Photo en une © Kasia Zacharko

Notre résident Dusty Fingers invite le sud-africain DJ Okapi pour une date rare à Paris. Grand spécialiste de la musique sud-africaine 80s et 90s, sa sélection unique de bubblegum, shangaan disco, afro synth et autre kwaito sont devenus emblématiques. Découvrez-le le samedi 12 mai au Panic Room, où ses bacs de disques sud-africains seront à vendre pendant la soirée en provenance directe du shop Afrosynth Records à Joburg. En coulisses avant la rencontre au sommet entre deux maîtres du digging.

La plus grande fierté de ta carrière ?

Le plus important pour moi, c’est d’être capable d’en vivre et d’avoir gagné le respect des anciennes générations d’artistes Sud-Africains. C’est de cette manière que je contribue de manière positive.

À cause des problèmes politiques de l’époque, la grande majorité de leur musique n’a jamais dépassé les frontières de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, la plupart ont été oublié. Du coup, de plus en plus, j’ai le sentiment que ma « carrière » n’est pas réellement à propos de moi, de mes réalisations, de mon ego ou de ma marque mais bien au contraire, le seul but est de préserver leur héritage et de créer de nouvelles opportunités pour ces artistes.

Ton premier disque ?

Je ne me suis mis à collectionner des disques qu’à l’âge adulte, au moment où j’ai commencé à mixer. Quand j’étais enfant, j’avais surtout des cassettes et des CDs et le premier album que j’ai acheté c’est Roxette – « Joyride », je devais avoir 8 ans !

Ton disque le plus précieux ?

Je n’ai jamais dépensé beaucoup d’argent pour un disque. Les disques qui ont la plus grande valeur pour moi sont ceux qui ont été dédicacé par des artistes qui nous ont quitté depuis comme Ray Phiri et Hugh Masekela. Ils représentent énormément pour moi.

Un rituel avant de monter sur scène ?

Je ne suis pas superstitieux. Je fais juste le vide dans ma tête et je pense aux premiers morceaux que je vais jouer.

Quel artiste aurais-tu adorer voir en live ?

James Brown, Fela Kuti, Brenda Fassie, Prince, David Bowie, Talking Heads.

Avec quel artiste aimerais-tu partager un repas ?

Avec Kanye West, comme ça on pourrait discuter de l’esclavagisme et de Donal Trump pour mettre les choses au clair !

Ton pire « Random memories » de soirée ?

Heureusement, je n’ai pas vraiment de mauvais souvenir de soirées. Certaines étaient plus réussies que d’autres mais au fil des années j’ai développé une certaine résistance aux réactions négatives des gens. À tel point que j’apprécie presque quand quelqu’un me demande de jouer du Sean Paul !

Par exemple, la dernière fois que j’ai joué à Paris, une jeune fille à la moue désabusée n’arrêtait pas de me demander de jouer « quelque chose de dansant » littéralement une vingtaine de fois (alors que le dancefloor était rempli) ! Finalement, j’ai préféré en rire ! Drugs are bad.

Qu’est ce que tu sais faire de mieux en-dehors de la musique ?

La cuisine ! J’ai voulu être chef il y a quelques années.

3 morceaux qui ne quitteront jamais ton DJ Bag ou ta clé ?

Ntombi Ndaba – ‘Tomorrow’

Volcano ‘Vanonyana Lava’

Sea Bee ‘Home Boy’

J’aime tellement ces morceaux que je les ressors en vinyle sur mon label Afrosynth Records !

Qu’aurais-tu fait si tu n’avais pas fait de la musique ?

Gagner de l’argent 😉

Quelle est ta passion inavouable ?

Un petit pétard au réveil…

Ton plat favori ?

Le barbecue Coréen.

Un morceau que tu adores mais que tu ne joues jamais et pourquoi ?

Il y en a tellement… Par exemple la cover par Ntombi’s Ndaba’s cover de Joan Armatrading’s ‘Weakness In Me’. C’est une ballade sirupeuse mais je l’adore.

Ton instrument préféré ?

Je ne suis ni musicien ni producteur, mais quand j’écoute des disques ou quand je mixe, je suis toujours attiré par les sonorités des vieux synthés qui étaient monnaie courante dans la musique sud-africaine des 80’s, comme le Yamaha DX7. Si on devait me forcer à jouer de quelque chose je prendrais une guitare ou une basse, mais le résultat ne serait pas terrible.

Un endroit complètement insolite où tu rêverais de jouer ?

J’ai eu la chance de faire pas mal de lieux insolites et d’endroits de rêve : des plages, des boats parties, des coffeeshops… et j’ai pu jouer dans des villes où je n’aurais jamais imaginé mettre les pieds un jour, comme Beijing ou Moscou ! Le monde est en train de s’ouvrir mais localement c’est beaucoup plus difficile… donc j’adorerais pouvoir jouer davantage en Afrique du Sud, hors de Joburg ou de Cape Town, pour ramener cette « vieille » musique et sa culture aux locaux, et pas seulement aux clubbers mais plutôt à l’ancienne génération. À des enfants, des handicapés et pourquoi pas des prisonniers, tout le monde en gros !

Une anecdote « Dure Vie » à nous raconter ?

À Berlin, en 2017, je faisais partie d’un groupe de DJs qui avait été invités dans le cadre d’une soirée dédiée à la musique sud-africaine. Un videur raciste, le premier jour de son embauche, a refusé l’entrée à un de nos amis (un sud-africain qui vivait à Berlin) parce que ce dernier était noir en prétextant que la soirée était uniquement sur invitation. Une situation inimaginable : un africain refoulé d’une soirée africaine parce qu’il est africain ! Heureusement, le videur a été viré le lendemain.

Ton livre de chevet ?

La biographie de Grace Jones et celle de la chanteuse sud-africaine PJ Powers (chanteuse du groupe Hotline).

Un morceau improbable que tu écoutes en cachette ?

Je n’ai pas honte. La grande partie de la musique que je joue est funny et cheesy, j’aime avoir le sens de l’humour et faire sourire le public. En revanche, quand l’ambiance s’y prête et que je suis seul à la maison ou à ma boutique, les jours calmes, je passe des trucs comme Journey, Simply Red, Foreigner, New Edition, Michael Bolton, Phil Collins ou même Christopher Cross !

DJ Okapi : SiteFacebook / Soundcloud

Samedi 12 maiTropicool Nightclub : Dusty Fingers invite DJ Okapi