La chanteuse et productrice DeLaurentis s’est entourée d’un quatuor à cordes pour interpréter son nouveau titre, ‘Life’, dans l’historique salle parisienne (vide) Pleyel. Dans un texte qui accompagne le clip, elle rend hommage aux salles privées de leur public. 

« Life« . L’artiste toulousaine DeLaurentis, alias Cécile Léogé, a emmené son nouveau titre électro-pop dans l’historique Salle Pleyel, à Paris, toujours privée de son public depuis le début de la crise sanitaire en mars dernier.

L’équipe de la salle lui en a confié les clés dans le but commun de rendre hommage aux salles françaises et de mettre en musique le manque de live et de public. « L’émotion est essentielle, le public est essentiel, les salles de spectacle, les techniciens et les artistes sont essentiels.« , explique la productrice dans un texte à découvrir à la fin de l’article. 

Celle qui s’est toujours inspiré de producteurs à la fois électronique et cinématographique comme Max Richter, Ruychi Sakamoto ou encore Brian Eno s’est entouré d’un quatuor à cordes pour offrir une version électro-classique du titre et réveiller cette salle mythique à l’heure où aucune date de réouverture n’a été fixée pour les lieux culturels en France

Découvrez ci-dessous la vidéo tournée à la Salle Pleyel, et la tribune que la productrice DeLaurentis a écrit à propos de cette séquence.

« La scène nous manque »

L’émotion est essentielle, le public est essentiel, les salles de spectacle, les techniciens et les artistes sont essentiels. 

Le mystère d’une scène qui s’éclaire, d’un rideau qui s’ouvre, de la première note qui va être jouée, ce moment de vérité suspendu où pendant trois minutes, une heure ou une soirée on va être ensemble, les uns avec les autres dans une émotion commune et vivre cette magie

« ici et maintenant ».

En tant qu’artiste, je passe beaucoup de temps en solitaire dans mon home studio à écrire, composer, enregistrer mes chansons et pendant ce long processus de travail et d’exploration, je suis déjà en train de penser au moment où je vais partager et interpréter ma musique sur scène avec le public. 

Dès les premiers mots et les premières notes d’une chanson, j’imagine déjà le moment où je vais plonger mes yeux dans les yeux de cet inconnu au premier rang, lui livrer ce que j’ai de plus intime et peut-être sentir l’émotion que ça lui procure. 

Je rêve de la première fois où j’interprèterai en live mes nouvelles compositions, l’écho de ma voix dans la salle, les réactions du public et puis juste le silence qui s’installe respectueusement au début d’un morceau.

La scène c’est la récompense, l’aboutissement de ce long travail introspectif.

Toulousaine d’origine et bercée dès ma plus tendre enfance par la voix de Claude Nougaro, je pense souvent à ses mots :

« Les chansons sont faites pour être chantées, j’ai la chance de les respirer, de les émettre et également le bonheur parfois qu’elles atteignent mon semblable, qu’il se reconnaisse dans le miroir que je lui tends. »

Après deux années de création en solitaire, me voilà prête à sortir mon premier album, un album concept autour du personnage « Unica » qui représente mon double, ma sœur numérique, celle qui me donne confiance, apporte stabilité et force mathématique à la sensibilité fragile qui me définit en tant qu’humaine.

Le premier extrait de cet album s’intitule « Life ». Il est sorti il y a quelques semaines et, dans un monde normal, j’aurais dû le présenter sur scène. Malheureusement la situation actuelle engendrée par la crise sanitaire et les mesures barrières qui en découlent nous privent de ces moments essentiels où l’artiste rencontre son public en live.

Lorsque j’ai appris que la Salle Pleyel m’ouvrirait exceptionnellement ses portes, j’ai alors appelé mes amis musiciens à cordes pour interpréter ensemble une version electro-classique de « Life ». 

Dans les paroles de cette chanson que j’ai écrite avec Dan Black, j’imagine une personne seule dans une salle de cinéma, avec une télécommande qui regarde le film de sa propre vie en décidant d’arrêter, revenir en arrière ou encore appuyer sur pause selon sa volonté. 

C’est pour cette raison et aussi pour ne pas jouer devant une salle vide que symboliquement nous avons invité une seule et unique spectatrice qui représente l’entité « Unica ». 

A elle toute seule, elle incarne l’émotion qui peut naitre entre le public et les artistes sur scène.

La scène me manque… la scène…ce vecteur incroyable de rêve et de magie indispensable à nos vies… à nos cœurs…

Qui nous permet de nous sentir vivant. 

Qui nous offre la belle expérience d’exister ensemble.

Un immense merci à La Salle Pleyel et toute son équipe de m’avoir offert cette opportunité incroyable d’interpréter ma musique dans ce lieu mythique, chargé d’histoire et dans lequel nous avons pu ressentir le souvenir et l’écho du public.