Suite à l’épisode de juin dernier tourné à Ramallah en compagnie du Jazar crew et d’autres acteurs de la scène techno et hip hop palestinienne, Boiler Room dévoile un documentaire sur cette dernière : Palestine Underground.

Briser les murs, exister aux yeux du monde et faire de la musique une arme d’émancipation massive, tels sont les mots d’ordres des collectifs Jazar Crew, Saleb Wahad et BLTNM depuis une petite dizaine d’années. Ici, la techno et le hip-hop retrouvent toute leur dimension politique à travers des fêtes et événements qui ne sont pas toujours bien vus des autorités, d’un côté comme de l’autre de la frontière.

Il est intéressant de voir à quel point l’idée de murs et de ponts est prégnante dans ce documentaire. Les membres du Jazar Crew, évoluant côté israélien, notamment à Haifa et Jaffa dans des lieux tels que le Anna Loulou et le Kabareet tandis que les collectifs hip hop Saleb Wahad et BLTNM sont basés à Ramallah en Cisjordanie, bénéficient d’une moindre liberté de mouvement. C’est donc à travers la musique que les liens se font, et que ces ponts se construisent au sein de cette communauté éclatée qui, même si elle accepte tout un chacun dans ses événements dans une démarche pacifique, se considère où qu’elle soit en « Palestine occupée ». Cela va donc de soi que la Boiler Room de juin à Ramallah représente un symbole fort.

À travers leurs productions et leurs événements, ces artistes trouvent aussi un moyen de se faire entendre et de se démarquer de la bouillonnante scène israélienne qui prend parfois trop de place. En mêlant musique moderne et musique traditionnelle, ils se rattachent à des racines qui ont parfois tendance à se perdre dans la complexité d’un conflit qui n’en finit pas.

Avec la venue de Nicolas Jaar en Palestine, les passages du Jazar Crew et consorts en France et en Europe et le mouvement #DJsForPalestine né en septembre dernier, force est de constater qu’une véritable émulation se créé autour de ces artistes, de leurs créations et de leurs combats dans la communauté musicale internationale. Via ce reportage, on découvre à travers un prisme nouveau, celui de la musique, la philosophie et la quête de liberté de cette jeunesse palestinienne qui ne demande qu’à se faire entendre dans un contexte politique toujours éminemment douloureux.