Photo à la une Ⓒ Astrid Lagougine

Vendredi 6 décembre, le magnifique bâtiment de l’Atrium à Bordeaux va se transformer en dancefloor électronique avec le collectif de l’école de médecine L’Atelier. Un événement rare (l’édifice n’en a pas accueilli depuis plus d’un an), qui investira pour l’occasion un système-son L Acoustics et un jeu de lumière d’exception, retransmis en direct par Ola Radio. Rencontre. 

D’où vient le projet L’Atelier

Oscar : À la base, l’Atelier c’est la réunion depuis 2016 de 6 potes étudiants en médecine : Guibz(Guillaume), Ben (Benjamin), Seb (Sébastien), Bassel, Aurel (Aurélien) et moi, tous passionnés de musique et désireux de partager leur amour de la disco, house et musique du monde à l’occasion d’un week end d’intégration (WEI) où ces genres musicaux étaient jusque là peu présents. 

Initialement destiné à partager nos découvertes musicales lors du WEI chaque année, le projet a peu à peu évolué en organisant des événements en bar, puis clubs tout en élargissant son public à l’ensemble des étudiants et fêtards bordelais. 

Aujourd’hui l’Atelier ça reste un esprit de partage accompagné d’une volonté persistante d’investir des lieux insolites afin de proposer des événements musicalement riches de part les diverses influences de ses membres et bien sûr dans une ambiance toujours festive et conviviale.

L’Atelier

Votre répertoire musical est très large…

Guibz : Je pense qu’on a la chance d’être tous très différents, bien sûr musicalement mais aussi dans la vision de voir les choses. Certes c’est parfois compliqué pour s’organiser mais ça permet la réalisation de soirées très éclectiques ! 

Par exemple Benjamin et moi sommes particulièrement fan de vinyles et de ce qui s’est passé dans les années 80 en terme de dance musique. On essaye de chiner le plus possible et c’est vrai qu’avec le développement d’internet, une vraie mine d’or s’ouvre à nous et c’est super plaisant ! 

Ben : C’est vrai qu’on peut jouer des disques africains et suivre avec une vieille disco pour finalement changer à nouveau de continent et installer une ambiance brésilienne. 

On se permet un peu tout tant que ça reste dansant ! Je dirais même que c’est ça qui nous caractérise. Ça peut paraître inapproprié de passer une track des années 80 pleine de vocale qu’on pourrait trop vite classer dans une catégorie de « début de soirée » mais c’est notre manière d’interagir avec le public… C’est une petite marque de fabrique !

Comment voyez-vous l’essor de la scène bordelaise ? 

Guibz : On remarque vraiment un gros développement de la scène à Bordeaux, les évènements se multiplient dans la ville, pleins d’associations font leur essor et ça montre un vrai intérêt pour la scène musicale locale. Que ce soit de la house, techno, disco ou des choses plus pointues, tous les styles sont représentés ! Bien sûr il faut faire attention à suivre sa ligne directrice, essayer de ne pas surfer sur la hype actuelle.

En influence on peut noter des crews locaux qu’on a la chance de voir évoluer depuis nos 18 ans comme tplt, L’Orangeade ou encore À l’eau, qui proposent des choses folles pour Bordeaux en terme de programmation ou de lieux investis. On ne peut pas omettre de citer l’IBOAT qui permet de faire venir la crème de la scène internationale dans notre ville ! 

Et petit clin d’œil à d’autres associations plus de notre génération comme Les Viatiques, Hill Billy, Super Daronne, etc. avec qui on a lié des amitiés et qui ont tous su s’affirmer dans leur domaine, ainsi qu’à la Croix Jaune qui a été notre première source d’inspiration. 

Si Bordeaux avait un petit peu de retard sur des villes comme Paris ou Lyon, il y a une nette progression ces dernières années avec par exemple l’émergence du premier restaurant audiophile de France : le Café Mancuso. Inspiré du Brilliants Corners à Londres et des Bars audiophile au Japon c’est toujours un plaisir de pouvoir jouer nos disques là bas dans un cadre atypique et sur du matériel d’exception. Ils hébergent d’ailleurs un disquaire et la Webradio Ola Radio chez qui Seb et Ben ont récemment enregistré un set qu’on partage avec plaisir avec vous :

Si on élargit au plan national on regarde forcément des grosses écuries comme La Mamie’s, avec un petit coup de cœur pour des nouveaux crew comme BayetëFlegon ou Plaisir Partagé qui font du super boulot avec une véritable signature « française ».

À l’international, c’est forcément compliqué de résumer à quelques noms tout ce qui se passe mais la ville d’Amsterdam est une vraie influence que ce soit par ses labels tels que le Red Light, Rush Hour des festivals comme le Dekmantel ! On peut noter aussi des lieux comme Sounds Metaphors ou Invisible City qui proposent une diversité musicale très riche. 

Oscar : Pour ma part, depuis le début Detroit Swindle et Robert Hood parmi tant d’autres artistesm’ont beaucoup influencé et continuent de le faire aujourd’hui. En ce moment j’écoute beaucoup Marlon Hoffstadt qui transmet des vibes auxquelles je m’identifie énormément. J’aimerais également citer les labels berlinois Innervisions et Keinemusik ainsi que la nouvelle vague de producteurs britanniques tels que Big Miz et Kettama qui sortent régulièrement de très bonne prod’ !

Le 6 décembre vous organisez dans l’Atrium de la Victoire : c’est un lieu habituel pour les événements électroniques ? 

Ben : Tout Bordelais pourra s’y accorder, le bâtiment abritant l’Atrium est un édifice architectural magnifique qui domine la place de la Victoire et qui accueille encore aujourd’hui les étudiants dans son ancienne bibliothèque. 

C’est donc loin d’être un lieu commun pour organiser ce genre d’événement. Même si on n’est pas les premiers à investir ce lieu, il faut savoir que depuis 1 an aucun événement n’a pu s’y dérouler pour des raisons relatives à la préservation de ce patrimoine. On remercie donc l’Université de Bordeaux de nous faire confiance sur ce projet. Symboliquement, c’est assez marrant car le site de l’Atrium a accueilli les études médicales jusqu’aux années 60 donc c’est un kiff mais surtout un honneur de pouvoir à notre tour accueillir les Bordelais dans un tel lieu de l’épicentre de la ville.

Ben : On a la chance de pouvoir organiser des évènements pour le plaisir et non pas à but lucratif donc pour toute l’équipe et depuis le début, l’accent est mis sur la qualité de l’expérience audio-visuelle. Afin de mettre en valeur et d’être à la hauteur d’un tel lieu investi, tout est mis en œuvre pour proposer un système son (L.Acoustics) et jeu de lumière d’exception. Et pour ne pas perdre une miette l’événement sera filmé et diffusé en live par les potes d’Ola Radio, autant vous dire qu’à partir de 18h il vaudra mieux siroter sa bière avec nous que traîner dans la bibliothèque !

On vous dit à bientôt en partageant avec vous quelques pépites qui nous tiennent à cœur et qui vous laissent facilement imaginer l’infinité des tournures que nos sets peuvent prendre…

Oscar « Une track afro house puissante assez révélatrive de mon univers, un plaisir de la balancer au peak time»

Seb « Un son joué par casper tielrooij quand j’étais au dekmentel, sorti récemment chez Red light, une bombe! »

Guibz « Typiquement un track pour faire monter la température, avec un rythme très lent mais une super énergie. C’est un edit du groupe yougoslave Moulin Rouge super dansant qui fait partie de ceux qui te font lever de ton siège ! »

Ben « Une des musiques qui représente pour moi le plus l’univers Africain de la Bubblegum et du Kwaito, une source de découverte musicale encore très cachée et difficile d’accès dont seul le vinyle ouvre l’accès» 

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