Pour les néophytes qui s’y connaissent un peu en musique, ce B2B entre deux diamants bruts du paysage musical d’aujourd’hui a quelque chose de totalement alléchant, explosif, voire futuriste. Veille de Saint Valentin, le flegme anglais et l’élégance française seront de la partie pour notre plus grand plaisir, sans oublier  le charme des italiens de Margot qui viendront quant à eux faire digérer ce plat de grande fête avec leur limoncello.

Daniel Avery
Qui est ce jeune talent de la techno anglaise que l’on retrouve dans tout les webzines, affiches de clubs prisés et bientôt sur les line-up chargés des plus grands rassemblements d’été du monde entier ? Encore dans l’ombre il y a seulement deux ans, Daniel Avery est désormais le producteur le plus créatif de sa génération. Protégé dès ses débuts par Erol Alkan, il s’est forgé doucement mais sûrement une solide réputation au sein de l’écurie Phantasy. Empruntant les chemins du punk, du rock ou même de la new wave, il distille une techno savante, parsemée d’envolées acides, créant ainsi un résultat teinté de psychédélisme qui n’est pas sans rappeler Optimo, Andrew Weatherall ou bien sûr notre cher Ivan Smagghe. Issu d’une culture rock qui nourrit sa musique, il n’hésite pas à remixer des titres de Primal Scream, Django Django ou The Horrors. Dernièrement, c’est un titre d’Audion (aka Matthew Dear) qui a fait l’objet d’un nouveau tour de magie de notre ami britannique.

L’anglais possède aussi un potentiel musical redoubtable en DJ set : capable de transformer n’importe quel dancefloor en zone de combat, il choisit avec parcimonie ses tracks, élaborant des vagues de tension dignes des tsunamis japonais. La techno de Daniel Avery établie le pont entre le neuf et le vieux , recycle les bonnes vieilles lignes acides sur des beats bien gras, tout en gardant continuellement une énergie rock aussi primaire que salvatrice.

De “All I Need” à “Water Jump” en passant par “Naive Reception”, force est de constater la puissance de son album Drone Logic, acclamé par un public aussi large qu’expérimenté. Danny sait manier la techno comme un fleuret. Il ne rate pratiquement jamais sa cible et sait nous emmener loin, très loin. En 2013, il a enchaîné les dates françaises pour présenter son bébé : “J’ai davantage joué en France que dans n’importe quel autre pays. Je ne sais pas exactement pourquoi. Je suis toujours très content de jouer ici, il y a une vraie connexion avec le public. Des DJs comme Laurent Garnier et des clubs comme le Rex sont porteurs de tellement d’histoire !” Le La est donné, le plaisir sera devant et derrière les decks ce jeudi 13 Février !

Ivan Smagghe

Notre coq-jockey national a, il faut le rappeler, un parcours un peu plus étoffé que la plupart des autres DJs.

 

Major de promo en 92 à l’IEP de Paris, il se plonge très vite dans la musique et devient vendeur chez le fameux disquaire Rough Trade, pour ensuite collaborer avec Nova Magazine et Les Inrockuptibles. Devenu DJ permanent à Radio Nova et au Pulp Club, il publie ses premiers sons vinyles en édition limitée, puis monte le groupe Black Strobe en 1997 avec Arnaud Rebotini, qu’il quitte dix ans plus tard. Depuis, Ivan Smagghe sort régulièrement des tracks techno, rockées, nappées de crème disco. “Suck My Deck” (2004) et le volume Fabric 23 de la fameuse collection figurent parmi ses réalisations.  En 2006, il sort Kill The DJ : The Dysfunctional Family avec Chloé, puis un Live at Robert Johnson en 2009. Sa réputation de dénicheur de sons a fait de lui un chroniqueur reconnu dans le monde musicale ; il communique d’ailleurs beaucoup avec Bernard Lenoir, “Monsieur Musique” des ondes hertziennes.

La soirée comporte une zone d’ombre tout à fait passionante : LES DISQUES DE LA MORT. Nom de la soirée, c’est aussi celui du futur label d’Ivan Smagghe. Comme indiqué, la part de mystère est grande, et les plus trouillards passeront leur tout. On peut y voir cependant un clin d’oeil au vieux trucs oubliés, aux musiques fantômes ressurgissant du passé, sur un site paraissant abandonné (http://www.lesdisquesdelamort.org/). D’après les premières informations qui circulent, ce site servira de plateforme d’expression plutôt que de promotion. Mystère et boule de gomme, il faudra attendre mi-février pour que le voile soit levé.

Avec des airs de souris grise tatouée, Ivan aime mélanger les styles. Sa musique fait le grand écart entre plein d’éléments antagonistes, du noir au blanc, de London à Paris, du paradis à l’enfer. Et vice-versa. Ivan le Terrible aime décloisonner les genres et sa quête de pépites sonores est inextinguible – processus de recherche qui est, par définition, sans fin. Garçon doué dès son plus jeune âge, Smagghe a touché à beaucoup de choses. Il a eu la chance d’avoir quelques amis qui l’ont incité à faire fructifier la prodigieuse collection de disques héritée de son paternel, à faire de sa passion sa profession. Mélomane et journaliste, Smagghe fait le lien entre l’artiste qu’il est, et son public. C’est d’ailleurs sans doute ce dernier qui est le plus représentatif du personage : passionné, cultivé, révolté, intrigué, une foule de gens d’univers différents à l’affut du monde qui nous entoure. Car le Colonel Gatito (cf son soundcloud) n’est pas du genre à s’extérioriser facilement, c’est un personage à la fois fragile et complexe qu’on redécouvre à travers chacun de ses sets.

Margot (live)

Le projet electronica-dancefloor, Margot, est née d’une rencontre entre Giaga Robot et Pepe à Riccione, dans la province italienne de Rimini. Leur projet part d’une volonté commune de faire de la musique « librement et sans contrainte créative ». Après avoir écumés les dancefloors d’Italie, ils s’exportent dans le reste de l’Europe avec leur EP  France 2 sur le label de James Holden, Border Community. S’en suit les nombreux hits  tels que “Be A Star” ou encore leur remix de Daphni (aka Caribou), “Ahora”. Le duo italien a su affirmer un style alliant une musique dancefloor et cérébrale, chargée d’émotions. Se basant sur cette esthétique musicale qui leur est propre, ils montent leur label Margot Records où sont signés les producteurs montants de la scène italienne, tel que Vaghe Stelle, Buck. Dernièrement, c’est sur le label de Ivan Smagghe Kill The DJ qu’il ont sorti un magnifique EP, Magico Disco. Pour la petite histoire, il s’agit de James Holden qui a mis en relation les italiens, et le résultat est bluffant.

Avec plus de participants que d’invités présents sur l’évènement Facebook, la soirée PORTRAITS DE LA MORT rencontre déjà un vif succès. Il faut dire que le line-up parle de lui-même, ce B2B de toute beauté promet de faire parler longtemps de lui, la magie noire du nouveau projet aidant à transformer la soirée en un somptueux rituel cosmique, marquant d’une croix blanche la percée d’un genre nouveau. D’ailleurs, Dure Vie offre des invitations !

Nicolas Chéno