Élevée dans la riche histoire de l’électronique belge, Charlotte de Witte découvre l’électro et la techno à l’adolescence, très vite captivée par les sonorités hypnotiques des clubs de Gent. Déjà affairée à manier les platines à l’âge de 17 ans, sa techno puissante, agressive, ne tarde pas à arriver aux oreilles des plus grands promoteurs du pays qui la propulsent sur les scènes des plus grands festivals européens, Pukkelpop, I Love Techno, Dour ou encore Tomorrowland. Son dernier EP sur OFF Recordings, « Trip EP », achève de l’établir comme un talent à suivre, tant en studio que derrière les decks. Entre deux festivals cet été, nous avons discuté Fuse, son nouvel EP « Closer », Air Max et réseaux sociaux avec l’étoile montante belge. 

Charlotte, en un an seulement tu es passée du statut de talentueuse artiste locale à DJ à la renommée internationale. Que s’est-t-il passé ?

Je dois avouer que dernièrement les choses vont vite ! Il m’est très difficile de pouvoir pointer un élément en particulier, mais il s’agit d’une multitude de facteurs combinés : avoir mon propre radio show, mon concept KNTXT au Fuse (Bruxelles), sortir des tracks sur les labels de qualité et avoir cette chance de pouvoir faire des sets dans différents pays autour du globe.

Tout se passe très vite, comment gères-tu cette montée fulgurante sur la scène techno ?

Ça reste pour l’instant facilement gérable. À certains moments tout devient forcément plus intense mais j’arrive à garder le contrôle.

Tu es sur le point de sortir ton nouvel EP “Closer”, sur “Mary Go Wild”. Quelle histoire nous raconte cette nouvelle sortie ?

Je ne pense pas qu’il y est nécessairement une histoire derrière cet EP, mais je suis convaincue d’observer une évolution en comparaison avec mes précédentes sorties. C’est un des projets pour lesquels je me suis le plus donnée et je suis très impatiente qu’il sorte.

Les parties vocales sont d’un poète de ma famille, Keith Brumberg, et donne au projet un aspect d’autant plus personnel et tout son sens à l’EP.

Qu’en est-il de ta résidence au Fuse ? Est-ce toi qui gère complètement la programmation ? N’est-ce pas trop délicat de faire de l’événement quelque chose d’unique à chaque fois ?

Le line up émerge toujours d’une discussion que j’ai avec le club Fuse. De manière générale, je suggère les artistes que j’aimerais inviter à venir et ils s’occupent des offres. Jusque-là j’ai eu beaucoup de chance et les soirées ont toujours remporté le succès escompté. Nous avons dû faire l’impasse sur l’édition de septembre car il y a de fortes vagues de chaleur en Belgique, et forcément le public ne souhaite pas s’enfermer en club dans ces conditions. C’est un réel plaisir de pouvoir organiser ces événements, de pouvoir me rapprocher et apprendre à connaître les artistes qui y sont invités !

Tes sorties sont principalement solo, si tu devais choisir un artiste avec qui collaborer, lequel choisirais-tu en premier ?

Je choisirais certainement un artiste vocal tel que Lera Lynn (ndlr : l’artiste qui chante dans la BO de la saison 1 de True Detective).

Il y a des plans de collaboration prévus prochainement ou bien de nouveaux projets solos ?

Il y a bien évidement plein de musique qui arrive ! Je ne peux pas en dire plus pour le moment mais ces projets sont très excitants.

Bien que la réponse semble être évidente, aimes-tu ce que tu fais ? Comment te projettes-tu dans l’avenir ?

Non je déteste ce que j’ai fait, je déteste voyager à travers le monde et jouer de la musique (rires).

Évidemment j’adore ce que je fais, c’est une chose merveilleuse que de le vivre et surtout de pouvoir vivre de sa passion.

Depuis toute petite, j’ai toujours voulu voyager. J’ai pu avoir l’occasion de jouer dans une multitude de pays. Je peux découvrir différentes cultures, différentes gastronomies, et me faire des amis tout autour du globe. C’est une chance incroyable.

Tu es très active sur les réseaux sociaux. Nous pouvons observer que tu réponds toi-même à tes fans. De nos jours, c’est plutôt surprenant de constater une proximité entre un artiste devenu une « figure publique » et ses fans. Comment le gères-tu ? Est-ce important pour toi de conserver cette proximité ?

C’est assez variable mais j’essaye de répondre le plus possible. J’apprécies énormément voir les commentaires sur mes post et le soutien du public, il me paraît tout à fait normal de retourner l’attention. En tant qu’être humain comme tout le monde, j’essaye de rester joignable, et surtout de rester moi-même.

Tu as récemment rencontré le roi et la reine de Belgique au cours de ton passage à Tomorrowland. Comment c’était ? N’est-il pas étrange de rencontrer le couple royale grâce à la techno ?

C’était un réel honneur de faire leur rencontre. Il y a peu de personne qui ont cette opportunité, l’occasion était donc unique. Je n’ai pas eu cette impression qu’ils connaissaient ma musique, mais peu importe. Ils paraissant ébahis au regard de la scène principale de Tomorrowland, ils avaient des étoiles dans les yeux, c’était un beau moment.

Imagine la disparition totale et définitive des Air Max, quelle autre paire de chaussure pourrais-tu bien choisir ? (Converse non-autorisée)

(Rires) Quelle question ! Je choisirais de marcher pieds nus !

Que n’oublies-tu jamais de prendre avec toi pendant tes voyages (qui n’a rien à voir avec la musique) ?

De la nourriture ! Je me rappelle avoir été subjuguée par la cuisine turque. Tellement fraîche et savoureuse.

Lorsque j’étais de passage à Séoul en Corée du Sud, j’ai été dans ce restaurant près de mon hôtel où j’ai mangé pour la première fois du Tonkatsu. J’ai adoré ! J’y retournerais uniquement pour avoir ce plat !

Ou encore récemment lorsque j’étais à Barcelone, le promoteur m’a emmené dans un bar un tapas, mais à tapas « haute cuisine », trop bon !

Un souvenir qui t’a mené la vie dure ?

Ce que j’ai appris cette année c’est que tu dois absolument prendre soin de toi, de ton esprit et ton corps. Tu ne peux pas être bourré à chaque gig sans en payer le prix. Je deviens plus responsable et m’éclate avec ou sans alcool. Ce n’est pas ce côté « rock’n’roll » qui rend l’expérience unique, mais le public et son énergie. L’atmosphère.

Charlotte de Witte : Official websiteFacebook / Soundcloud / RA

Crédit photo : FIlle Roelants