Photo en une © Nuits Sonores 

La musique électronique file de (très) beaux jours. Lors du premier jour de la Paris Electronic Week, les équipes de Shotgun et Technopol présentaient leur étude-bilan du marché des musiques électroniques sur les trois dernières années. L’état des lieux dresse une explosion et une diversification de l’offre événementielle, face à un public de plus en plus diversifié et exigeant. Compte-rendu.

Depuis 5 ans, la Paris Electronic Week investit la capitale française et propose notamment un grand salon professionnel, ouvert à tous, entre rencontres et workshops. Nous assistions hier à la conférence inaugurale de ce grand rendez-vous culturel dédiée à dresser un état des lieux des musiques électroniques en France. L’étude est réalisée par Romain Dugier et Christine Samandel de Shotgun, et modérée par Tommy Vaudecranne, le président de l’association organisatrice Technopol. « Nous nous rencontrions il y a un dans un café, et je lui (Tommy) présentais ce projet d’études que nous souhaitions réaliser grâce à de nouveaux outils et de nouveaux algorithmes qui nous ont permis de mieux comprendre le public et ses attentes artistiques« , précise Romain.

Quatre fois plus d’événements qu’en 2014

À l’ordre du jour : l’évolution du marché événementiel des musiques électroniques en pleine émergence, et le bilan de ces trois dernières années (2014-2017) réalisé grâce à des données, utiles et précieuses, qui ont été regroupées grâce au service de billetterie de Shotgun, mais aussi grâce à une étude réalisée sur un panel de 1300 personnes représentatives du public « électronique » au niveau national. L’étude part évidemment du constat que le marché des musiques électroniques est en très forte croissance, « fortement alimenté par des dynamiques artistiques qui trouvent écho auprès d’un public de plus en plus exigeant et connaisseur« , précise Romain.

C’est plutôt simple : le marché existe en fonction d’une offre (le nombre d’événements électroniques organisés par les clubs, festivals et collectifs chaque année) et d’une demande (celle du public). En 2014, c’est ainsi un peu plus de 2000 événements qui étaient organisés, contre 8000 en 2017. Le chiffre a quadruplé en 3 ans : impressionnant. La demande du public, elle, est passée de 3 millions de sorties exprimées en 2014 contre plus de 13 millions début 2018.  La balance entre l’offre et la demande est équilibrée et pas encore saturée.

© Weather Festival

Les collectifs en tête de file

Au-delà de cette hausse significative, un autre phénomène ressort : « les régions arrivent en force de l’Île de France pour porter la nouvelle scène électronique« , ajoute Romain. Outre Paris, les régions prennent une part de plus en plus importante sur le panorama événementiel global pour occuper jusqu’à la moitié de l’offre en 2017. En tête, la région PACA, le Sud-Ouest et la région Rhône-Alpes, portées par les organisateurs d’événement, clubs, festivals et collectifs « qui collaborent pour que leur région deviennent un acteur national.« , précise Christine.

Parmi ces organisateurs d’événements, les premiers sont évidemment les clubs et festivals, implantés dans l’hexagone depuis de nombreuses années. Mais le bilan dresse l’arrivée explosive d’un nouvel acteur : le collectif. Sa croissance est exponentielle, résultat d’une explosion du marché qui a été multiplié par quatre depuis 3 ans.

Quels genres musicaux y priment ? Évidemment, la house (dont la deep house et la tech house) et la techno, qui trouvent toujours leur place privilégiée et représentent à eux seuls plus de la moitié de l’offre événementielle. Mais de nouveaux courants musicaux « de niche » émergent, dont la minimale et l’indus – et jusqu’à la micro house et la dubstep qui occupent la dernière place. De nouveaux courants alternatifs émergent également dont la psytrance ou le hardcore qui renouvellent le marché des musiques électroniques.

© Le Viet Photography

Vous êtes de plus en plus nombreux !

Et puis vous, publics, demeurez de plus en plus exigeants, et votre goût musical s’affine. « Cette quête d’exigence a généré une diversification du marché électronique et une constitution d’une multitude de communautés qui se regroupent entre eux et qui participent à de nouveaux formats de soirée et de nouvelles identités artistiques. » Un chiffre ressort : 78% d’entre vous reconnaissent que leur style musical a évolué depuis leur première sortie ou expérience des musiques électroniques. La house et la techno, en passe de devenir obsolètes ?

La conclusion, c’est que le marché se porte bien, et que la musique électronique, oui, file de très beaux jours. Que cela dure !

Les conférences de la Paris Electronic Week durent encore jusqu’à vendredi. Retrouvez tout le programme sur le site officiel et la page Facebook.