traumer

À l’occasion de la première soirée Eclosion organisée à la team du Marvellous Island le 17 octobre au Docks de Paris, Traumer à répondu à VOS questions ! Chez Dure Vie, on aime bien transformer nos lecteurs en journalistes, le temps d’une interview. Démonstration. 

Dure Vie : Dans tes clips (« Kiraf » et « Innocent ») on retrouve souvent une vision du monde un peu morose et passive avec à chaque fois un personnage principal assez lambda. Que cherches-tu à exprimer? Est-ce en lien avec ton nom (Traumer qui signifie rêveur en allemand) ?

Traumer : Pour explication parfaite, il faudrait demander aux auteurs des deux clips, qui seront plus à même de vous exposer leur idée. Ce sont ceux qui sont à l’origine de ce « concept », auquel j’ai de suite adhéré. Ce que je peux dire, c’est que je déteste l’idée du clip « stratification », cette idée classique du clip vidéo mettant en avant une personne, une entité, souvent au service de l’artiste. J’ai adoré leur idée « d’anti-clip » dans un sens, qui se rapproche d’ailleurs plus du court-métrage.

J’aimais bien aussi l’idée que la musique soit le propos secondaire du film, qu’elle soit au service de l’image et non l’inverse.

Pour revenir aux personnages des vidéos, oui il y a de ça aussi, essayer de retranscrire cette naïveté dont je fais part dans la vie.

DV : Qu’est ce qui te fait vibrer dans le mouvement techno ? 

Traumer : La dimension qu’il prend, surtout chez les spectateurs, qui sont de plus en plus aguerris et de plus en plus enthousiaste. J’adore l’énergie globale que dégage ce mouvement de façon générale.

DV : Quel est ton meilleur souvenir de l’année 2015 ?

Traumer : Vraiment difficile de répondre, je ne saurais en citer un. Ce que je peux dire c’est que durant toute année les choses ont super bien évolué, je suis super heureux de ça. Et d’ailleurs, l’année n’est pas finie, peut être que le meilleur souvenir est à venir non ?

DV : Comment s’est créé ton projet Mod3rn, et qu’est-ce que ça t’apporte? 

Traumer : Mod3rn est purement une initiative amicale, fondé sur l’amitié de trois copains. Une volonté de partager des moments à trois, de se voir plus souvent (on n’habite pas les mêmes villes) grâce au gis par exemple. Une sorte d’évidence s’est exposée à nous : nous devions faire ce projet tous les trois. Pour l’anecdote, je me rappelle du jour où nous avons trouvé le nom. Nous jouions tous les trois sur une même soirée, l’idée de faire un projet à trois avait déjà germé, nous cherchions le nom. Nous étions dans un Hyppopotamus ou restaurant du même genre, et nous avions trouvé le nom en discutant au bout de 3 minutes, Antoine (Electric Rescue) a tout de suite proposé « Modern », puis on a décidé de remplacer le « E » par un « 3 ». Ça semblait évidant.

DV : Pourquoi ne voit on pas plus Mod3rn tourner?

Traumer : Il est beaucoup plus difficile de faire jouer un trio qu’un projet avec une seule personne. Les coûts sont triples forcément, ce n’est pas facile pour les promoteurs, surtout que mod3rn reste un projet récent. Ajouté à cela, le fait que l’on a tous les trois une carrière solo, parfois avec plusieurs alias, le calendrier est vite rempli, et trouver une disponibilité commune sur les calendriers de chacun n’est pas facile. Il y a aussi l’aspect logistique qui peut contraindre, il nous faut énormément de place pour notre live, et toutes les infrastructures ne sont pas adaptées dans les clubs notamment. Mais des dates sont à venir, et ce n’est pas fini !

DV : Comment fais-tu pour tenir autant d’alias alors que certains se défoncent pour en tenir un seul ?

Traumer : Ce n’est pas facile forcément, ça impose une gymnastique mentale assez spéciale : la schizophrénie contrôlée. Ca implique un rythme de travail très très élevé aussi, ne laissant que peu de place aux plaisirs annexes, mais en même temps mon plaisir passe par la musique donc ca ne me gêne pas. Tu ajoutes peu de sommeil et voilà tu y arrives !

DV : Comment as-tu fais pour apprendre tout le processus de ‘sound design’ seul, à un si jeune âge ?

Traumer : Honnêtement, je ne pense pas savoir grand chose techniquement. Je suis assez un idiot sur ce point, ça ne préoccupe pas tant que ça. Je suis plus focalisé sur l’idée, la vibe que tu peux transmettre au travers d’une musique. J’ai forcément acquis de minces connaissances techniques au fil du temps, de façon empirique…

DV [Question par Electric Rescue] : Pourquoi te balades tu toujours avec un tableau blanc et un feutre Velleda ?

Traumer : À défaut de savoir parler correctement, je m’exprime au travers de schémas, courbes et graphiques en tout genre pour un meilleur développement de mon propos !

DV : Quel est dans ta discographie ton morceau préféré ?

Traumer : Celui que je ferai le lendemain.

DV : Il y a t’il selon toi des musiques inécoutables ?

Traumer : Objectivement : aucune. Subjectivement : quelques une oui

DV : Il y a t’il des causes que tu défends ? 

Traumer : Les chats !

DV : Quel type de technique de mix t’impressionne particulièrement ?

Traumer : J’adore comment mixent certains DJ’s, comme Derrick May, Jeff Mills et bien d’autres. En soi je suis plus du genre : « mixe mal de bons disques, plutôt que mixe bien des mauvais disques chiants ».

Merci à nos lecteurs Maxence Le Jeune, Théo Mercadier, Kian Gasté, ainsi qu’à nos rédacteurs Baptiste et Sanche, avec une spéciale pour Monsieur Electric Rescue (oui oui !) pour avoir participé à cette interview communautaire !