Photo à la une © Le Konzerthaus de Dortmund

Après l’étude Restart19 en novembre dernier qui montrait que le risque de contamination dans les salles de concert était « faible à très faible », une deuxième étude a été réalisée au Konzerthaus de Dortmund. Une nouvelle fois, elle prouve que la bonne ventilation dans un lieu clos ou une salle de concert présente un très faible risque d’infection.

L’étude s’est déroulée en novembre dernier et a duré trois jours, au Konzerthaus de la ville de Dortmund, une salle de concert de 1500 places. Les scientifiques de l’Institut Fraunhofer Heinrich Hertz de Goslar et la société de mesure des particules Parte Q ont travaillé avec le soutien de l’Agence fédérale pour l’environnement, pour faire suite à l’étude Restart-19 réalisée en août dernier qui concluait que les événements en intérieur sont possibles avec une ventilation adaptée, et que le risque de transmission était « faible à très faible ». 

Contrairement à l’étude Restart-19, l’étude de Dortmund n’a pas fait appel à des participants humains mais a utilisé un mannequin de haute technologie baptisé Oleg, afin de simuler la respiration humaine dans la salle de concert. Les scientifiques ont ainsi mesuré la transmission d’aérosols dans tout le lieu, en tenant compte que la réserve d’air frais est suffisante et que tous les participants porteraient des masques. Ils en ont conclu que le risque qu’une personne puisse transmettre le virus à une autre « peut être presque exclu ». 

« Les salles de concert et les théâtres ne sont pas des lieux d’infection. »

« Les salles de concert et les théâtres ne sont pas des lieux d’infection», a de fait déclaré Raphael von Hoensbroech, le directeur de la salle de concert. « Les derniers mois ont montré que la politique a besoin d’une base scientifique solide pour prendre des décisions. Avec notre étude, nous voulons nous assurer que les salles de concert et les théâtres puissent à nouveau accueillir un public suffisant lors de leur réouverture ».

Voici les observations et conclusions apportées par les scientifiques :

  • Avec des masques et un apport suffisant d’air frais par le système de climatisation existant, les aérosols testés n’ont eu pratiquement aucune influence sur toutes les surfaces environnantes
  • La grande taille de la pièce assure déjà une forte dilution des aérosols contaminés, et la climatisation élimine efficacement tous les aérosols, sans jamais les laisser s’accumuler
  • Une salle de concert pleine n’interfère pas avec le passage de l’air vers le haut, mais le favorise plutôt par des effets thermiques supplémentaires
  • Il est nécessaire de porter des masques dans les couloirs, les aires de repos et les regroupements, car la ventilation fonctionne différemment par rapport à l’espace de la salle de concert, et un contact étroit ne peut être exclu
  • Le Konzerthaus ne peut pas organiser un événement de grande envergure avec son système de ventilation existant, car il remplace complètement l’air à l’intérieur de la salle par de l’air extérieur toutes les 20 minutes
  • La mesure du CO2 pendant un événement peut aider à mieux évaluer la propagation des particules en suspension dans l’air 

Même le directeur de l’Agence fédérale de l’environnement, Heinz-Jörn Moriske, a décrit l’expérience de Dortmund comme une « étude exceptionnelle avec beaucoup de valeur informative », poursuivant : « C’est exactement ce dont nous avons besoin en termes d’information. Avec une répartition des participants semblable à celle d’un échiquier et un système de ventilation à 100 %, le risque d’infection est très faible ».

Pour le cas de la salle du Konzerthaus, les scientifiques ont recommandé un système de sièges en damier, avec un siège sur deux occupé. Ils précisent toutefois que cela doit être adapté à chaque salle de concert ou lieu événementiel, et qu’une étude de ce type peut être réalisée avec « relativement peu d’efforts », selon le responsable de l’étude, Wolfgang Schade.