Les 6 et 7 octobre 2020, les Etats Généraux des structures culturelles et des médias indépendants se sont enfin tenus à Lyon. Retour sur le point d’orgue d’un mouvement solidaire lancé dès la mi-mars et rejoint depuis par plus de 1600 acteurs. 

Rappel. Face à la crise, plus de 1600 structures indépendantes françaises et européennes issues du secteur culture, de la musique et des médias avaient rejoint dès le mois de mai L’Appel des Indépendants, lancé par le festival de musique Nuits Sonores à la mi-mars. Dans les objectifs, cet écosystème a pour but de fédérer son tissu indépendant, construire une « co-construction intersectorielle » , et « revendiquer une remise à plat des politiques publiques européennes » face à un futur encore très incertain. 

Cette réflexion commune les a conduit à organiser des Etats Généraux partout en France entre juin et octobre, conclus par ceux organisés les 6 et 7 octobre dernier à Lyon. Parmi ces 1600 entités, 150 délégué·e·s de 25 villes issu·e·s des secteurs de la musique, de l’édition, du cinéma, des médias, du spectacle vivant, des arts visuels et numériques, des tiers-lieux culturels et de la technique et logistique se sont ainsi réuni·e·s pendant deux jours et sur une douzaine d’ateliers dans plusieurs lieux de Lyon, pour « travailler collectivement à une vision alternative des politiques culturelles en France« , explique le communiqué. 

L’urgence du présent 

Durant ce rassemblement (dans le strict respect des règles sanitaires), 5 thématiques transversales et actuelles ont été abordées : les responsabilités sociales et environnementales, les financements, les enjeux de coopération, mais aussi d’outillage et de captation, et la question de la médiation et du plaidoyer, envisagées dans une perspective commune. Un seul objectif : cap sur l’avenir.

© Laurie Diaz

« Nos structures, nos médias, nos lieux et nos projets – dont nombre étaient déjà fragiles avant la crise du Covid – ont aujourd’hui un genou à terre.« , explique le communiqué des Etats Généraux, qui insiste une nouvelle fois sur la nécessité de faire du cas par cas. « Notre indépendance, c’est aussi nos interdépendances : lorsque l’une de nos structures trébuche, nombre d’autres sont en difficulté. L’urgence, c’est donc de ne pas tomber dans un angle mort des plans de soutien et de relance.« , sonnent-ils. 

« Nous avons posé un acte fondateur : aujourd’hui, tout commence. »

Dans le futur, les Etats Généraux prévoient notamment la publication d’un manifeste commun entre ces 1600+ structures culturelles, prévu pour le 10 novembre prochain. Car au-delà de vouloir trouver sa place dans les plans de relance, tout le secteur espère « redonner de la puissance d’action aux politiques publiques de la culture » et « redéfinir les enjeux de l’époque » face à une crise sanitaire partie pour durer encore plusieurs mois. 

L’enjeu sera aussi de se recentrer sur « le réel, la jeunesse, et les territoires« , pour consolider « des engagements historiques de la culture pour la société tout entière« , privée des clubs et des festivals depuis près de 7 mois. 

Retrouvez le communiqué complet sur le site des Etats Généraux