À écouter sans modération. Après une Boiler Room remarquée en novembre dernier, le toulousain Arabian Panther nous offre 1h de mix pointu entre downtempo, EBM et Italo Body Music. 

Présente-toi et ton parcours musical / DJ en quelques lignes ?

Hello Dure Vie ! Je m’appelle Sami, je suis musicien et dj, sous divers alias, notamment Arabian Panther. Mon parcours musical est assez classique, mis à part un peu de piano / solfège quand j’étais gosse. C’est surtout ma passion pour les ordinateurs qui a facilité mon apprentissage en autodidacte à la musique électronique. Sur la scène électronique j’ai appris à mixer dans des teufs puis j’ai fait partie de la Chinerie avec lesquels j’ai géré le label et groupe de digging Chineurs de techno, sous mon ancien alias : Psaum.

Je me suis ensuite concentré mi 2018 sur mon projet de composition : Arabian Panther. Ce projet à un côté narratif autour des histoires de ce personnage fictif (visible sur mon logo, et bientôt d’autres manières 😉 ).

La dimension story-telling fait que je ne me fixe donc pas de limites de styles et ne me voit pas comme un artiste de tel ou tel genre mais, si je devais essayer de résumer, son esthétique sonore oscille entre Downtempo, EBM, Italo Body Music, Techno, breakbeat etc. 

Etre multi styles n’est pas forcément un choix judicieux, ca ne plait pas à certains qui aiment bien mettre tels artistes dans telles cases, c’est plus rassurant pour eux, programmateurs, mais personnellement je préfère privilégier le fond et la globalité d’un projet artistique, plutôt qu’une étiquette sur un line up ou dans un bac à disques.

Ce projet m’a permis de faire des trucs assez ouf dès les premiers mois de 2019 où j’ai sorti mon track Desert’s Anthem, sur le premier label de techno Palestinien Harara. J’ai eu la chance d’être invité à jouer deux fois en Palestine (Ramallah, big up à ODDZ et à l’Exist Festival) qui fût ma plus belle/forte expérience (je vous laisse imaginer ce que ca donne d’atterrir à Tel Aviv et de traverser les check points en étant d’origine Libanaise avec des keffieh dans son sac… un moindre mal par rapport aux quotidiens des Palestiniens). 

J’ai pu faire mon premier Live Act en plein cœur du Sahara, de faire une première partie pour Acid Arab juste, avant la pandémie, de jouer dans une dizaine de pays, de sortir une trentaine de tracks/remix et surtout rencontrer des supers personnes un peu partout en Europe, au Proche Orient et au Maghreb. UN des trucs dont je suis le plus fier a aussi été de faire partie de l’aventure Monticule Festival, mon festival préféré (RIP cf leur dernier communiqué) dont j’ai été DJ résident et curateur artistique durant 4 éditions…

2019 a été génial, tout est allé vite pour moi, ça m’a beaucoup motivé…la suite on la connait. Ces deux années de pandémie, juste après l’éclosion de ce projet, ont été durs mais m’ont fait prendre conscience de beaucoup de choses sur cette scène, les gens qui la composent et sur le travail d’artiste et sa précarité. Ça m’a finalement permis d’être à l’aise, après beaucoup de remise en question, avec la musique que je voulais faire, sans prêter attention au reste de la scène.

Dans quel mood étais-tu lorsque tu as enregistré ce podcast ?

Dans un assez bon mood, ça faisait longtemps que je n’avais pas enregistré quoi que ce soit sur mes platines, je l’ai enregistré juste après un autre mix pour Nocta Numerica, il fait la continuité avec ce dernier.

Quel serait le moment idéal pour l’écouter ?

Durant l’Aïd el-Kebir avec Eric Zemmour ? Plus sérieusement j’envisage ce set comme quelquechose que l’ont peut écouter à la maison et qui au fil des minutes nous fait se lever se son apéro pour danser !

Quels sont les artistes / labels que tu as sélectionnés et pourquoi ?

Il y a énormément d’artistes et de labels très cools ces derniers temps partout dans le monde mais j’avoue que je dig un peu au jour le jour et qu’au moment de faire des playlists, je ne prête plus trop attention au nom de l’artiste ou du label. Vu que des fois le nom de l’artiste ou du label n’apparaît même plus dans mon fichier, j’essaie plutôt de choper des échantillons sonores dans mon rekordbox, en fonction de leur intensité, de leur gamme etc.

J’écoute toutes mes dernières trouvailles en naviguant sur les waveforms. Je ne réfléchis pas à “qui jouer”, “pourquoi le jouer ». L’important c’est de se faire kiffer en l’enregistrant et de proposer quelque chose d’agréable et de cohérent à écouter. Bon j’avoue qu’à la fin j’ai bien trippé avec un petit mashup en direct de Scarface et plusieurs loops à la volée d’un autre track.

Quel souvenir gardes-tu de ta Boiler Room en Novembre dernier ? 

C’était ouf ! Ça fait dix ans que je suis à fond sur la musique électronique et se retrouver de l’autre côté c’était un peu un accomplissement. C’était par contre super stressant, heureusement que c’était à la maison, au Bikini, lieu que je connais bien et qu’il y avait les potes (même ma grande sœur venu de La Réunion) ! C’était super cool de passer cette épreuve avec Alice (Jan Loup), qui est une amie et qui fait aussi partie de mon crew/label (Toulouse Gouffre Club), c’était bien plus facile de se soutenir et de s’encourager à deux !

Parle de nous de ton label, Toulouse Gouffre Club. Comment vois-tu la scène à Toulouse (et son évolution ces dernières années) ? 

Mon label Toulouse Gouffre Club avance doucement, l’accomplissement après quelques soirées à Toulouse était surtout de sortir un vinyle tous ensemble, c’est chose faite. La suite se compose de plusieurs sorties digitales et vinyles incluant des artistes hors Toulouse ainsi que de showcases à venir. C’est une chouette aventure, j’ai eu beaucoup de collectifs et assos, mais c’est avec eux qu’il se passe quelque chose de magique sur scène, c’est toutes et tous de vrai.e.s potes au quotidien et des superbes artistes !

La scène Toulousaine est en ébullition (Big up à Ritmo Fatale, Zbeulance, Egregore, Aïra, FOLKLORE, GRRL Sess, Girls don’t Cry etc.), de nombreux collectifs et artistes sont là, prêt à en découdre dès que le COVID sera passé. On taff aussi, tout doucement, sur un festival inter-collectif qui verra peut être le jour cette année ou la suivante…!

Quelles sont tes actualités à venir ?

Je viens tout juste de trouver une nouvelle agence de booking que je vais rencontrer à Paris en Mars prochain et je travaille actuellement sur mon premier album et un Live act pour la rentrée 2022. Je joue ce vendredi au Rex de Toulouse pour le collectif 50CL, à Athènes pour une nouvelle édition de l’Exist Festival (originaire de Palestine) ainsi que pour notre dernière soirée Toulouse Gouffre Club au Le Cri de la Mouette (un gros bordel à prévoir).

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