Triste semaine pour les audiophiles et clubbers. Non, je ne fais pas référence à la fermeture de Fabric (l’un des clubs les plus populaires de Londres), mais à la prochaine sortie de l’iPhone 7.

Quel est le rapport me direz-vous ? Laissez-moi vous expliquer :

Apple vient d’annoncer la sortie de son nouvel iPhone pour le 16 septembre 2016. Jusque là rien de très exceptionnel, meilleure batterie, meilleur écran, plus de pixels… Mais au sein de cette interminable liste de nouveautés (qui n’en sont pas en réalité) s’est glissé un changement à la fois minime et magistral.

Les nouveaux modèles d’iPhones vont abandonner la traditionnelle prise Jack qui permettait jusque là de brancher ses écouteurs de toutes marques sur notre appareil Apple. À la place, les nouveaux iPhones pourront être connectés à un système son, soit par un nouveau branchement se faisant directement sur la prise d’alimentation, soit par Bluetooth grâce aux nouvelles splendeurs sans fil que le géant américain nous livre (ci-dessous).

Au delà de l’aspect esthétique questionnable de ces écouteurs, cette évolution pose plusieurs problèmes. Premièrement, il va falloir, soit racheter des nouveaux écouteurs (bien joué Apple : ils sont à 159 dollars), soit se trimballer avec un adaptateur spécial pour prise jack (ce qui tue un peu le concept ergonomique de l’iPhone). Troisième option : avoir recours au Bluetooth. Celle-ci pourrait sembler la meilleure si l’on mettait de côté la perte de qualité sonore associée à ce format, ainsi que l’impact négatif des ondes sur notre cerveau.

Mais au-delà de ces remarques purement pratiques il faut se rendre compte que la marque à la pomme (en plus de devoir plusieurs milliards à l’Irlande) est en train d’enterrer sans remord un des plus vieux amis de l’audiophile.

La prise jack fait en effet partie du paysage musical depuis quasiment aussi longtemps que l’homme a été capable d’enregistrer et de retransmettre du son (environ 150 ans). Le premier centre téléphonique au monde créé aux États-Unis en 1878 avait déjà recours à Jack. Cet embout était privilégié comme moyen de branchement et de diffusion du son pour sa forme ergonomique et ses capacités conductrices. Jack a aussi joué un rôle important dans les périodes les plus sombres de notre histoire. Il était en effet déjà intégré à nos systèmes de communication militaires lors de la première guerre mondiale. Il permettait aux utilisateurs de connecter et déconnecter rapidement leurs systèmes son en cas d’urgence, sans pour autant avoir à arracher tous les câbles.

Avec l’évolution technologique, Jack est mis de côté par les moyens de communication traditionnels au milieu des années cinquante. Il est cependant vite ré-adopté par l’industrie musicale. Il entrera réellement dans la vie quotidienne de l’audiophile lambda avec l’arrivée du premier Walkman de Sony en 1979 ; pour ne plus la quitter.

SonyWalkman-dure-vie

 

Mais aujourd’hui pour 6.35mm de trop, Apple est prêt à bannir cette prise ultra simple, solide et fonctionnelle, la marque laissera des orphelins inconsolables, mini Jack (3.5mm) et micro Jack (2.5mm).

Il ne reste plus qu’à espérer que ce geste, « courageux » selon le PDG d’Apple Tim Cook, ne réussira pas à nous faire abandonner le plus vieil ami de l’homme connecté.

Sur ce, finissons avec les paroles emblématiques de Chuck Roberts :

In the beginning, there was Jack, and Jack had a groove,

And from this groove came the groove of all grooves,

And while one day viciously throwing down on his box, Jack boldy declared,

“Let there be HOUSE!”

and house music was born.

“I am, you see,

I am the creator, and this is my house!

And, in my house there is ONLY house music.

But, I am not so selfish because once you enter my house it then becomes OUR house and OUR house music!”

And, you see, no one man owns house because house music is a universal language, spoken and understood by all.

You see, house is a feeling that no one can understand really unless you’re deep into the vibe of house.

House is an uncontrollable desire to jack your body.

And, as I told you before, this is our house and our house music.

And in every house, you understand, there is a keeper.

And, in this house, the keeper is Jack.

Now some of you who might wonder,

“Who is Jack, and what is it that Jack does?”

Jack is the one who gives you the power to jack your body!

Jack is the one who gives you the power to do the snake.

Jack is the one who gives you the key to the wiggly worm.

Jack is the one who learns you how to walk your body.

Jack is the one that can bring nations and nations of all Jackers together under one house.

You may be black, you may be white; you may be Jew or Gentile. It don’t make a difference in OUR House.

And this is fresh.

 

PS : Petite précision, le « Jack » présent à douze reprises dans le texte ne faisant pas référence à la prise jack mais au mouvement de danse « to Jack your body », quoique…

Si vous voulez tout savoir sur Jack, c’est par ici !

B O N U S