Derrière chaque artiste se cache bien souvent une agence. Côté musiques électroniques, Anthea, Apollonia, Binh, D’Julz, Dan Ghenacia, Diego Krause, Djebali, Dj Masda, Dyed Soundorom, Gene On Earth, Michelle, Molly, Omar, Robin Ordell, Roman Poncet, Sonjar Moonear, Shonky, Tc80, tINI, Tolga Fidan, Traumer et Unai Trotti ont une maison commune : Pieces. Rencontre avec l’un de ses membres, Nicolas, avant leur prochain événement ce vendredi 3 décembre au Nexus de Pantin. 

Comme beaucoup d’acteurs de la scène confrontés à un confinement soudain, l’idée a germé « pendant le premier confinement », raconte Nicolas, qui confie que le projet de base – après 10 ans d’existence sous le nom de Lola ED – « méritait un rafraîchissement. On voulait être dans l’ère du temps et commencer un nouveau chapitre ». Freinés dans leur métier mais poussés par l’envie de rester créatifs, les premiers fragments de Pieces s’assemblent. 

Agence aux multiples talents, projet commun

Dans le fond, l’agence n’en a que le nom. Imaginée comme un puzzle de plusieurs entités à même échelle et avant tout comme une famille, Nicolas poursuit : « Ce qui m’intéresse, c’est avant tout l’artiste. Au moment de réfléchir au nouveau nom [Pieces], on avait envie d’une thématique, d’un mot-clé fort. » Dans la pratique, chaque membre a un rôle au quotidien et le dialogue entre leurs membres, agents, artistes est primordial. « Nous  avons demandé à chaque artiste ce qu’il/elle pensait du nom, pour qu’on puisse repartir à zéro sur la même ligne de départ – celle-ci en grande partie causée par la Covid. C’est un projet commun. »

Le nom trouvé, vient le temps de l’identité graphique. Le logo de l’agence doit apporter la même touche visuelle d’un esprit fédérateur. Au milieu de nombreuses propositions faites par Antoine de Courseulles, l’identité modulaire a semblé être une évidence. « On se renouvelle mais on conserve la famille de départ, on reste unis. », confirme Nicolas. Sonja Moonear, la dernière entrée en date, ne cache pas que ses amitiés avec Dyed Soundorom et Dan Ghenacia ont été un argument de poids quant à son souhait de les rejoindre. « Personne n’est en compétition. »

Au quotidien, Pieces s’occupe donc à la fois du booking et du management d’une vingtaine d’artistes. Avec des points hebdomadaires et au mieux, quotidiens, la création de cette équipe dédiée à ses talents s’est faite – dans les premiers mois du Covid – grâce à Sofia et Nicolas accompagnés d’Alexandre qui gère près de la moitié des artistes. « Thibaut nous a rejoint dès cet été pour gérer la communication et le graphisme, suivi tout dernièrement d’Alex qui s’occupe de la logistique », poursuit Nicolas. L’équipe est donc enfin revenue au complet.

« Avec les artistes, la seule chose dont on ne s’occupe pas avec eux, c’est du choix des tracks à jouer pour le week-end », plaisante Nicolas. « Ils doivent se sentir bien entourés dans leur carrière. Le but grâce à notre équipe est qu’ils n’aient aucun stress à avoir, ni pour les vols, ni pour leurs riders. Nous nous occupons de tout pour qu’ils puissent se dédier à la production et à préparer chaque gig. » Au fil de nombreux d’échanges et de compréhensions, la clé demeure dans le fait de rester souple. « Concernant les bookings, je conseille mais je ne décide jamais sans eux », conclut Nicolas, à force de rigueur et surtout d’une grande dose de passion. 

Avec une ligne artistique très vaste de l’électro à la house et jusqu’à la minimale, l’entrée des artistes qui la compose se fait naturellement. « Nicolas Lutz m’a appelé pour me parler de Binh, un ami à lui. Omar a appelé Dan 3 mois avant le début de la crise sanitaire, Gene On Earth est arrivé 15 jours après, et Sonja Moonear a appelé Dyed Soundorom. », énumère-t-il à titre d’exemples. 

À la conquête des dancefloors 

Dans la pratique, Pieces s’est aussi récemment affirmée en organisant des événements dans plusieurs lieux de Paris. Au Badaboum samedi dernier avec Molly et Charlotte, puis au Nexus ce vendredi avec Traumer et Cristi Cons (après une première soirée réussie début Novembre avec Apollonia et Gene on Earth). Nicolas a aussi vu l’opportunité de pouvoir lier la troisième entité d’un trio gagnant : agence, artistes et public. « C’est un challenge de proposer quelque chose de nouveau, de montrer à nos artistes qu’on est source de propositions, de créer de nouveaux formats », poursuit-il. « On a la chance d’être reconnus dans le monde, mais grâce à l’agence et ses soirées, le marché français porte un regard neuf sur nous. C’est l’envie de créer des ponts en même temps que de créer un nouveau élan en France. »

Après cette rencontre avec Nicolas, une chose est sûre : chez Pieces, la fond et la forme s’accordent. « J’ai toujours souhaité une adéquation parfaite entre la ligne musicale de nos artistes et l’image de l’agence », conclut-il. Longue vie ! 

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