Dans le cadre de la Divided Love organisée par Mercredi Production au Rex Club dimanche 17 avril, Dure Vie a eu la chance de poser quelques questions à l’icône british Daniel Avery. Un grand merci à l’équipe de Mercredi Production ainsi qu’à Daniel Avery pour avoir rendu tout ça possible.

 

Dure Vie • Tu as une résidence à fabric intitulée « Divided Love » depuis juin 2014. Quelle est la finalité de ces soirées ? Comment est-ce que tu les rends différentes les unes des autres ?

Daniel Avery • Divided Love est une communion entre toutes les personnes dans la pièce. C’est une soirée où tu te lâches et tu fais abstraction du monde extérieur, même si tu ne connais aucun des noms sur la programmation. Chaque invité a sa propre voix et sa propre approche de la musique – ce qui fait que chaque édition est différente. C’est une soirée relativement récente mais je suis fier de ce qu’on a accompli jusque là.

 

« Divided Love c’est une soirée où tu te lâches et tu fais abstraction du monde extérieur »

 

DV • fabric est sans aucun doute le club dans lequel tu joues le plus depuis que tu y a joué pour la première fois en 2007. D’aucuns pourraient croire qu’y avoir une résidence est chose aisée, mais est-ce que ce n’est pas difficile de devoir constamment se renouveler ?

Daniel Avery • Je connais bien l’environnement maintenant, et je sais ce qui marche dans chaque salle. Certains morceaux, comme Sensation et Drone Logic par exemple, ont été entièrement pensés et réalisés pour être joués dans la Room 1. Dans cette salle, les jeux de lumières et le son déferlent comme des vagues. Ceci étant dit, chaque date est différente, et c’est pour cela que le DJing reste aussi excitant à mes yeux. Chaque soir est un défi.

 

DV • J’ai lu que ta dernière date à Bristol était spéciale…Est-ce que c’est dû à l’influence que Bristol prend sur la scène électronique ? En tant que DJ, en quoi penses-tu que Bristol est différente ?

Daniel Avery • J’ai joué toute la nuit à Bristol – ce qui est toujours une bonne expérience. Pour moi le DJing c’est créer une atmosphère dans une salle, c’est ça le but principal. Si tu arrives à établir ce contrôle dès l’ouverture des portes, ta nuit va être géniale… Il y a toujours eu une scène innovante à Bristol mais je n’en ai jamais vraiment fait partie. Mais c’est indéniable que c’est une ville où la musique est très importante pour les gens et c’est quelque chose de très motivant.

 

« Pour moi le DJing c’est créer une atmosphère dans une salle, c’est ça le but principal. »

 

DV • Comment en es-tu arrivé à choisir DJ Nobu et Etapp Kyle pour l’édition de Divided Love au Rex Club?

Daniel Avery • Nobu est le DJ techno que je préfère le plus au monde en ce moment. Il a un style unique qui tire son inspiration aussi bien de la noise music que de la techno classique. C’est un vrai maître de son art. Ce que j’aime chez Etapp c’est qu’il a créé sa propre voix au sein de la scène berlinoise. Il a une envie de se démarquer de la foule. Le dénominateur commun entre eux deux – et entre tout le monde à Divided Love – c’est qu’ils jouent/produisent de la musique avec des élans psychédéliques. De la musique pour l’esprit, en somme.

 

DV • Peux-tu nous donner un morceau que tu aimes particulièrement parmi les productions de DJ Nobu et d’Etape Kyle?

Daniel Avery • Etapp fait constamment des disques qui résistent à l’épreuve du temps. Un morceau comme Astra est déjà un classique moderne. Et j’étais fier que Nobu remixe Rote 1, une de mes collaborations avec le producteur londonien Volte-Face. Il a fait un travail incroyable.

 

 

 

DV • Tu as grandi à Bournemouth entouré de rock stars… Jean-Michel Jarre a dit dans une interview que « dans la musique électronique, il y a deux origines, Schaeffer et le punk ». Qu’en penses-tu? Comment l’interprètes-tu?

Daniel Avery • Je pense que les deux influences sont aussi importantes l’une que l’autre. La meilleure musique électronique est basée sur l’expérimentation et ne devrait jamais être « safe ». J’aime aussi l’idéologie punk selon laquelle tout le monde peut faire de la musique tant qu’ils en ont le désir profond. La combinaison des deux, c’est quand des idées novatrices et excitantes émergent.

 

« Tout le monde peut faire de la musique tant qu’ils en ont le désir profond. »

 

DV • On a entendu parlé de ton studio dans un container sur les berges de la Tamise. Comment expliques-tu ce choix de produire là-bas? Est-ce que l’endroit où tu enregistres influence ta production en elle-même ?

Daniel Avery • C’est un endroit très calme et paisible, ce qui est difficile à trouver à Londres. L’environnement dans lequel j’enregistre a une influence sur mon son, même si je n’en suis pas conscient. Et c’est une source d’inspiration que d’être entouré par des personnes créatives dans un endroit comme celui là.

 

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© Steve Gullick

 

DV • Selon toi, existe-t-il des différences entre les scènes électroniques anglaise et française ? Est-ce que tu penses que la musique électronique tend à devenir « standardisée » ou qu’au contraire son développement est source de diversité?

Daniel Avery • Je pense que la musique électronique est en bonne santé en ce moment parce qu’il y a tellement de styles qui communiquent entre eux. Les artistes sont en mouvement constant entre les villes et les scènes, récoltant des influences différentes sur leur chemin. Ça veut dire qu’il pourrait très bien ne plus y’avoir de scène anglaise ou de scène française mais plutôt la montée d’un individualisme, et c’est une perspective assez excitante.

 

« Je pense que la musique électronique est en bonne santé en ce moment parce qu’il y a tellement de styles qui communiquent entre eux »

 

Évènement Divided Love au Rex Club

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Interview menée par la Dure Vie Family