Photo à la une © Eugénie Flochel

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CHÂTEAU PERCHÉ. L’un des festivals les plus excitants de la saison d’été en France revient dans un nouveau château au cœur de l’Allier, du 25 au 28 juillet 2019. Rencontre avec l’équipe du festival, Perchépolis, pour savoir ce qui vous attend cette année. 

Loin des projecteurs et des paillettes, le Château Perché a conquis toute la France depuis son lancement il y a 5 ans dans la campagne auvergnate. Chaque année, le festival élit domicile dans un château éloigné de la civilisation, et recréé un véritable univers entre scénographie d’envergure, performeurs, danseurs, costumes et bien sûr, DJs. L’expérience y est unique, sorte de revival médiéval pour châtelain(e)s en manque de sensations. 

En quelques mots, comment avez-vous créé Château Perché et qui en est à l’origine ?

Il était une fois, en l’an -1 avant CP, la rencontre non fortuite entre Samy, Olivier & Katy, deux jeunes hommes ayant grandi au sein du petit village d’Orcet, et une jeune femme allemande imprégnée du milieu festif berlinois. L’un était désireux de ramener en Auvergne l’esprit de la fête berlinoise qu’il eu l’occasion de vivre quelques temps, l’autre voulait enrichir l’offre culturelle disponible en créant une fête qui lui ressemble à lui et à sa génération. La dernière rêvait de partager son monde hors frontière, là où l’on pourrait croire que c’est impossible.

Le grand dessein était né : aller réveiller le patrimoine exceptionnel et oublié de la diagonale du vide, grâce à des arts alternatifs, modernes, parfois loufoques, dans une dimension libertaire, égalitaire et respectueuse de chaque étrangeté. L’idée se résuma en la première définition du Château Perché par lui-même à sa création (et à notre sens la meilleure) : It’s about Techno, an old beautiful Castle, Summer, Deep House, Love, Art, Culture, Magic, Freedom. It’s about a sensual Orgy of you and me.

© Valentin Duch

C’en suivit la partie la plus importante de la création du festival, le jour où les amis des trois compères acceptèrent de venir surveiller les 6 scènes, construire et tenir les quatre bars 24 heures, tisser et accrocher les 72 guirlandes, et motiver leur mère pour qu’elles servent les petits déjeuners. Ce qui rend cette étape cruciale, c’est le fait que ces 60 bénévoles et amis se sont investis dans le projet comme si c’était le leur, et ça l’est devenu. Des amis pas forcément passionnés de techno ou de festivals mais qui ont voulu aider. Ce qui nous mène à la question suivante.

Qu’est-ce qui, selon vous, fait la force de Château Perché ? 

Eh bien il n’y aura qu’un point : la solidarité. Le festival est né d’une famille qui s’est réunie pour faire fonctionner un énorme projet. À chaque édition, ces 60 premiers sont encore là, vivent aux quatre coins du monde et n’hésitent pas à faire des heures d’avion pour venir porter des barrières (cc Samuel).

Chaque édition est devenue la grande réunion de potes qui ne se voient parfois qu’une fois par an à cette occasion. C’est comme un noël chez mamie, à la différence que chaque année la famille s’agrandit, et qu’aujourd’hui on est 900. Depuis ses débuts, le Château Perché est fait main, construit de toute pièce par les collectifs et les bénévoles, et il tient grâce à ces personnes qui ont été capables de s’improviser plombier, couturier, éboueur ou barman un jour, et qui ont même pour certains fini par en faire leur métier (cc les Wood Brothers).

Comment décririez-vous votre public ?

Respectueux, qui joue le jeu, et qui se sent en famille. À part quelques piqueurs de déco parce qu’ils la trouvent jolie ou quelques jeteurs de mégots réfractaires, les festivaliers sont toujours respectueux du lieu qui les accueillent et surtout respectueux entre eux. Ils jouent vraiment le jeu du Château Perché, sont quasiment tous déguisés, ouverts sur les autres, prêts à faire la fête avec leurs voisins de camping, partager un verre avec le premier inconnu dont le déguisement a attiré leur attention. Ils se sentent chez eux entre potes, n’hésitent pas à nous faire des retours sur ce qu’ils adorent et ce qui ne leur plait pas du tout, autant sur l’artistique que sur l’organisation, et ils ont raison. 

© Joshua Richard

La scénographie est-elle un point crucial du festival ? Qu’apporte t-elle de plus que les autres festivals ?

Elle a autant d’importance pour nous que les artistes musicaux et performeurs. Au niveau des scènes, les collectifs les construisent et décorent selon un thème pour créer une vraie ambiance différente à chacune ; plus largement dans tout le domaine il y a des installations à voir, du mapping sur le château réalisé depuis quelques années par Bernd Koch, au monstre d’eau de Kubix qui revient d’ailleurs cette année avec ses œufs lumineux, en passant par le chemin lumière & perspective qu’illuminera Hybrid Project, le festival sans musique pourrait se visiter uniquement pour l’art scénographique.

Tout le monde s’accorde à dire que l’on vient à Château Perché pour son tout, ambiance, programmation, et atmosphère. C’est quelque chose dont vous êtes fiers ?

C’est surtout quelque chose qu’on s’efforce de maintenir. On travaille toujours sur une programmation la plus qualitative possible tant en termes de musique, de performances que de décorations, tout en restant peu connue du public ; on s’attache à l’atmosphère et à l’ambiance grâce à la sensibilisation envers les festivaliers à se déguiser, à être respectueux et surtout à être eux-mêmes, le thème de cette année à failli être « sois ton meilleur humain ».

On cherche à créer un espace où on se sent bien, on a envie d’être soi, de lâcher prise entouré de bienveillance, donc quand on nous dit que le festival est surtout apprécié pour son ambiance et son tout, on se sent compris. 

Qu’est-ce qui est le plus perché à Château Perché ? 

Excellente question. En 2019 ce sera le feu d’artifice, le château gonflable avec piscine à boules, les sirènes nageant dans les douves, la salle de torture sur le camping, la scène secrète, et l’initiation au funambulisme.

Seulement la moitié de ces annonces sont vraies. 

© Benjamain Vallet

Quelles seront les nouveautés cette année ? 

S’il n’y avait qu’une chose à retenir en 4 points :

« Panwuman » est le nouvel espace de workshops, conférences et expériences à vivre tout au long du festival, pour la première fois une scène sera exclusivement Trance, une autre aura un jour entier dédié à la Cumbia, et chacun a l’occasion d’obtenir une réduction en venant avec son buddy étranger grâce au « international buddy pass« .

On s’investit toujours autant et même plus pour l’écologie et la réduction de nos déchets, ce n’est pas une nouveauté mais ça nous semble important d’en parler pour qu’un jour ça devienne la norme dans tous les festivals et plus loin encore, en proposant uniquement des couverts compostables ou réutilisables, des produits issus du local et du bio autant que possible, un tri sélectif ultra rigoureux, l’utilisation de matériaux recyclés pour nos constructions, la revalorisation de nos déchets, la distribution de cendriers de poche et de sacs poubelles aux festivaliers, et la création d’un « leave no trace moment » aux deux pauses musicales de vendredi et samedi afin d’impliquer davantage le public dans cette démarche.

On passe au cashless, fini les galères de 2€ = 1 token et les sacs de pièces en plastique au fond de ses poches, cette année le bracelet d’entrée suffira à pouvoir se sustenter sur place, même si certains ateliers à prix libre prendront toujours la monnaie. On informera tout le monde sur comment ça fonctionne très bientôt.

Enfin, « Les insectes pullulent au paradis », c’est-à-dire « Déferlante d’insectes », « Les toges éphémères du paradis », et « Et la luciole fut » : 3 thèmes pour 3 costumes les 3 nuits, pas question de venir déguisé le jeudi et de finir en short t-shirt du vendredi au dimanche.

Retrouvez toutes les infos sur l’événement Facebook et la page Facebook de Château Perché. Quelques billets encore disponibles sur la billetterie en ligne