Membre éminent du label D.KO RecordsFlabaire sort cette semaine le premier album de son nouvel alias Aboukir : Digital Introversion. Déjà connu pour ses talents de multi-intrumentiste, Ralph Maruani a troqué ses titres électroniques pour 8 titres entre guitares psychédéliques, vocales aériennes, lignes de basse de blues et touches de rhodes. Rencontre autour d’un opus pink floydesque à écouter. 

L’album a été conçu dans son home studio pendant deux ans, entre 2018 et 2019, et chaque instrument est interprété par lui-même – sauf la batterie jouée par ses amis et sa famille. Tout au long de l’opus, ses inspirations blues, rock et folk des années 60 et 70 font aussi écho à ses références prog-rock comme Pink Floyd et The Grateful Dead, ou des musiciens plus contemporains comme Khruangbin ou Air. 

Tu es multi-instrumentiste depuis très longtemps, d’où vient cette attache à la musique ? 

J’ai grandi dans une famille de musiciens, mon père et mon oncle avaient un groupe de rock/folk entre 1967 et 1970 (qui s’appelait Classical M que j’ai d’ailleurs ressorti avec une réédition vinyle en 2019 à partir des 45t originaux et des masters de morceaux qui n’étaient jamais sortis). Même si le groupe s’est séparé, ils n’ont jamais cessé de faire et d’écouter de la musique, et ont transmis cette passion à leurs enfants, donc mes cousins, mes frères et soeurs et moi même. Durant mon enfance après les dîners de famille l’un se mettait au piano, les guitares étaient de sorties et on jouait des morceaux des Beatles, Bob Dylan, James Taylor, Fleetwood Mac, etc. C’est comme ça que j’ai appris à jouer de la musique.

Quelles sont tes influences musicales – avant ton projet électronique Flabaire ? 

Je viens du rock des années 60s, 70s, en plus particulier le côté psychédélique. Si je devais citer quelques noms je dirais bien sur les Beatles, Pink Floyd, Crosby, Stills & Nash (& Young of course), Bob Dylan, Soft Machine, King Crimson, … La liste pourrait continuer longtemps, mais j’ai bien sûr écouté et été influencé par d’autres styles musicaux qui me tiennent à cœur, le jazz, la soul et le funk, et évidemment la house. Mais disons que ma langue maternelle (pour ne pas dire paternelle) c’est le rock.

Tu as joué dans le groupe Secret Value Orchestra pendant plusieurs années. Ce nouveau projet instrumental Aboukir était la suite logique pour toi ? 

Je ne vois pas ça comme une suite, c’est un projet parallèle. Le projet Secret Value Orchestra est en pause un peu forcée car notre pianiste Paul vit depuis un an au Portugal et donc ne peut pas se rendre comme il le souhaiterait à Paris, COVID oblige. Mais dès que la situation va s’améliorer nous allons retourner en studio, et je l’espère rejouer sur scène. 

Depuis que j’ai commencé à produire de la musique électronique il y a plus de 10 ans, j’ai toujours eu cette envie de faire un disque de “rock” (je mets rock entre guillemet car c’est un terme extrêmement vaste et générique) et je n’ai d’ailleurs jamais cessé d’en jouer et d’en écouter. C’était donc la concretisation d’une envie présente depuis toujours. 

Comment s’est passé le processus de création de ce premier album ? 

J’ai composé les morceaux seul, généralement à la guitare, ou autour d’une ligne de basse. J’ai ensuite enregistré guitares, basse, claviers et voix sur des boucles de batterie. Et enfin j’ai fais ré-enregistrer les batteries par Diego Forst et mon frère Briag Maruani. Le disque a été mixé par Louis McGuire qui a fait un superbe travail. 

Il y a un instrument que tu rêverais d’apprendre ? 

J’aimerais beaucoup savoir jouer des cuivres !

L’album Digital Introversion sorti sur Rotary Phono Lab est disponible dès aujourd’hui sur toutes les plateformes digitales