Fondateur du label MORD Records, icône de la scène techno Rotterdamoise et véritable dénicheur de talents, Bas Mooy est l’un de ces artistes discrets et pourtant terriblement efficace. Avec plus de 60 releases en seulement cinq ans d’activité, son label est certainement l’un des plus prolifiques du milieu. De UVB à Ansome en passant par Radial, nombreux sont les producteurs qui ont fait leurs armes chez Bas Mooy. Il se produira à L’Ostra (Nancy) le 31 octobre, afin de célébrer les 5 ans du label.

La plus grande fierté de ta vie ?

C’est probablement très cliché, mais lorsque je regarde mes enfants grandir, je ressens un grand sentiment de fierté. Professionnellement, je suis plutôt fier de la croissance que connaît mon label et plus particulièrement de l’influence qu’il a sur la carrière et la vie des artistes signés.

Ton livre de chevet ?

Blauwe Maandagen‘ d’Arnon Grunberg. En réalité, ça a toujours été mon livre favori. Je l’ai déjà lu plein de fois et ça m’arrive encore de lire quelques pages par-ci par-là, avec nostalgie… Ça me rappelle à quel point ce roman m’a bouleversé la première fois que je l’ai lu !

Un morceau improbable que tu écoutes en cachette ?

Il y a une tonne de morceaux que j’aime, et que d’autres trouveraient certainement ringards. Comme certains sons italo des années 80 par exemple… (Rires) Mais en prenant de l’âge, tu te rends compte que la seule personne que tu te dois de satisfaire, c’est toi-même. Il ne faut jamais avoir honte de ses propres goûts.

Avec quel artiste/personne publique aimerais-tu partager un repas ?

J’inviterais très certainement un comédien, ce sont de très bon storytellers. Pourquoi pas Ricky Gervais ? Je suis sûr qu’il aurait plein d’anecdotes à raconter à table ! (Rires)

Une blague pas drôle que tu peux raconter ?

Pas vraiment. Ça me met toujours mal à l’aise les gens qui disent : « j’ai une blague » et essayent de capter l’attention. Généralement, c’est le rôle des oncles un peu lourds pendant les repas de famille ou les mariages. Bon ok, je vais passer pour le rabat-joie de service maintenant !

Plutôt concert ou clubbing ?

J’étais plutôt concert avant. J’ai d’ailleurs vu des légendes ! Un concert de 4h des Cure, qui dit mieux ? Mon premier concert, c’était MC Hammer, j’avais 10 ans, peut-être 11. C’était grandiose, forcément. Je fréquentais pas mal les concerts punk, j’ai également eu ma période hip-hop puis est venu l’âge de sortir en club pour écouter de la techno.

Aujourd’hui, je joue quasiment tous les week-ends et quand je ne joue pas j’en profite pour passer un peu de temps avec ma famille et mes amis. Les rares fois où j’ai des week-ends de libre et que je décide de sortir, ça finit toujours en un gros bordel et une gueule de bois d’enfer… Même si ces derniers temps j’essaye de me préserver de mes démons.

Ce que tu sais faire de mieux hors de la musique ?

J’ai toujours cru en mes capacités rédactionnelles et devenir écrivain m’a souvent traversé l’esprit. Mais j’ai fini musicien !

3 morceaux qui ne quitteront jamais ton DJ Bag ?

Speedy J – Pannik

Jamie Bissmire – Number & Measure (Chris McCormack remix)

Johannes Heil – Paranoid Dancer

Tu aurais fait quoi si tu n’avais pas fait de la musique ?

À vrai dire, je n’en sais rien. Pour être franc, je n’ai jamais vraiment établi de plan de carrière. J’ai fait deux années de droit et quatre années d’histoire à la fac, mais j’ai tout abandonné. De toute façon, je ne me verrais pas être avocat aujourd’hui ! Je me serais plus imaginé dans un domaine créatif. Comme je l’ai dit précédemment, je voulais être écrivain mais c’est chaud de réussir dans ce métier.

As tu déjà profité de ta position d’artiste en soirée ?

Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai payé mon entrée à une soirée… Être sur guestlist, c’est un avantage j’imagine, non ? Même si pour tout avouer, je suis toujours gêné de ce qu’on me donne juste sous prétexte que je suis un « artiste ». Par contre, j’accepte toujours les verres que l’on m’offre mais ça, c’est autre chose ! (Rires)

Si tu devais te réincarner en animal ?

Un dragon, ce serait pas mal. Voler à ailes déployées et cracher du feu un peu partout… mais j’imagine qu’il faut que ça soit un animal existant, n’est-ce pas ? Alors peut-être un lion ! En même temps, je préfère choisir un prédateur qui ne se fait pas manger par les autres.

Le vinyle le plus cher en ta possession ?

J’ai commencé ma collection de disques pendant mes années lycée et même si j’ai toujours dépensé pas mal de blé là-dedans, je n’achetais jamais les trucs les plus chers. J’adorais parcourir les bacs poussiéreux et dévaliser les shops d’occasions. Les vinyles les plus chers jamais eus en ma possession étaient certainement des Curley Records que j’avais acheté lors d’une teuf illégale dans les années 2000. J’en avais acheté 5 pour 25 euros ou un truc du genre et j’en ai revendu deux quelques années plus tard pour quelque chose comme 150 euros pièce. Et pourtant, ils étaient loin d’être comme neuf !

Ton premier vinyle ?

Le premier disque que j’ai acheté c’était un album de Madonna quand j’avais 8 ou 9 ans. J’adorais ! Et le premier maxi c’était A-ha – Take On Me, que ma grand-mère m’avait offert à Noël. En revanche, le premier skeud techno que j’ai acheté, je n’en ai pas le souvenir exact… Mais Reality to Midi de Johannes Heil en faisait partie ! D’ailleurs, je suis encore aujourd’hui un grand fan de cet album. Je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu les vocals ‘I loved to beat you cause I hate you‘ dans un hangar désaffecté !

Mercredi 31 octobre (L’Ostra Club, Nancy) : Mord Records Night- Bas Mooy, Delta Funktionen, Sleeparchive

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