À Paris, le collectif HORS-SOL a réussi à se faire une place de choix dans le paysage de la fête et le prouvera une nouvelle fois le 7 août prochain dans l’open air de 5000m2 de Border City. Son duo fondateur nous a livré un podcast d’une heure de la house à la trance pour retrouver l’ambiance des clubs : à écouter sans modération. 

Dans quel mood étiez-vous lorsque vous avez enregistré le podcast ? Quels styles musicaux y avez-vous intégré ? 

Nous avons construit le podcast en respectant l’ADN artistique du collectif. D’abord dans sa montée en intensité et progressivité, puis dans le mélange des styles, allant de la House à la Trance en passant par des productions plus mélancoliques, planantes, et parfois breakées.

Lorsque l’on joue ensemble en set ou lors de l’enregistrement d’un podcast, on a pour habitude de discuter systématiquement de l’atmosphère et des émotions que l’on souhaite véhiculer, sans pour autant aller jusqu’à anticiper les morceaux joués. Ensuite chacun est libre de passer ses disques préférés, pour mieux se renvoyer la balle. 

Quel est ou sont les moments idéaux pour l’écouter ? 

Le podcast est résolument “club”, à l’image de ce qu’on l’on peut jouer un samedi soir tard dans la nuit. On vous laisse juger du meilleur moment pour l’écouter.

Quels sont les artistes / labels que vous avez playlisté ?

L’une des valeurs que l’on a toujours cherché à défendre au sein du collectif et de nos fêtes est celle de mise en avant de la scène locale. Nous avons donc choisi certains tracks de producteurs français en phase avec notre univers musical, tels que Nemo Vachez, Nathan Melja, ILyes & Gauvain ou encore une unreleased de Bwi-Bwi, que nous invitons d’ailleurs le 7 août avec Roza Terenzi, pour une grosse fête du côté de l’open air de Border City

À cela nous avons intégré des productions assez récentes d’artistes que nous aimons beaucoup, comme Central, OCB, le producteur islandais Jónbjörn ou encore Luca Lozano, que nous devions d’ailleurs accueillir à Glazart en avril… Enfin, nous prenons chacun beaucoup de temps pour explorer les disques du passé, ceux qui ont façonné le son des années 90 et 2000 et qui continuent d’influencer la scène actuelle. Et même si ce set est tourné vers des productions plus récentes, nous jouons notamment un disque du label anglais Guerilla, très actif pendant les années 90, ou un disque du label fondé par Richie Hawtin et John Acquaviva, Plus 8.

Vous gérez le collectif HORS-SOL. Comment avez-vous vécu cette période d’arrêt et quel vision de l’avenir de la fête avez-vous ? 

Notre dernière fête en grand format s’est déroulée le 22 février à la Cité Fertile, il y a donc plus de quatre mois. Nous avions convié à jouer à nos côtés, Dorisburg, Eli Verveine, Map.ache, Rohmi et Guillermo Jamas. Depuis, nous avons eu une quinzaine de dates annulées à Paris et en France, le report de la première édition d’un nouveau format intimiste que nous curations, appelé Outrebleu, axé deep techno et IDM, lors de laquelle nous devions recevoir l’artiste italien Luigi Tozzi.

Toutes ces annulations furent assez brutales, mais évidemment, nous les avons accepté dès lors qu’elles se justifient par des impératifs sanitaires.

Concernant le plus long terme, nous sommes évidemment convaincu qu’il faut continuer à encourager la scène locale et l’écosystème français à se développer. Cette initiative doit être globale et doit concerner tous les acteurs, les radios, les clubs, les médias, les collectifs. Le dialogue doit être ouvert, mêmes lorsque l’on évolue sur des chemins artistiques différents. C’est la richesse d’une scène locale qui définit l’identité d’une ville et qui contribue ensuite à son rayonnement. Nous avons la chance d’avoir à Paris et en France, de nombreux artistes et labels dans différents styles, il est donc important de continuer à encourager ces artistes là et ces initiatives, et surtout de leur donner les moyens, le cadre, et l’accès aux lieux leur permettant de s’exprimer. 

Ensuite, il nous paraît indispensable, encore plus aujourd’hui qu’avant, en tant qu’organisateur et djs, de continuer à montrer l’exemple et de sensibiliser les publics : à l’éco-responsabilité des projets, notamment sur la question de la prohibition des plastiques à usage unique, des modes de transports des artistes, et en travaillant avec des acteurs locaux et prestataires respectueux et engagés sur des valeurs en phase avec celles que que nous défendons. 

Il faut continuer à démontrer et rabacher que la fête est un espace où chacun doit pouvoir se sentir libre et en sécurité ; une parenthèse dans laquelle et il est primordial de conserver et défendre l’inclusivité et le respect d’autrui.

Sur ce type de réflexions, Simo Cell a tenu une tribune très juste dans Libération, sur la façon dont le métier de DJ devait se réinventer en privilégiant par exemple des modes de transport plus propres. Les conférences “Danser Demain” organisées par Technopol ont également abordé ces questions avec des angles et points de vue intéressants.

Quels sont vos projets à venir ? 

Bien entendu, à l’heure où nous écrivons ces mots, la situation est encore floue, et l’horizon incertain. Notamment sur la réouverture des clubs, et la possibilité d’organisation d’événements en plein air ou dans d’autres lieux. Malgré ça, on tente de se projeter sur la suite, et l’on prépare d’ores et déjà de belles fêtes pour la saison prochaine, dans certains des lieux où nous avons déjà eu l’occasion de communier, tels que la Marbrerie (Montreuil), le Trabendo ou encore la Cité Fertile (Pantin). A ces rendez-vous plus réguliers, nous espérons ensuite être en mesure de proposer des moments-forts, explorer des formats de fêtes alternatifs et plus intimistes, qui restent dans l’ADN du collectif, et pourquoi pas amorcer un projet de festival …?

Retrouvez le podcast et la tracklist ci-dessous. Rendez-vous le vendredi 7 août prochain à Border City pour l’open air d’HORS-SOL avec Roza Terenzi et Bwi-Bwi de 18h à 6h du matin. 

Tracklist 

  • Bwi-Bwi – Canto Souleu (A.M. Mix) / Lüüd Discs
  • Psyance ‎- Motion-Motion / Plus 8
  • Nathan Melja – Dreadrums / Antinote
  • D.O.P. – Groovy Beat (Rock It Mix) / Guerilla
  • Nemo Vachez – Serena (SYO Transe Total Remix) / Unknown To The Unknown
  • Driss Bennis pres. OCB – Algorhythmic Control / Casa Voyager
  • Ilyes & Gauvain – Elster / RDV Music
  • Safe 2 Be – Safe 2 B With De Bass 2 (Direct Injecta Mix) / White label
  • DJ Central – Que / Help Recordings
  • Abdul Raeva – Intro To Gabber / Gestalt Records
  • Retro Metro – Atree / Tresydos
  • Ice Waves – Maggy / Don’t Should Records
  • The Horn ‎– Villager (Luca Lozano Remix) / Klasse Wrecks ‎
  • Jónbjörn – ÉEBFVÞ / Pompon Records