On a discuté ave l’équipe d’Ulla Records à l’occasion de la sortie de leur deuxième Various aux sonorités italo, EBM et new wave. Rencontre. 

Quelles sont les prémices du label ?

Ulla Records est un label basé entre Toulouse, Paris et Saint-Brieuc, formé pendant le confinement, en mars 2021. Le label a été fondé par une partie des membres du collectif et label toulousain Pétrole (LDM, Lucile et Naranja), et des artistes rencontrés au travers de différents projets (Austher et Liorzh). Après plus de 4 ans et une quinzaine de releases, une partie des membres de Pétrole avait la volonté de monter un nouveau label, pour développer une nouvelle esthétique, et de nouvelles propositions musicales.

Lors du confinement, Pétrole avait lancé un projet collaboratif intitulé “Quarantaine”, une compilation gratuite regroupant 40 artistes toulousains, et parmi les artistes présents sur la compil figurait Austher, qui a très rapidement rejoint le projet Ulla, alors encore en formation. Enfin Liorzh, graphiste rencontré via les réseaux sociaux, a également rejoint l’aventure dès les débuts.

Quelle est la ligne artistique d’Ulla ? 

Le label est fortement influencé par l’esthétique musicale et visuelle des années 80 et 90. On est donc naturellement inspirés par la musique électronique de cette période : italo-disco, EBM, new beat, acid, proto house, early trance… Pour autant, on revendique une vision moderne et réinterprétée de ces influences. On s’inscrit dans cette nouvelle vague italo, et on souscrit par exemple grave au délire d’un Pablo Bozzi et son italo-bozzi-music.

Est-ce que des labels vous ont inspirés ? 

On a forcément été inspirés par de nombreux labels internationaux ou français qui sont dans notre scène comme Roam Recordings, Permanent Vacation, Slow Motion, Dischi Autunno, Bordello a Parigi, Moustache, Ritmo Fatale… mais on a quand même la volonté de se démarquer, et de proposer un contenu singulier, que ce soit dans nos visuels ou au niveau des artistes qu’on met en avant.

Qu’est-ce qui vous plaît dans la gestion d’un label et quelles sont les contraintes ? 

L’aspect le plus plaisant dans la gestion d’un label, c’est cette opportunité de rencontrer un tas d’artistes inspirants, et la fierté de pouvoir, modestement, mettre en avant leur musique. Les personnes qui gèrent le label sont pour certains compositeurs, et c’est très différent de défendre son projet en tant qu’artiste ou label.

Dans le premier cas, tu peux avoir un rapport très particulier à ta propre création, parfois une forme de lassitude même, et c’est pas toujours évident de “défendre” ton projet. Dans la position du label, tu es plus détaché de ces considérations, et tu as cet enthousiasme et cette envie de partage qui ne te quittent pas jusqu’à la release. Un autre aspect intéressant dans la gestion d’un label, c’est ce côté touche-à-tout et couteau-suisse que tu dois développer, et qui est super enrichissant d’un point de vue personnel et professionnel.  

Pour les contraintes, c’est comme dans n’importe quel biz, à savoir que l’argent est le nerf de la guerre, et que c’est parfois dur de construire un modèle économique stable (en particulier dans la musique, avec le rôle prépondérant du streaming). Tout le reste, c’est que du plaisir !

On parle souvent du label et de ses sorties mais moins des qui gens qui le composent. Vous pouvez nous parler de la team ?

C’est vrai, et chacun a un rôle super important, et apporte sa pierre à l’édifice ! La team est donc composée de 3 compositeurs et DJ, Austher, LDM et Naranja, un graphiste, Liorzh, et une responsable planning, support et communication, Lucile. Au-delà de l’aspect musical, c’est super important dans un label d’avoir une organisation carrée, de pouvoir anticiper les releases, bien caler les plannings… et donc d’avoir une responsable qui puisse chapeauter tout ça. Concernant l’aspect visuel, on a la chance d’avoir un graphiste parmi les membres du collectif, qui peut développer tout un univers, ce qui nous permet d’avoir une véritable direction artistique cohérente sur le projet. 

Une notion hyper importante pour nous dans le label, c’est la collégialité : tout le monde donne son avis sur la direction artistique, et on cherche au maximum à trouver le consensus dans nos décisions. Par exemple, lorsqu’on prépare une release, tout le monde a son mot à dire sur la sélection des tracks, et c’est pareil sur le visuel.

Votre premier VA est composé d’artistes locaux, le deuxième prend un angle plus international, comment choisissez-vous vos artistes ? 

Pour le premier VA on s’était naturellement tourné vers des artistes qu’on connaissait personnellement, ou qui nous semblaient accessibles, ainsi que les compositeurs du label. Sur ce deuxième VA, on avait reçu de nombreuses démos, et on a eu l’opportunité de release des producteurs venus des 4 coins du monde : Brésil, Indonésie, Russie… mais aussi des potos français !

On est super heureux de cette ouverture, qui nous semble naturelle aux vues des styles musicaux qu’on veut mettre en avant. Une grande partie des labels et artistes qui nous inspirent sont étrangers, et spontanément, on a cette volonté de s’ouvrir à l’international sur nos projets.

Quels artistes aimeriez-vous signer sur Ulla ? 

Il y a tellement d’artistes qu’on aimerait avoir un jour sur le label : Benjamin Fröhlich, Franz Scala, Lauer, Skatebard, Fabrizio Mammarella, Curses, Chinaski, Younger Than Me, Damon Jee, Djedjotronic, James Shinra, Romain FX… et la liste pourrait encore s’allonger !

Mais on a aussi la volonté de mettre en avant des artistes moins connus, ou qui n’ont jamais release avant, car c’est aussi ça selon nous la vocation d’un label.

Des actus à venir à nous partager ? 

On prépare activement notre prochaine sortie digitale, un EP solo de Past Futura, artiste présent sur le VA ! Dans le même temps, on prépare aussi en soum-soum la 5ème release du label, qui devrait sortir pour nos un an. On ne veut pas en dire trop pour l’instant, mais ça pourrait bien sortir en physique cette fois-ci…

On a également commencé une résidence sur la webradio toulousaine Egregore, dans laquelle on invite tous les mois un artiste qui nous inspire et dont on valide la taff. Le dernier en date, c’était justement notre poto le néo-toulousain Emilio van Rijsel (#toulouseonthemap) ! D’ailleurs, ne manquez pas la prochaine, en décembre, car le guest sera très qualitatif. 

Retrouvez en exclusivité sur Soundcloud le nouveau track d’Emilio van Rijsel, artiste à suivre de près !