Vous avez bien lu, et surtout vu. La compagnie taïwanaise MIDIPLUS a récemment annoncé le lancement de son interface audio « Mirror« , spécialement pensée, conçue et designée « pour les femmes« . Ce qui ressemble à une palette de maquillage pour les yeux est soit le plus grand troll de l’histoire, ou un réel amalgame qu’on aurait bien du mal à expliquer.

C’est le grand WTF de la semaine. Basée à Taïwan, la compagnie MIDIPLUS, spécialisée dans les interfaces audio, MIDI, boîtes à rythmes, synthétiseurs et autres technologies musicales depuis 1974 (jusque là tout va bien), annonçait fin octobre le lancement d’une nouvelle interface audio, « MIRROR ». D’emblée, le packaging interroge : conçu comme une palette de maquillage pour les yeux, son design aurait été pensé « spécialement pour les femmes« , en espérant que cette délicate attention « pourra révéler toute leur élégance et leur charme« . Ah… sûrement la remarque la plus sexiste que l’on ait jamais croisé sur le marché.

Et quel design : de l’extérieur, ce « petit trésor est comme un diamant noir« , métallisé, poli, reluisant, glossy glossy, mais la surprise n’est colossale qu’une fois le bijou ouvert. Mesdames, l’apothéose pour sauver une production ou mieux, le glisser dans votre sac : un miroir tout en LED de 5500K parfaitement orienté à 105° (oui, c’est vraiment précisé), et qui orne triomphalement les six boutons colorés en forme de fards à paupières, pour « automatiquement vous inviter à vouloir les faire tourner » (ou les tripoter, on sait plus). Irrésistible.

Mi interface MIDI, mi carte son, les entrées XLR comprennent une entrée jack pour un micro, une guitare, deux prises casques, une pour le téléphone et surtout un contrôleur de lumière (pour maîtriser le VJing de votre miroir en LED). L’interface audio, elle, est basique : 24 bit (ok, ça ressemble à du studio), 192Hz, une sortie de préecoute et une autre pour envoyer le son sur l’ordi. En somme, toutes les DJs qui se lancent et voudraient créer leur son devraient d’abord aller se remaquiller et faire comme Paris Hilton. La honte.

À l’heure où la scène électronique connaît énormément d’amalgames et de remarques genrées dont on se passerait bien, les stéréotypes continuent de fuser et cette idée semble être le plus grand n’importe quoi de l’année. Mesdames, on serait loin de vous réduire à ce jouet et l’on espère que votre professionnalisme se passera d’une bassesse aussi remarquable.