Photo en une © Kevin Soirat 

Depuis cinq ans, Château Perché invoque avec brio un esprit de fête ludique, interactif et bienveillant d’inspiration berlinoise. Plus Bar 25 et Wilde Renate que Berghain, le festival fait la part belle à la rencontre des genres musicaux autant qu’au mapping, à la pyrotechnie ou aux ateliers de création et de bien-être. Rendez-vous dans l’Allier du 9 au 12 août pour une célébration utopiste et élévatrice, rehaussée cette année par une cérémonie d’ouverture unique en son genre.  

«La liberté d’incarner, de vibrer selon mille diapasons, de vivre en intensité, et le droit d’exiger le meilleur de la physique des notes», voilà ce que promettent les Perchépolis. Chaque année, leur festival investit un château différent. Qu’il soit dans le Puy-de-Dôme ou le Cher, l’événement permet de créer du mouvement dans la diagonale du vide, parfois même contribuer à la restauration d’un lieu d’exception. Cette année, le rendez-vous est donné au château d’Avrilly, à seulement 2h30 de Paris.

Entouré d’un parc de 100 hectares et de nombreux bassins, Avrilly est surnommé « château aux deux visages ». Chaque partie a son époque, son architecture faisant le grand écart du XVème au XIXème siècle : le théâtre idéal d’une quête d’absolu, d’un voyage entre passé et futur. Car le festival met l’accent sur une expérience plurisensorielle, notamment au travers d’œuvres in-situ créées expressément pour Château Perché, dans la lignée du Fusion Festival ou des origines situationnistes de Burning Man. Et comme ces derniers, Château Perché a su construire une solide réputation sans surenchère de comm’ ni headliners, préférant booker 200 talents émergents internationaux chauds patates plutôt que de s’en remettre à la simple renommée des artistes.

Château Perché, c’est pas moins de 11 scènes entre lesquelles osciller : techno, house, drum & bass, scheckno (techno suave et luxuriante faite de lignes de basses profondes, rythmes tribaux et instrus exotiques) mais aussi jazz, rock et – grande première – de la musique expérimentale sur une scène aux allures de temple japonais. Autant de bulles propices aux échanges, à la synergie et la communion des sens. Carte blanche est également donnée à des collectifs activement impliqués dans une approche de la fête porteuse de valeurs de respect et de partage comme Microclimat et la Bulle, tandis que Love Specs nous bichonnera cette année encore avec une pétillante scène située sur le camping.

Au Château Perché, il n’existe pas de spectateurs, seulement des acteurs. Un dresscode nous appelle à oser, à se révéler à travers masques et costumes, se découvrir en jouant des frontières entre intérieur et extérieur, saisissant chez les autres les ingrédients pour se révéler soi. Le samedi rend hommage à l’univers païen et ludique du photographe Charles Fréger, peuplé de créatures hybrides et espiègles, de monstres japonais, d’uniformes et de costumes folkoriques voire carrément chamaniques. Le dimanche, place aux dentelles, ombrelles et volants, haut-de-formes et canotiers de la Belle Epoque : de quoi peindre ensemble de foudroyants tableaux impressionnistes.

Grande nouveauté cette année : Transverberare, une nuit de performances au son d’un set ambient hybride de Vito Lucente, pendant laquelle 400 chanceux investiront le château la veille du début officiel du festival pour accompagner les premiers pas de metteur en scène de son co-fondateur  Samy El Moudni. La nuit s’annonce comme «une création originale annihilant les identités, suggérant une recette vers l’extase à une poignée de courageux amoureux, une tentative de passage à l’ère de la fête à dimension supérieure et à faible entropie».

 

« Un voyage dans le temps où rien n’est laissé au hasard, porté par une équipe de professionnels animés par l’humble motivation de nous offrir de quoi fixer nos émotions, connecter nos synapses, faire naître un métalangage. »

Passés de 1500 à 7000 personnes en cinq ans, l’approche poétique et baroque des Perchépolis a su transcender les teufeurs les plus aguerris. Leur Manifeste perché de la fête transcendante fait d’ailleurs appel à celles et ceux qui seraient lassés par une fête redondante, parfois snob. Celles et ceux en quête de l’après, d’une étape supérieure. Une « danse des masques » qui n’est pas sans rappeler les écrits anarcho-psychédéliques de l’utopiste Hakim Bey* ou les actions situationnistes de la Cacophony Society, groupe à l’initiative de Burning Man dont faisait notamment partie Chuck Palahniuk, l’auteur de Fight Club.

Un voyage dans le temps où rien n’est laissé au hasard, porté par une équipe de professionnels animés par l’humble motivation de nous offrir de quoi fixer nos émotions, connecter nos synapses, faire naître un métalangage. Une fête qui, bien plus qu’un moment de joie éphémère, se présente comme une occasion de grandir et d’apprendre en affirmant son imaginaire et renforçant ses désirs, ouvrant en soi et chez les autres un espace merveilleux de libertés aussi réel qu’immortel.

Retrouvez toutes les informations du festival sur le site, la page Facebook et la billetterie.

Gagnez vos pass

* Hakim Bey, Salon Apocalypse (1986) : «Est-il possible de créer un THEATRE SECRET dans lequel à la fois l’artiste et l’audience auraient totalement disparu – ne réapparaissant que sur un autre plan où vie et art seraient devenus une seule et même chose – une pure offrande de cadeaux ?»