Daniel Wang est sans contestation une des figures les plus influentes de la dance music de ces vingt dernières années. En 1993, l’EP « Look Ma No Drum Machine », directement signé sur son propre label Balihu Records, dessine le futur magicien du « real » disco. Avant de le retrouver le 15 avril pour la quatrième étape de notre anniversaire au YOYO, retrospective sur le parcours de cet esthète nostalgique !

Natif d’Oakland en Californie, Daniel Wang s’immerge dans les classiques disco lors de ses années universitaires à New-York, où il assiste aux sets du légendaire architecte Frankie Knuckles de Chicago et Tee ScottFrancois KevorkianDavid Krivit et David Depino à Manhattan. Il fonde son label Balihu Records, référence audacieuse au terme anglais « ballyhoo » qui traduit ironiquement le fait de faire du bruit pour rien : blague implicite et subtile à la house des années 90 qui semblait alors empreinte d’un peu trop de sérieux. D’où le non-sens.

Cette vie nocturne, emplie d’un parfum de contre culture et d’une dévotion sans failles à la musique, va de paire avec son travail, durant cinq années, en tant que vendeur dans un magasin de synthétiseurs. La porte ouverte à un apprentissage condensé et riche de la pratique musicale sous toutes ses formes, notamment aux côtés de Randy Muller (du groupe new-yorkais soul/funk/disco Brass Construction aujourd’hui dissous) et Robert Aaron (le saxophoniste d’un des albums de David Bowie). Les productions à base de loops s’enrichissent d’un travail sur les arrangements originaux et s’imprègnent de nouvelles textures instrumentales, témoins de son admiration pour le passé étincelant du disco… Déjà enfant, Daniel Wang regardait le TV show Dance Fever, écoutait Diana Ross et Patrice Rushen, et étalait sa palette d’écoute musicale des 70’s jusqu’à la fin des 80’s.

C’est ensuite l’aventure berlinoise, à l’aube du nouveau millénaire, qui achève une nouvelle étape dans sa vision de la musique. La capitale allemande, plus humble, plus modeste, moins effervescente et dépensière que New-York, apparaît comme le berceau où il pourra trouver les valeurs d’égalité et d’ouverture qu’il a toujours prôné. Sa rencontre avec Morgan Geist est déterminante : quatre EPs naissent de leur collaboration sur Environ Records, dont « The Mechanichal Birds » qui explore une facette plus tranchée et plus moderne du disco, « Silver Trophies » qui fait résonner la profondeur de l’acid house et les boîtes à rythmes, alors qu’enfin « Nocturnes » semble à lui seul réunir triomphalement ces deux formules.

Fort d’une expérience longuement travaillée, Daniel Wang fait voyager ses sonorités en Europe et jusqu’au Japon, où il bâtit peu à peu les pierres qui vont construire sa réputation en tant qu’un des dj les plus fins et les plus habiles du monde. Un cocktail savamment travaillé entre disco, funk, soul et house, classiques et nouveautés, qui rend ses sets uniques, emplis de musicalité, où chaque auditeur y ressent un sentiment de plénitude et d’euphorie communicatif. Londres, Paris, Shanghai, Helsinki, Dublin, São Paulo… la fièvre Wang gagne le monde ! Sa philosophie : « Stop talking, enjoy the music ».

En 2009, le célèbre label hollandais Rush Hour édite « The Best of Balihu : 1993-2008 » : une sortie qui révèle tout le charme et la maîtrise de sa production, et dont les résonances courent encore aujourd’hui jusqu’aux oreilles averties. Plus récemment, deux mix en format CD, sortis sur West End Records et Salsoul Records, rassemblent nombre de pépites sélectionnées avec minutie par l’expert. On vous laisse en juger avec ce mix sur RTS FM, avant de retrouver la magie de Daniel Wang le 15 avril prochain au YOYO.

Dure Vie 4 Years • DISCO DISCO • DJ Pierre · Horse Meat Disco · Daniel Wang · Baastel

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