Samedi 19 octobreles agences françaises Make It Deep et Agence Quatrième Mur vont investir une ancienne ferme industrielle et scène nationale située à Noisiel, non-loin de Paris. Au programme : 12h de musique, d’arts numériques et d’expérimentations pour célébrer 40 ans de techno et de machines, avec notamment la légende Juan Atkins, et les piliers émergents de la scène. Rencontre avec ses têtes pensantes, Noé et Simon.

Quel est le projet du Champ des Machines ?

NOÉ : L’idée c’est de pousser la recherche sur le son électronique, en invitant des artistes qui en testent les possibilités dans des directions très différentes, avec des méthodes et des histoires uniques. 

SIMON : Noé a bien résumé. Nous avions à coeur de proposer un événement qui à travers sa programmation mettrait en avant la machine et ses différentes utilisations dans les musiques électroniques, depuis ses origines américaines jusqu’à ses esthétiques les plus contemporaines. 

Comment s’est faite la collaboration avec le centre national de La Ferme du Buisson ? Ça participe à la volonté des monuments, institutions et bâtiments culturels d’y implanter la scène électronique ? 

NOÉ : Je crois qu’on a un petit faible pour les lieux historiques, car la musique électronique et les vieilles pierre rendent la fête un peu surnaturelle. On a découvert la Ferme du Buisson en cherchant un lieu pour le Sarcus Festival, ils nous ont très bien accueillis dans la volonté de s’ouvrir à la musique électronique et on a finalement décidé d’y monter un nouveau projet avec nos amis de Make It Deep ! 

SIMON : Lorsque Sarcus nous a proposé de visiter la Ferme du Buisson pour y organiser un événement ensemble, on a tout de suite été conquis par l’atmosphère qui se dégage du lieu, à la fois brut et industriel mais bouillonnant d’idées et d’initiatives culturelles. 

Que pensez-vous de l’explosion des lives machines dans les programmations ces dernières années ? C’est la raison pour laquelle vous y dédiez un mini-festival ?

NOÉ : Ça veut dire que le public est de plus en plus curieux de nouvelles performances et expériences, ouvert à l’expérimentation, c’est bon signe ! L’événement est dédié à la musique électronique, pas au live uniquement : le DJ set nous intéresse aussi beaucoup, en essayant de programmer des artistes au style très marqué.

SIMON : Je pense qu’il est important de trouver un équilibre dans une programmation entre live et DJ set, qui sont deux exercices avec des caractéristiques différentes mais qui bien combinés apportent une expérience particulière au public.

Les live machines apportent ce brin de folie en plus avec une place plus grande donnée à la spontanétité et l’improvisation. Ils placent l’auditeur dans une démarche d’écoute plus attentive, comme lors d’un concert. C’est aussi ces temps particuliers dans une soirée qui permettent d’apprécier encore plus la côté dancefloor des DJ set.  

Comment s’est bâtie la programmation ? Juan Atkins en parrain, c’est quand même assez incroyable : le projet l’a séduit immédiatement ?

NOÉ : On l’a bâti à deux avec Simon, en se faisant écouter ce qui représentait pour nous le champ de la machine dans tout son mystère. Tous les artistes ont été très réceptifs à la démarche musicale, à la beauté du lieu et au reste du line-up : je crois qu’ils ont tous hâte d’y être, et nous aussi !

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SIMON : Juan Atkins n’est pas parrain de l’événement, mais la démarche lui a vraiment plu et c’est la raison pour laquelle il a accepté de proposer ce dj set exclusif “From Model 500 to Infiniti” où il reviendra sur les 10 premières années de sa carrière. Quand on connaît la richesse de son travail dans les années 90, je pense vraiment que nous allons assister à un quelque chose de spécial. 

Toute la programmation a été imaginé en binôme avec Noé. C’est intéressant car nous venons d’univers différents mais qui au final se trouvent être assez complémentaire. Le line up de cette première édition en est le reflet, éclectique mais avec un fil conducteur bien défini et cohérent. Chaque salle aura son propre déroulé, sa propre histoire. 

Y’a t-il des projets français ou européens qui ont inspiré votre démarche ? 

NOÉ : Plus généralement la culture rave old school, qui mélangeait beaucoup les artistes et les styles musicaux, le live et le DJ set, avec une grande ouverture d’esprit et un esprit festif respectueux et curieux. 

© Live machines Fasme – Sarcus Festival 

SIMON : On a pas mal été inspiré par les live collaboratif lorsque nous discutions au début de la programmation. Au final, il n’y en aura pas sur cette première édition, mais des projets comme Circle Of Live ou Vernacular Orchestra ont été mentionnés et sont le genre de choses que nous aimerions proposer sur d’autres éditions du Champ des Machines. 

Qu’avez-vous prévu en terme de scénographie, Vjing, activités ? 

NOÉ : L’atmosphère va être assez minimaliste, la Ferme du Buisson étant déjà un décor assez insolite : la grande Halle et sa petite dizaine de mètre de hauteur de plafond vont accueillir les VJs Kaspar et ANTN, le jardin extérieur un chill Triple-D avec des food-trucks et plusieurs bars. Enfin la meilleure activité, c’est que toutes les scènes sont sonorisées en L-Acoustic. 

SIMON : Rien à ajouter ! Le cadre de la ferme du buisson c’est déjà une très belle scénographie en soi.

Retrouvez toutes les informations sur l’événement Facebook et la page Facebook du Champ des Machines.