Suite à la mort d’un jeune homme survenue au lendemain d’une soirée, le remplaçant de Concrete, Dehors Brut, est aujourd’hui frappé de plein fouet par une fermeture administrative depuis ce vendredi 6 septembre.

À peine un mois après son ouverture, le nouveau terrain de jeu de l’équipe de Surpr!ze accuse le coup. Dimanche dernier, aux alentours de 5h, un jeune mourait des suites d’une crise cardiaque après sa prise en charge par les secours puis les pompiers. La thèse de la consommation de stupéfiants ayant été confortée suite aux premiers éléments de l’enquête, Dehors Brut est alors monté au créneau pour défendre sa vision de la fête : préventive et responsable.

Hier soir, vendredi 6 septembre, seulement quatre heures avant l’ouverture des portes pour le week-end, la Préfecture de Police de Paris a prononcé une fermeture administrative de 30 jours (selon Trax Magazine) au lieu de 21 initialement, soit la durée maximale pour ce genre de décision. À prise d’effet immédiate, cette fermeture contraint donc Dehors Brut « à annuler tous les évènements programmés » et à ne pas pouvoir faire appel.

Sur les réseaux sociaux, le club fustige l’efficacité de cette décision lourde de conséquences. Par ailleurs, il appelle les hautes instances à la mobilisation contre un fléau quasi incontrôlable pour les entrepreneurs de lieu culturel, qui doivent pourtant en assumer les conséquences : « Il est donc urgent de déployer une approche différente pour que la responsabilité ne repose plus sur les seules épaules des entrepreneurs de lieux culturels que nous sommes et trop souvent démunis face à un problème de santé nationale. »

Suite à l’accident survenu dans la nuit du samedi 31 août et qui nous a bouleversé, la Préfecture de Police de Paris a…

Gepostet von Dehors Brut am Freitag, 6. September 2019

Cet open-air de 5000m2 en plein coeur de Paris faisait suite à la récente fermeture de Concrete qui avait été elle aussi contrainte de fermer, suite à un litige entre les propriétaires et les exploitants. Pour Frédéric Hocquard, conseiller à la Vie Nocturne de la Mairie de Paris et interrogé par le Parisien, « la sanction tape à côté du problème et est disproportionnéeUn jeune homme est mort et c’est très graveMais le préfet se trompe et prend le problème à l’envers : sanctionner un club qui fait beaucoup de choses dans le domaine de la prévention, c’est un mauvais message », estime-t-il, en rappelant que l’endroit « doit être un des seuls clubs en France à avoir une antenne de la protection civile sur place ».

Dehors Brut rappelle en effet que depuis 2011 (avec Concrete, avant), tous leurs événements « ont toujours fait l’objet d’une attention toute particulière à assurer de façon optimale la sécurité de notre public. Nous nous sommes tenus à une obligation de moyens stricte sur toutes nos actions de préventions pour lutter contre l’usage de produits stupéfiants et l’excès d’alcool. De manière générale, nous avons promu des valeurs de respect envers soi et les autres. », rappelant que malgré toutes ces préventions, « on ne peut jamais être protégé totalement de l’accident brutal.« 

Mardi, les professionnels de la nuit, dont Dehors Brut et le Conseil Action Nuit, avaient publié un communiqué officiel pour appeler l’Etat à prendre des mesures préventives sur les risques liés à l’usage de drogues, après la recrudescence d’un ecstasy « chinois » très fort, et qui aurait pu causer la mort du jeune homme (sans aucune confirmation pour l’instant). Face à cette décision, Dehors Brut espère que la situation pourra évoluer, en faisant « appel à la puissance publique, l’Etat, la Mairie de Paris, la Préfecture de Police de Paris, l’Agence Régionale de Santé, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris pour qu’ils nous accompagnent dans la démarche de réduction des risques et lancent à nos côtés une campagne d’ampleur en direction des centaines de milliers de jeunes et d’usagers des établissements festifs.«