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C’est l’un des pionniers de l’italo disco et de la synth pop en Italie. Maurizio Dami alias Alexander Robotnick, depuis son titre culte « Problèmes d’Amour » en 1983 et jusqu’à aujourd’hui, est un amoureux du disco énergique, de live et du vrai son analogique. Nous lui avons posé quelques questions avant son (dernier) set exclusif en France, au Rex Club ce jeudi 7 novembre, invité par le collectif Deviant Disco. Rencontre. 

Votre premier titre « culte » a été « Problèmes d’Amour« , sorti sur Materiali Sonori en 1983. Beaucoup d’autres ont suivi, également en français. Quel lien particulier avez-vous avec la France ?

Ma mère était professeure de français et j’ai passé mon enfance à écouter beaucoup de musique française. J’aime aussi chanter en français !

Dans les années 90, vous avez choisi les musiques du monde plutôt que les musiques électroniques qui commençaient à s’implanter en Europe. 

Mon approche de la musique a toujours été la même, très pragmatique et toujours curieuse. À l’époque où je faisais de la musique du monde, j’en avais un peu marre de la musique électronique « pure », je voulais créer un son qui pourrait se mixer avec des instruments traditionnels et des airs « anciens ». Mélanger le passé et le futur, en quelque sorte.

Quoi qu’il en soit, retourner à Robotnick a été assez facile à l’époque, parce que la façon dont je crée la musique reste toujours la même.

En 2002, vous avez collaboré avec de grands producteurs français de techno comme The Hacker ou Kiko. Comment ça s’est passé ?

Après mon premier concert en France, j’ai passé quelques jours avec Kiko et Michel chez Kiko, et nous avons composé et produit à la volée un titre intitulé « Viens Chez Moi« . On s’est bien amusés malgré la chaleur, il devait faire 40° !

La scène française a été la première avec laquelle j’ai été en contact. C’était un très bon moment, une belle période pour la musique électronique.

Pensez-vous qu’il y a une renaissance perpétuelle de l’italo disco dans les musiques électroniques ?

Bien sûr : un fantôme hante la musique électronique – celui de l’Italo Disco. Il revient toujours. Quand ça s’estompe quelque part, ça revient ailleurs, parce que les gens ont un besoin constant que ça sonne heureux et joyeux. 

Vos 3 chansons cultes françaises ? Celles qui vous ont le plus influencé, par exemple ?

Gilbert Bécaud – « Et Maintenant« 

Caroline Loeb – « C’est la ouate« 

Miss Kittin & The Haker – « Frank Sinatra« 

Ce mercredi au Rex Club, ce sera votre dernier set avant de vous concentrer exclusivement sur le live. Pourquoi ce choix ? Quelles sont les possibilités supplémentaires qu’apporte le live ?

C’est juste différent. Quand on est DJ, le seul risque que l’on prend, c’est le black out. Quand tu joues en live, à chaque fois que tu poses tes mains sur quelque chose, tu prends un risque. Surtout quand tu improvises, comme moi.

Mais d’un autre côté, jouer live permet d’être beaucoup plus concentré sur la musique, et finalement, ça permet que l’expérience soit beaucoup plus intense. Le DJing, c’est amusant. Le live, c’est intense.

En février dernier, vous avez travaillé avec Ludus Pinsky dans une session analogique, pour recréer « le son purement analogique des années 70 et du début des années 80« , que vous considérez comme le « vrai son électronique« . Vous nous en dites plus ? 

Je trouve que le son analogique, même s’il est synthétique, sonne comme… plus « réaliste ». Il naît de quelque chose, ce n’est pas seulement une création numérique. Le cerveau peut mieux gérer ce type de son, avec moins de stress. Ce « réalisme » permet également d’apprécier les variations plus subtiles et les changements de couleur. Évidemment, ça fonctionne surtout avec des styles comme l’électro disco – et aussi un peu la techno.

Quels sont vos futurs projets ? 

L’EP Lettrobox 1 sort le 9 décembre avec Ludus Pinsky. 

Je vais aussi passer 4 mois en Asie, et travailler sur le spectacle en direct du Robotnick 2020.

Retrouvez Alexander Robotnick en set exclusif ce jeudi 7 novembre au Rex Club, invité par Deviant Disco. Toutes les informations sur l’événement Facebook