« Je crois fermement à l’idée que, quand tu possèdes le bon équipement, l’installation adéquate, que tu as un esprit ouvert et que tu crées dans une bonne atmosphère, la musique vient à toi, elle se forme naturellement« , expliquait Daniel Avery. Pour son grand retour à Paris le 31 octobre, le producteur anglais prend les commandes du lieu brut et atypique du 1 Passage Ruelle. Il sera accompagné par IDA, l’étoile montante de l’acid house basée à Glasgow, pour un retour aux sources de la rave techno. Rencontre.

Sur ton premier album Drone Logic, tu produisais une musique plus accessible avant de t’orienter vers des sonorités plus expérimentales avec ton second long format intitulé Songs for Alpha. Pourquoi cette évolution ?

Selon moi, c’est un équilibre. La techno dite « grand public » n’est rien sans expérimentations musicales et inversement : l’un ne va pas sans l’autre. Parfois, la balance penche plus d’un côté que de l’autre, c’est vrai. Mais cette dualité est complémentaire, elle rythme ma vie au quotidien.

En parlant de Drone Logic… Ton premier album aura bientôt 7 ans et il n’a pas pris une ride. Il est assurément trop tôt pour le qualifier de grand classique, mais il en prend doucement la direction. La temporalité est-elle un critère que tu prends en compte lorsque tu produis  ?

Tout d’abord, merci pour le compliment ! Mais en réalité, je n’y pense pas. Quand tu écris un morceau, tout ce qui compte c’est qu’il te plaise à cet instant précis. Il faut être honnête avec soi-même. Les autres réflexions ne sont pas pertinentes selon moi.

Sans parler de musique, quelles sont tes inspirations au quotidien ?

Le silence… et un Old Fashioned !

Lorsque tu mixes, comment trouves-tu l’équilibre entre une techno lourde et l’ambiance atmosphérique que véhiculent les tracks que tu joues ?

Les deux ont leur place dans un set, il sont tous les deux aussi importants. Il n’y a pas de règles établies dans ce domaine… C’est un feeling auquel il faut se fier et faire confiance.

Tes sets sont comme une invitation à voyager dans l’espace. Chaque track a sa place et colle parfaitement à la précédente. Comment tu fais pour taper dans le mille à chaque fois ?

Je suis profondément convaincu que mixer est avant tout une expérience de partage. Chaque personne a son rôle à jouer. Il y a un véritable flux d’énergie entre le public et le DJ. Une fois cette relation établie, la musique prend vie.

Préfères-tu être derrière les platines devant des milliers de personnes ou isolé dans ton studio avec tes machines ?

À mon sens, l’un n’existe pas sans l’autre, c’est une fois de plus une question d’équilibre.

Que ce soit au festival des Nuits Sonores, à la dernière édition du Weather ou celle du Pitchfork Music Festival, tu joues régulièrement dans le coin. Quel lien entretiens-tu avec la France ?

J’adore jouer en France, c’est ce que je préfère ! J’y ai gagné mes lettres de noblesses grâce à un public qui m’a accueilli avant n’importe quel autre. C’est une belle relation, et ce depuis le premier jour.

Tu organises une rave mystérieuse (et déjà sold-out) le 31 octobre à Paris avec l’étoile montante de l’acid-house IDA. Qu’y a-t-il de si spécial dans les événements intimistes comme celui-ci ?

Ma musique et moi-même sommes toujours les bienvenus à Paris, c’est comme notre deuxième maison. J’ai voulu marquer le coup en y organisant cette rave. Je me sens libre de faire ce que je veux et j’ai vraiment envie que les gens s’en souviennent pendant longtemps. C’est ce genre d’évènement que l’on oublie pas… Allez, on se retrouve sous les stroboscopes !

Jeudi 31 octobre, Paris : Complet : Daniel Avery + IDA

Samedi 2 novembre, Bordeaux : IBOAT • Daniel Avery — DudMode