Depuis la semaine dernière, le pionnier de la techno de Détroit, Derrick May, est accusé de plusieurs affaires d’agressions sexuelles. Suite au communiqué viral de son ancien collaborateur Michael James qui aurait regroupé près de 30 témoignages, Derrick May et son avocat ont à leur tour pris la parole. 

Après l’affaire du DJ et producteur Erick Morillo, accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles et retrouvé mort le 1er septembre dernier dans son appartement juste avant son passage devant la justice, c’est l’un des pionniers de la techno de Détroit, Derrick May, qui se trouve à son tour dans le viseur. 

C’est Michael James, également originaire de Détroit et ex-collaborateur du DJ et producteur, qui l’a dénoncé via plusieurs publications sur son compte Facebook depuis la fin de semaine dernière. Il l’accuse de « violer et d’agresser sexuellement des femmes depuis les années 80 », en s’appuyant sur une trentaine de témoignages qu’il aurait regroupé depuis plusieurs années. « De la même manière qu’Erick Morillo aurait fait une centaine de victimes présumées depuis les années 1990, Derrick May a des histoires du même style venant des quatre coins du monde. », explique-t-il. Ces dernières années, Michael James aurait déjà plusieurs fois porté plainte contre l’artiste et alerté l’industrie musicale – classées sans suite jusqu’à cette semaine où sa prise de parole est devenu virale. 

Selon Michael James, le sombre mode opératoire de Derrick May resterait le même. « Voilà ce que je peux vous dire avec certitude : pour chaque endroit où Derrick May a été booké, quelqu’un a eu une raison de se plaindre de son inconduite sexuelle […] Derrick May aurait développé un schéma qui consisterait à faire l’usage de drogues contre le gré des femmes qu’il prévoyait de violer. Dans le cas de Morillo, sa drogue de choix était la kétamine. On m’a dit que May avait utilisé quelque chose du même genre. », poursuit-il sur Facebook. Le 25 décembre dernier, en guise de « cadeau de Noël », Michael James avait même changé sa photo de couverture avec les mentions #MeToo, « prédateur sexuel», « voleur » ou encore « menteur pathologique». 

« Des déclarations diffamatoires » selon Derrick May et son avocat

Suite à ces publications, l’avocat de Derrick May n’aura pas tardé à réagir en incriminant Michael James de « menteur ». Selon lui, l’objet du litige serait un règlement de compte entre Derrick May et Michael James, qui lui reprocherait de ne pas l’avoir crédité pour son célèbre titre Strings of Life, dont il aurait composé la partie instrumentale. D’abord, c’est Derrick May qui réagit à son tour en postant un premier message sur Facebook : « La jalousie engendre la haine, la haine engendre la colère, la colère engendre les mensonges, les mensonges engendrent l’imbécile qui serait si imprudent de tous les utiliser comme des outils pour parvenir à ses fins ! ».

Quelques heures plus tard, Derrick May publie une seconde fois avec la mention « communiqué officiel » signée de son avocat. « Ces déclarations sont manifestement fausses, diffamatoires et calculées pour ruiner la carrière professionnelle de Derrick May.», écrivent-il. « Derrick May ne se drogue pas et ne s’est jamais drogué, et n’aurait jamais eu de relations sexuelles non désirées avec qui que ce soit. » Pour les deux parties, Michael James serait uniquement « motivé par une prise de bec sur les royalties », et aurait eu recours à la diffamation « plutôt que de discuter de l’affaire comme un adulte. »

Depuis ces accusations, Derrick May a été retiré de la programmation des conférences de la Paris Electronic Week, qui se tiendra les 24 et 25 septembre 2020 à La Gaîté Lyrique. Cette affaire intervient également alors que l’opération #MusicToo, lancée sur Instagram dans l’été, recueille de nombreux témoignages de violences sexistes et sexuelles dans le monde de la musique jusqu’au 30 septembre.