En six ans, le festival amstellodamois du Dekmantel est toujours resté fidèle à ses premiers amours. Un cadre intimiste au milieu du bois d’Amsterdam, une programmation toujours plus pointue, et une recette gagnante qui se résulte toujours par un sold out bien avant l’événement début août. On décrypte pourquoi.

Il y a six ans, le Dekmantel débute son épopée comme pourrait le faire n’importe quel collectif passionné : via une série d’événements mené par deux amis, Thomas Martojo et Casper Tielrooij qui font à l’époque le constat que la scène d’Amsterdam est dominée par une vague minimale techno qui manque à se renouveler. Avec un troisième acteur, Matthijs Theben Terville, le festival prend peu à peu de l’ampleur jusqu’à devenir le rendez-vous incontournable tel qu’on le connaît aujourd’hui, via un label et un autre festival alternatif, le Lente Kabinet.

Ce qui fait la force du festival, c’est incontournablement son sens du détail. Excepté les agoraphobes qui pourront se plaindre de l’affluence sur son site, le Dekmantel fait figure d’exemplarité : un soundsystem taillé en conséquence, de la fluidité à l’entrée, sur ses scènes et aux bars, un line-up de plus en plus pointu et où les plus grands artistes internationaux s’y retrouvent toujours, des séquences incontournables sur la scène Boiler Room… L’osmose, en somme. Depuis six ans, le festival affiche complet à chaque édition et la seule chose qui semble changer est le temps de plus en plus restreint avant d’être complètement sold out. Cette année, ça s’est joué à quelques jours après le lancement et de nombreuses âmes sont encore en quête d’un billet alors que le festival n’a lieu qu’à la début août prochain. 3170 billets recherchés à l’heure de rédaction de cet article.

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Et ce n’est pourtant pas une raison pour que le festival cède à augmenter la taille ou l’affluence de son ambiance intimiste au cœur du bois d’Asmterdam. Rares sont les grands festivals dont l’esprit ne change pas au fil des années et dont l’aspect convivial reste le même. Son organisation, elle, s’améliore constamment : de nouveaux concerts le mercredi et le jeudi, des partenariats solides avec la Red Light Radio et Boiler Room, une quatrième scène dans l’immense serre en verre de la Greenhouse et les scènes UFO et Selector qui donneront naissance à son petit frère, le Dekmantel Selectors en Croatie. Pour 2018, le festival voit encore plus grand en ajoutant une deuxième UFO stage avec des performances encore plus obscures et expérimentales.

Mais le cœur intrinsèque du festival, c’est avant tout son spectre musical si large jusqu’à brasser toutes les franges de la musique électronique (et bien plus). Depuis le premier jour, le Dekmantel a fait le pari de mêler autant des légendes de Détroit que de rares performances d’Amérique du Sud, de l’italo disco jusqu’à de la musique ambient. Pionniers, légendes, talents émergents, vieux, jeunes, nouveaux, expérimentés : si vous allez au Dekmantel, vous serez sûrs de toujours y trouver votre compte.

« We believe that music can be visionary and inspiring, rebellious and radical but above all, we believe that music can be an adventure. »

« Pour nous, l’une des choses les plus excitantes dans l’organisation d’un festival c’est et ce sera toujours la découverte musicale. » Des artistes comme Tangerine Dream, Terry Riley (qui reviendra jouer avec son fils en 2018), Steve Reich ou Thundercat se sont tous produits à côté d’artistes réguliers comme MCDE, Ben UFO, Joy O, Nina Kraviz, Juju & Jordash, Jeff Mills et Robert Hood. Le festival a aussi mis en lumière des artistes aujourd’hui largement reconnus sur la scène internationale comme Palms Trax, Helena Hauff ou Lena Wilikens. Et la programmation complète de l’édition 2018 ne fait évidemment pas ombre au tableau.

Festivaliers en quête de dépaysement total à seulement quelques heures en train ou en car de Paris, le Dekmantel Festival réunit toutes les conditions pour peut-être ne se contenter que d’un seul festival dans l’été. Rien n’est laissé au hasard : le cadre idyllique, une programmation qui ravira tous les vrais amoureux de musique, et pourquoi pas un détour par la case centre-ville d’Amsterdam pour divaguer le long de la Venise du Nord. Une fois qu’on y va, on y revient souvent à la charge. Rendez-vous du 1er au 5 août prochains.

Crédit photos : Yannick van de Wijngaert

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