Photo à la une © Technopol / Technopol à la Techno Parade de 2004

Ce samedi 23 janvier, une manifestation organisée par Technopol va rassembler les acteurs et actrices du monde de la nuit et des musiques électroniques pour « libérer la parole que les confinements et couvre-feux ont mis en sourdine » et œuvrer pour « leur reconnaissance« . 

Après de nombreux regroupements en France pour le rassemblement Culture4Liberty et pour la Marché des Libertés samedi dernier, Technopol va organiser un nouveau regroupement en Nouvelle Aquitaine ce samedi 23 janvier. La manifestation aura lieu de 14h30 à 17h30 sur la Place de la Victoire à Bordeaux et regroupera les secteurs de la vie nocturne et des musiques électroniques, afin de d’engager « la bataille pour [leur] reconnaissance et [leur] droit à l’expression. » 

« Aujourd’hui, c’est la moitié du tissu culturel nocturne qui est en grand danger d’extinction, le risque est de voir s’effondrer des pans entiers d’un secteur indispensable, vecteur de liens culturels et sociaux.« , explique Technopol, l’organisme de défense et de soutien des musiques électroniques en France. « Les décisions arbitraires des pouvoirs publics concernant le monde de la culture, sans une mobilisation conjointe des acteur.rice.s concerné.e.s, auront bientôt fini de faire disparaître des milliers d’emplois et de rendre la nuit mortifère. » 

Sur place seront invité.e.s les « artistes, citoyens, activistes, établissements de nuit, créateur.trice.s, intermittent.e.s, technicien.ne.s, producteur.trice.s de soirées, de spectacles, de festivals, de fêtes libres, et tou.te.s les professionnel.le.s de la nuit et de la culture » qui voudraient se joindre au mouvement, afin de « libérer la parole que les confinements et couvre-feux ont mis en sourdine« .

Retrouvez toutes les informations sur l’événement Facebook officiel et les revendications de la manifestation ci-dessous. 

  • Nous n’acceptons pas que seuls les intérêts économiques puissent passer outre les précautions sanitaires, surtout quand le malaise créé par l’absence d’espaces d’échanges culturels et de sociabilisation engendre de graves conséquences morales sur la population. Les grands magasins sont ouverts, mais pas les lieux de culture collective ? C’est par la culture et la fête, le vivre ensemble, que nous combattons le libéralisme caractéristique de cette société moderne et responsable de cette période de pandémie.
  • Nous refusons de voir les lieux de vie nocturne et des professionnel.le.s responsables, contraints de fermer définitivement leurs établissements. En effet, les diverses aides apportées trouvent leurs limites en ce qu’elles ne couvrent pas toujours l’entièreté des dépenses incompressibles des établissements, en particulier les loyers. Nous demandons une nouvelle fois au gouvernement d’agir auprès des bailleurs privés ou de garantir la prise en charge totale des loyers des établissements garants de l’attractivité de nos villes sur un plan culturel, touristique et humain.
  • Nous n’acceptons pas que ces lieux restent sans vie. Nous souhaitons une sortie rapide de confinement des activités culturelles pour la sauvegarde de ces acteurs économiques, mais également pour le bien-être psychique d’une population qui souffre d’un manque de liens sociaux, culturels et humains depuis un an, en particulier dans la jeunesse. Pour cela nous souhaitons, par exemple, la mise en place de Zones d’Urgence Temporaire de la fête, qui accueilleront dès le printemps, les programmations HORS LES MURS des clubs et producteur.rice.s locaux à même de faire travailler en circuit court les artistes et technicien.e.s sur leurs territoires, dans des au sein d’espaces avec PROTOCOLE SANITAIRE validé par l’État. Nous demandons également l’ accompagnement des pouvoirs publics dans la mise en place de concerts TEST afin de permettre aux événements en milieu clos de pouvoir recevoir du public sans sur-risque de contamination Covid.
  • Il n’est pas non plus acceptable, de risquer de finir en prison pour avoir organisé une fête ! Les autorités, le gouvernement et notamment les ministres de la culture et de la jeunesse doivent entendre les jeunes et les accompagner. La réduction brutale et aveugle des libertés était une mesure prise dans l’urgence face à l’inconnu, mesure qui n’est plus adaptée un an après l’apparition du virus. La répression ne doit jamais être la réponse univoque des autorités car elle étouffe des aspirations humaines légitimes qui ne disparaîtront jamais.
  • Nous réclamons le prolongement de l’année blanche pour tous les intermittents du spectacle, mais à 70% de leurs revenus moyens mensuels. Par ailleurs, nous revendiquons une augmentation « significative » des budgets alloués à la culture et une réorientation de leurs fléchages et entre autres des aides à la création pour les artistes de musiques électroniques.