musicale ?

Comme beaucoup d’artistes de ma génération, on a connu un gros trou d’air quand toute la mode deep, dubstep, électro-fluo-machin-truc a débarqué d’un coup d’un seul avec une débauche de moyens et de couvertures médiatiques. Clairement, la techno n’était plus à la « mode » et on était un peu boudé, hormis les quelques orgas et clubs fidèles qui faisaient de la résistance. C’est à ce moment là que mes études dans la restauration m’ont bien aidée, je n’avais pas étudié toutes ces années pour rien. J’avais quatre fois moins de bookings, même des mois sans aucune date. J’ai dû l’accepter et j’ai repris du service en tant que chef de cuisine; j’ai aussi donné des cours de cuisine à des personnes en réinsertion professionnelle ou en échec scolaire. Ce furent des expériences enrichissantes qui m’ont permis d’être bien connecté à la vie réelle et aux difficultés quotidiennes de millions de personnes.

Depuis, les choses ont radicalement changé, la musique est plus que jamais au cœur de ma vie. Au moins mes chats m’ont appris à savoir retomber sur mes pattes !

Une anecdote « Dure Vie » à nous raconter ?

Il a 3 ans, j’étais booké à Lisbonne, ville que j’adore. Je jouais en after a 06h du matin. Tout paraissait ok et en arrivant au club, il n’y avait pas de platines cds. Uniquement des platines vinyles, et je n’avais pas de skeuds avec moi ! Les autres artistes qui jouaient ce matin là étaient en live set ou sur vinyles. Du coup je n’ai pas pu jouer … Dure dure vie de dj !

T.B.M, la résidence de David Asko au Rex Club, début ce samedi 20 avril avec pour invités : The Horrorist, KRTM et 14Anger.


Prochaines dates :

19.04: Rave Alert (Magazine Club, Lille)

20.04: TBM (Rex Club, Paris)

04.05: TBM (1988 Live Club, Rennes)