En Angleterre, l’apiculteur, musicien et producteur Bioni Samp s’est illustré en créant des productions expérimentales et des installations à partir de l’enregistrement de sons dans les ruches de ses abeilles. Grâce à cette technique du field-recording, le britannique souhaite éveiller les consciences sur le rôle indispensable des abeilles et son système écologique, fragile. 

Dans la vie, Bioni est apiculteur mais aussi producteur de musique électronique. Son travail et sa passion ne font plus qu’un lorsque, sur le terrain, le britannique utilise la technique du field recording en enregistrant puis intégrant les sons et bruits de ses abeilles dans ses productions. Un procédé qu’utilisent de nombreux artistes de musiques électroniques, dont le spécialiste en France reste Molécule avec ses voyages au Groenland ou son dernier projet inspiré du surf. 

Pour enregistrer ses abeilles, il tend une perche dans ses ruches et enregistre les fréquences, différentes pour la reine, les ouvrières et les soldats. Le traitement de ces sons est réalisé ensuite via son synthétiseur Hive, qui utilise le miel comme résistance électrique organique. 

En Angleterre, Bioni emmène ses installations dans les salons et festivals de musique, où il espère pouvoir « émouvoir les gens » et les sensibiliser à l’écologie et au rôle indispensable des abeilles à l’origine de la pollinisation. « En tant que producteur de musique électronique et apiculteur saisonnier, j’ai été inspiré pour en apprendre plus sur les fréquences des abeilles et pour faire un travail créatif qui intègre ces fréquences dans l’espoir de sensibiliser les gens à l’abeille et à son système écologique de plus en plus fragile« , explique-t-il sur son site internet

2015 Full ‘Hive Synthesiser’ (c) Bioni Samp

Bioni est également co-concepteur de deux « Beehouse’s » dans le nord de Londres. Des apicultures communautaires expérimentales accessibles aux personnes handicapées, pour lesquelles il a reçu en 2008 le prix de « champion de la communauté« .