Hier, Dehors Brut et le Collectif Action Nuit (CAN) ont publié un communiqué intitulé « Ectasy : les professionnels de la nuit demandent la mise en place par l’État de mesures préventives s’agissant d’un sujet de santé publique grave« , 4 jours après le décès tragique d’un jeune homme de 21 ans, survenu après la consommation de ce type de stupéfiant. 

« Depuis le début de l’été, dirigeantes et dirigeants d’établissements de nuit, organisateurs-trices de soirées et associations ont constaté avec effroi la recrudescence de consommation de produits stupéfiants particulièrement dangereux.« , commence le communiqué. En décembre 2017, 3 personnes avaient été hospitalisées après une surdose de GHB à Nuits Fauves, entraînant la fermeture du club pendant plusieurs mois. En mars 2019, c’est lors d’une soirée privée à Petit Bain qu’un jeune trouvait la mort en consommant un mélange de stupéfiants, alcool, et après avoir géré du GBL (également appelé « drogue du violeur ») dans ce qu’il pensait être une bouteille d’eau trouvée dans le club. Dans la nuit de samedi dernier, un jeune de 21 ans succombait à nouveau d’une overdose après avoir ingéré plusieurs cachets d’ectasy… Sans, peut-être, en connaître les risques. 

« Ceux-ci sont particulièrement nocifs et provoquent des réactions graves, amenant souvent l’hospitalisation des consommateurs-trices, voire pire. Communément appelés « ectasys », des produits largement surdosés circulent ces dernières semaines en France, laissant présager une arrivée de produits asiatiques transformés et également surdosés appelés « ectasy chinois », poursuit le communiqué. Depuis quelques mois en effet, un dangereux dérivé de la MDMA, le « N-Ethylnorpentylone », avait été signalé sur le circuit festivalier international. Vendu sous forme de poudre, cristal, capsule ou cachets, les effets seraient 3 fois plus fort que la MDMA, et a déjà causé la mort de 125 personnes (probables ou total) liés à la consommation de cette substance, selon un rapport publié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Face à ce fléau, Dehors Brut et l’ensemble du collège du Collectif Action Nuit (CAN) en appellent à une réaction immédiate des pouvoirs publics. « Si notre devoir est évidemment d’alerter le public potentiellement touché par par ce genre de désastre, c’est avant tout à l’Etat de traiter et de mettre en oeuvre des actions concrètes afin de l’éradiquer au plus vite. », poursuit le communiqué. « Il s’agit d’un sujet de santé publique grave. Des jeunes meurent. Nous, professionnels de la nuit, revendiquons une considération de l’Etat à la mesure de l’enjeu, pour éviter de nouvelles tragédies au sein de notre établissement.« 

Les clubs menacés de fermeture 

En mars 2018, le Collectif Action Nuit (CAN) publiait déjà un communiqué adressé aux Ministères de l’Intérieur et de la Santé, face à une réponse souvent catégorique : la fermeture drastique des établissements. « Nous demandons aux pouvoirs publics de l’aide face à une situation que nous ne pouvons gérer seuls. La seule réponse des pouvoirs publics ne peut être la fermeture administrative des établissements. La consommation des drogues, récréatives ou pas, ne se limite pas à nos lieux et pourtant, les fermetures administratives ne s’appliquent qu’aux débits de boisson et lieux festifs, et non pas aux moteurs de recherche qui permettent l’accès à des sites permettant de se faire livrer à domicile GBL, GHB et autres drogues de synthèse.« 

Cinq propositions de mesures urgentes avaient alors été proposées : des « campagnes d’information grand public lors de la circulation avérée de produits toxiques dans une ville, un département, une région« , l’ « organisation d’une table ronde autour de la question incluant les associations de prévention terrain comme Le Kiosque, Enipse, Fêtez Clairs, la MILDECA et les syndicats professionnels« , sur le terrain « la fouille des clients par des agents de sécurité agréés par le Ministère de l’Intérieur« , en marge « un moyen d’analyse des produits pour prévenir en cas de toxicité mortelle » et « un guichet unique de l’administration pour traiter le signalement des cas constatés. » 

À ce jour, le CAN regrette qu’ « aucune n’ait encore été mise en place. » Nous nous joignons aux associations, experts et professionnels de la nuit signataires pour enjoindre tout un chacun à diffuser ce message de prévention, et sensibiliser à l’usage et la prévention des consommations de stupéfiants, alcool, et autres.

Un dossier est en cours de rédaction par l’équipe rédactionnelle de Dure Vie à ce sujet. Prenez soin de vous, et des autres. 

Retrouvez le communiqué complet ci-dessous.