On avait proposé à Birth of Frequency de répondre à un Inside Out en septembre, revenant alors sur une sombre histoire de carte son rendant l’âme en plein live. Avec la sortie de son nouvel EP, The Spelling, sur le label d’Oscar Mulero, on a voulu en savoir plus sur le personnage.

En 4 ans, le style de tes productions a pas mal évolué. Quels ont été les facteurs qui t’ont poussé à t’orienter vers une techno plus mentale ?

C’est toujours ce genre de techno que j’ai voulu faire. Le coté mental m’a toujours beaucoup parlé. Je pense simplement que quand j’ai commencé à produire je n’avais pas les connaissances techniques pour retranscrire toutes mes idées. Ces années passées m’ont permis de les acquérir et de me forger une personnalité musicale.

Tout comme Zadig, tu viens de Rouen. Comment es-tu rentré dans le monde de la musique électronique en général et celui de la techno plus précisément ?

Tout a commencé dans un bar de Rouen qui s’appelait le Sharivari, dans lequel j’ai justement remplacé Sylvain (Zadig) en tant que barman. Ce bar avait une programmation musicale composée pratiquement à 100% de musiques électroniques  :  Drum & Bass le jeudi, House et Techno le vendredi et le samedi. Voila comment je suis rentré dans ce milieu. La techno m’a plu dès le début donc petit à petit j’ai commencé à m’acheter des disques, puis des platines…

Lorsqu’on écoute tes différents morceaux, on peut souvent entendre des mélodies qui jouent avec la dissonance, qu’est ce qui t’inspire dans ta façon de produire ?

C’est une question que je me pose très souvent ! Il y a les autres producteurs bien entendu mais sinon je ne pourrais pas dire si mes émotions, ma vie de tous les jours, m’inspirent… Enfin si, j’en suis sûr, tout ça m’inspire mais je ne veux pas chercher ou comprendre (en tout cas pour le moment) pourquoi.  J’aime le fait que tout ça reste abstrait, flou, un peu comme à l’image de ma musique d’ailleurs ! Tout comprendre retirerait sîrement pas mal de spontanéité et d’innocence. J’essaie de garder la même innocence qu’à mes premiers morceaux… c’est important dans la musique.

Peux-tu nous parler de ton projet avec Zadig, Antigone et Voiski, Unforeseen Alliance ? Comment s’est-il monté et comment travaillez-vous ensemble sur scène ?

C’est un projet qui à toujours été là, on en parlait sans jamais trop s’avancer et puis un jour Axel (le manager de Construct -Reform) nous annonce : bon les gars, premier live tous les 4 fin janvier (2015) à la Machine ! Voilà, c’était fait… donc nous n’avions plus le choix il fallait qu’on bosse !

Nous travaillons tous chez nous sur des idées que l’on regroupe lors de répétitions. On s’est chacun défini un rôle à avoir pendant le live. Pendant le live, il y à une base qui ne bouge pas, une sorte de fil rouge pour que l’on se repère dans le temps. Après, au niveau des drums, des ouvertures de synthés, des reverb, delay… c’est de l’improvisation.

Peut-on un jour espérer vous voir sortir un morceau au nom d’Unforeseen Alliance ou bien ce projet est-il destiné à rester uniquement une performance live ?

C’est encore très flou !

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À la base la techno de Détroit avait un message social fort, notamment avec Underground Resistance. Penses-tu qu’actuellement ce style musical est toujours vecteur d’idéaux ou bien s’est-il tourné vers une dimension principalement festive ?

Je pense que le message social est beaucoup moins présent dans la techno d’aujourd’hui. La techno est née dans les mains de personnes qui avaient besoin de s’exprimer d’une nouvelle façon et qui n’avaient que ça. Ils ont créé un moyen d’expression que ce soit à Détroit ou Berlin pour ne citer qu’eux. Il y avait un contexte social particulier à l’époque, qui est très différent de nos jours.

Aujourd’hui, la techno est  dans les mains de personnes qui n’ont pas forcement de revendications sociales, elles aiment juste cette musique pour ce qu’elle est : un moyen d’exprimer divers sentiments. La techno a toujours été une musique festive, même quand elle avait un très fort caractère social.

La scène techno a connu un grand regain d’intérêt en France ces dernières années et son public est de plus en plus important. Imagines-tu qu’un jour la techno puisse devenir une musique si populaire qu’on en entendrait au quotidien, aussi bien à la télé que dans les magasins ?

Si on parle de musique électronique, on en entend déjà à la TV et dans les magasins, malheureusement elle n’est vraiment pas de bonne qualité. Après, si on parle uniquement de techno, je serais surpris d’entendre un Surgeon pendant que je fais mes courses ! Je ne pense pas que se soit une musique qui soit destinée à cet usage.

Si tu n’avais pas fait de techno, vers quel style musical te serais-tu tourné et pourquoi ?

Je ne pense pas que j’aurais fait de la musique si je ne m’étais pas passionné pour la techno. Avant de découvrir la techno j’écoutais beaucoup de hip-hop et de soul, mais je n’ai jamais eu envie d’en faire. Aujourd’hui, faire des instrus pour le hip-hop, pourquoi pas !

En dehors de la techno, si tu pouvais nous choisir 3 morceaux qui t’ont marqué ?

Birth Of Frequency jouera avec Unforeseen Alliance au Weather Winter le 17 décembre.
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