Mots : Arabella Coste & Florent Sales
Photo : lamachinedumoulinrouge.com

Même si l’actualité est ailleurs ces derniers temps, il nous paraît important de rappeler autant qu’on le peut que les femmes ont leur place dans la musique, et en particulier, dans la musique électronique. Arrêtons de nous priver de potentiels talents et d’artistes selon leur sexe, encourageons les femmes à faire de la musique, à composer, à mixer et à se produire sur scène ! Peut-être est-ce le moment de faire aussi bouger les choses de ce côté-ci ? Voici une petite revue, où, avec Arabella Coste, membre du collectif Bande de Filles, ainsi que Camille Lockhart, Marion Delpech et Martin Munier, qui ont fourni leur témoignages, nous parlons de l’état actuel des choses puis de la manière de faire avancer les mentalités. Le plus important étant de toujours être curieux.se, apprendre et partager.

Les grandes oubliées, enfin reconnues?

Si on revient aux origines de l’histoire de la musique électronique, on s’aperçoit avec surprise que les femmes étaient bien présentes et ont même tenu un rôle de pionnières comme Johanna Magdalena Beyer avec « Music of the Sphere » créée en 1938, dans une période qui reste majoritairement connue des travaux de Pierre Shaeffer

Daphne Oram marquera aussi les années 1960 avec son morceau « Birds of Parallax » et en créant son propre instrument de musique électronique « l’Oramic »Delia Derbyshire sortira de nombreuses productions comme Dr. Who (1963), Blue Veils and Golden Sands (1967), suivi de près par Éliane Radigue ou encore Pauline Oliverosc.

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Photo : Delia Derbyshire

En dépit de leurs brillantes créations, ces femmes avant-gardistes sont restées dans l’ombre des années durant ! Une explication première serait d’ordre socio-culturel car pendant ces années de baby boom, l’attention des femmes se devait d’être portée sur le foyer à gérer, et non pas sur leur compétences de création et la carrière qu’elles auraient pu avoir. La technologie et la science n’étant pas des domaines acceptés pour les femmes, il s’en est vu en conséquence une surreprésentation des hommes en tant que les créateurs de la musique électronique. De 1970 à 1980, la musique électronique subit une forte évolution technique avec l’apparition des premiers sampleurs et synthétiseurs que l’on retrouvera dans les sons de KraftwerkJean-Michel JarreDepeche ModePet Shop BoysNew OrderArt of Noise (…) des groupes composés très majoritairement d’hommes.

Une place retrouvée depuis 1990

S’ensuit à la fin des années 80’ et le début des années 90’ l’apparition de la house, de la techno et de l’acid House mixée par les premiers Discs jockeys dans les clubs, les raves et les free party. Les free party deviennent populaires auprès des classes moyennes car elles permettent de rétablir les connexions sociales entravées par la guerre froide et touchent un public hétéroclyte d’hommes et de femmes. Dès lors, les femmes écoutent de plus en plus de musique électronique.

Les années 90′ et 2000 permettent une diffusion accélérée de la musique et voient les premières Dj féminines se produire sur scène comme Ellen Allien (1992), Miss Kittin (1994), The Black Madonna (fin 90), Nina Kraviz (2000). Ces premières Djs et leur succès international permettent aux femmes de retrouver leur place d’artiste et de productrice aux yeux de tous. Un retard de 30 ans qu’il faudra combler petit à petit.

Génération Z, les DJs s’imposent en nombre mais…

L’essor d’internet, des réseaux sociaux et du partage de la musique en ligne a contribué à rattraper ce retard. On commence à sentir les effets depuis 2010 : le nombre de Djs et de producteurs a augmenté à l’international, permettant de donner toujours plus d’exemples aux générations à venir. Aujourd’hui, il est facile de se renseigner sur des vidéos de tutoriel, prendre des cours de Djing/Mao et de créer soi-même son identité artistique via les réseaux.

Cependant, malgré le nombre de Djs qui ne cesse d’augmenter, l’intégration des femmes n’est pas toujours simple dans ce milieu à forte dominante masculine. En 2019, les artistes féminines Dj représentent 25% des bookings en festival, c’est (quand même) une belle progression de 8% depuis 2017 (enquête FACTS 2020), seulement 10% des femmes sont bookées dans les gros clubs français (enquête wodjmag 2018), 3% d’entre elles sont productrices et plus de 1200 femmes signent un manifeste dénonçant le sexisme qu’elles ont pu rencontrer au cours de leur carrière (enquête Télérama 2019). Ce manifeste, appellé le F.E.M.M (Femmes Engagées des Métiers de la Musique) est le premier appel au changement des mentalités et des pratiques afin de garantir une nouvelle égalité et de la diversité dans ces métiers. 

Ce qui est sûr, c’est que les femmes ne veulent plus se laisser faire et cette année nous le prouvent bien avec l’apparition du #MusicToo en réponse à des statistiques alarmantes: 31% des femmes travaillant dans le secteur musical (artistes ou professionnelles) disent avoir été victimes, au moins une fois, de harcèlement sexuel, selon une étude de 2019 de la C.U.R.A. (Collectif pour la santé des artistes et des professionnels de la musique) et de la G.A.M. (Guilde des artistes de la musique).

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Source : Etude C. U. R. A.

Toutes ensemble, nous sommes fortes,

Toutes ensemble, nous sommes solidaires,

Toutes ensemble, nous sommes puissantes,

Toutes ensemble, nous sommes unies,

Toutes ensemble, nous sommes déterminées,

Toutes ensemble, nous sommes visibles,

Toutes ensemble, nous sommes engagées,

Toutes ensemble, nous sommes organisées,

Nous sommes magnifiques et nous ne nous laisserons plus faire !

Source: F.E.M.M, Télérama 2019 

L’union fait la force 

Devant ces faits, bon nombre de femmes évoluant dans cette industrie ont décidé d’agir et d’unir leur force et on peut sentir qu’il y a du mieux. Du mieux dans les mentalités déjà, la jeune génération semble avoir pris conscience de l’aberration de cette mise à l’écart et beaucoup oeuvrent pour arranger les choses et se faire entendre. Des groupes de soutien et de networking se sont créés pour permettre aux femmes de se rencontrer et de s’entraider. On compte par exemple, le réseau international female:pressureshesaidso France qui développent un réseau professionnel entre femmes, ainsi que la plateforme Woman’s speech pour connecter les femmes et les personnes queers françaises autour de la musique électronique. 

Aussi, de nouveaux projets culturels s’engagent autour de cette thématique d’unir et de donner de la visibilité aux femmes artistes comme Provocative Women For Music (PWFM), Des Colérées et les radios shows de Good sisters et Barbi(e)turix sur Rinse, L’ Appel du 8 mars avec la journée de la Femme pour rassembler des artistes house et techno, Sisterules festival lancé pendant le confinement, et les dernières conférences sur le sujet organisées par Technopol lors de la Paris Electronic Week.

Des collectifs féminins émergent sur la scène parisiennne (pour en citer quelques uns à aller voir : Barbi(e)turixRA+RE,Soeurs MalsainesBande de FillesVeSTes, Conspiration, The Future is Female, Wicked Girlsles Mixeuses solidaires), et sont un moyen efficace de faire évoluer les mentalités sur la représentation des artistes féminines. Menés par des femmes passionnées, ils regroupent plusieurs artistes qui organisent leur soirées, permettant ainsi d’avoir le choix de proposer leur propre line-up.

Proposer sa programmation est une bonne occasion d’y représenter un line-up 100% féminin. A ce sujet, les avis peuvent être partagés si ces line-up contribuent à soutenir la cause feministe ou non. Electrobeats a publié en 2016 un sondage réalisé auprès de Djs des scènes danoises et berlinoises, où bon nombre d’artistes sont favorables à ces soirées. Elles justifient qu’elles permettent la rencontre et les synergies entre femmes, au même titre que certaines soirées le sont pour les hommes. Néanmoins l’article soulève le fait qu’il est important d’avoir une cohérence musicale dans le line-up, en évitant de booker des femmes uniquement pour leur image. Les line-up 100% feminins peuvent être trop revendiqués et deviennent alors un artifice marketing de promoteurs.

“J’aime beaucoup booker des femmes, car cela reste intéressant pour moi de voir ce que font les autres. Bien sûr, il y a des avantages de booker des femmes: cela permet de ramener plus de femmes à la soirée car elles apprécient voir des Djs femmes. C’est pour voir une femme en héros et être fan d’elle. En revanche certaines déclinent les propositions car des promoteurs communiquent dessus avec mauvais goût. Quand cela devient sexiste, ce n’est plus pour la musique” – Ellen Allien pour Electro Beats

En parlant de booking, une enquête publiée par wodjmag en 2018 a mis en évidence le fait que les gros clubs français ont tendance à booker des artistes féminines surtout en tête d’affiche (dans un but marketing?) et du coup, favoriser les gros noms de la scène internationale au détriment de la scène locale. 

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Source : Enquête Wodjmag 2018

“Cette sur-représentation des têtes d’affiche parmi les minorités de genre n’est donc pas le signe d’une intégration facilitée au milieu. Au contraire, elle révèle l’existence d’un « plancher de verre » qui freine leur intégration à l’ensemble du milieu de la nuit en les cantonnant à des dates « événement ». Elles sont présent-es dans les line-ups en tant qu’artistes exceptionnel-les, mais toujours largement absent-es des programmations secondaires et routinières de ces clubs, soit de l’essentiel des soirées.” Enquête Wodjmag.2018

Or, pour qu’une artiste grandisse et évolue en tant que Dj, il est primordial qu’elle puisse s’exprimer en faisant découvrir son univers au travers de line-up variés. Elle s’intégrera à la scène petit à petit et de manière cohérente. De plus, l’envie de s’y mettre se déclenchera plus facilement. En voyant une Dj locale mixer, les femmes s’identifieront à elle et pourront l’approcher. Aujourd’hui, il est plus qu’important de promouvoir notre scène locale féminine à différentes échelles afin de faire évoluer la mixité des line-up.  

Réflexions et bonnes pratiques à mettre en oeuvre 

Les planètes sont alignées pour que la situation évolue dans le bon sens, malgré un retard à rattraper pour atteindre une visibilité à 50/50 entre les genres. Ce qui est important de souligner, c’est que le changement doit se faire de manière naturelle, sans objectif marketing ou de faux semblants de la part des promoteurs et programmateurs. La musique et la cohérence des line-up restent les critères primordiaux pour une soirée réussie sinon elle desservira la cause. Sur le niveau professionnel, malheureusement encore peu d’études ont été faites pour étudier les changements, espérons que les mentalités évolueront dans le bon sens pour favoriser aux femmes l’accès à tous les métiers de l’industrie. 

Dans le monde de la musique, la curiosité doit s’entretenir tous les jours : il est important de suivre l’essor des djs féminines en devenir. Nous sommes tous.tes les act.eur.rices pour grossir et embellir notre scène locale. Regardez, intéressez-vous, allez écouter des jeunes artistes, likez et partagez c’est le meilleur moyen de faire bouger les choses.

Pour conclure, nous avons justement demandé à quelques acteurs du milieu, programmateurs, DA, artistes, ce qu’il pensent du sujet, et si, pour eux, les choses évoluent dans le bon sens. Nous vous partageons ci-dessous :

– une liste de plus de 80 Dj féminines de notre scène française à aller découvrir absolument, (on insiste !), 

– un guide pratique à consulter pour celles que ça titille ainsi que des contacts pour prendre son premier cours de Djing. 

N’oubliez pas : il n’y a pas d’âge pour commencer la musique et tout le monde, à force de travail et de courage, peut y trouver sa place !

Témoignages recueillis auprès de trois act.eurs.ices de la scène électronique parisienne sur les deux questions suivantes: 

1- Ces dernières années, as-tu vu une évolution du nombre de femmes présentes dans la musique électronique, dans la profession ? (artistes et mais aussi les autres corps de métier) ?

2- Selon toi, reste-t-il des efforts à faire, si oui quelles sont tes idées/ actions pour améliorer la situation ?

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Camille Lockhart (Dj sous le nom d’Ecran Total

1- A l’époque où j’ai commencé, j’ai commencé avec d’autres femmes. Je ne me suis pas vraiment rendu compte sur le moment de l’exception que c’était, même si franchement je trouve qu’il y en avait déjà pas mal sur le terrain. En revanche on devait se battre 70% plus fort que les mecs pour être crédibles. 

Ca n’a pas vraiment changé, dans tous les corps de métier on doit prouver deux fois plus qu’on est valables et compétentes, même si avec le temps et l’union de plus en plus de meufs, on a commencé à ouvrir nos gueules et à se faire respecter. 

De fait, ça a ouvert la porte à plus de femmes, j’ai l’impression aussi que comme on se serre les coudes on s’encourage et donc plus de femmes se sentent légitimes de commencer à travailler dans la musique. Je parle principalement côté artiste parce que de l’autre côté je suis moins présente.

2- Evidemment il reste des efforts à faire. Je pense qu’il faut continuer à mettre en lumière le travail des femmes, et ça passe par se forcer à booker des line-ups paritaires (j’aime pas nécessairement la discrimination positive parce qu’on va booker quelqu’un en privilégiant autre chose que son travail mais a priori on n’a pas encore trouvé mieux pour que « l’autre chose que son travail » ne porte pas préjudice au dit travail…), ça passe par arrêter de dire « djette », ou de mentionner que c’est une femme parce que breaking news quand c’est un homme ça n’est jamais mentionné, ça passe par des tables rondes, des échanges, et des débats, et ça passe SURTOUT par un échange entre les hommes et les femmes et les personnes trans et un véritable dialogue parce que oui c’est important de se réunir, se regrouper, et allier nos forces, mais c’est encore plus important de s’éduquer les uns les autres.

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Marion Delpech (fondatrice de PWFM / Des colérées

1- Il y a toujours eu des femmes, mais elles sont souvent invisibilisées. 

Du côté des artistes, c’est sûr il y a moins de femmes que d’hommes. Les machines étant quelque chose d’intrinsèquement masculin de base (quand les femmes sont plus vouées à faire du violon, de la harpe, etc…), il y a donc un grand travail d’éducation à faire. Mais cela se démocratise, elles sont plus nombreuses à franchir le pas.

Ensuite, l’on perd des femmes en route lorsqu’elles se lancent, parce que l’on est dans un milieu très masculin, voire macho. Ce n’est donc pas évident de passer ce cap – idem pour les femmes « de l’ombre ». Elles sont souvent cantonnées à la communication et au bar. Elles sont encore trop peu à être directrices artistiques, gérante de club, ou encore à la tête de projets / collectifs. Les rôles décisionnaires sont encore très masculins, les femmes exécutent. 

Enfin, du côté des « superstars », il y en a de plus en plus. Sûrement grâce aux « modèles » que peuvent incarner certaines d’entre elles, cela ouvre la voix. 

2- On en est clairement qu’au début. Cela passe par plein de choses : 

– imposer la parité sur les line-ups et en interne. Oui c’est relou, mais tant que cet équilibre ne se fera pas naturellement, il faut passer par cette période relou

– libérer la parole : pourquoi est-ce si compliqué d’avoir des femmes ? Il faut qu’elles s’expriment, sans avoir peur d’être encore moins programmées

– les rendre visible : il faut que les médias, majoritairement composés d’hommes, prennent également leur rôle en s’imposant des couvertures avec + de femmes, leur offrir plus d’articles, etc…

– créer de la sororité : échanger, communiquer, s’entraider. Ca ne fonctionne pas si tout le monde est éparpillé. C’est aussi le rôle des femmes plus installées, d’aider et pousser la jeune génération. Les inspirer et les motiver à se lancer.

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Martin Munier (fondateur & Dirigeant du Club Sacré)

1- En effet, je vois une évolution positive du nombre de femmes dans la musique électronique. La scène a très souvent été ultra masculine, mais depuis quelques années, on voit augmenter le nombre de femmes productrices ou Djs et ça fait un bien fou. Les programmes des festivals et des clubs proposent de plus en plus de femmes, certains en font même un cheval de bataille et propose une parité parfaite. Perso, je suis pas trop pour la discrimination positive dans ce cas là, une femme ne doit pas être programmé car c’est une nana mais pour son talent et son univers. Les Top Djs ne sont plus uniquement des mecs. En revanche, il reste quand même une trop grande majorité d’homme dans la scène, mais j’ai bon espoir que petit à petit ça change. On voit aussi de plus en plus de femmes aux commandes de l’orga de soirées ou festivals alors que malheureusement les femmes sont souvent sur la communication. En revanche du coté technique et régie son/light il y a un vrai manque pour le moment. 

2- Oui, il reste des efforts à faire,  mais pour moi c’est surtout l’état d’esprit qu’il faut faire évoluer plus que des efforts en particulier. Encore une fois, je suis pas pour la discrimination positive concernant la parité. Même si un minimum de parité est super important dans une même équipe. Les visions sont différentes, les sensibilités aussi et il est important de tout prendre en compte. Si un jour je trouve le bon profil, je serais super content de laisser la DA de Sacré à une femme pour apporter une sensibilité différente aux soirées que j’ai l’habitude de programmer.

Artistes DJ Féminines à découvrir de notre scène française 

ABI: https://www.facebook.com/abi.rarerecords/

Address Hymen: https://www.facebook.com/addresshymen

Amber : https://www.facebook.com/amberamoteur/

Anna Hatche: https://www.facebook.com/AnnaHatche/events/

Anaïs B: https://www.facebook.com/Iamanaisb

Anais Leszcynska: https://www.facebook.com/leszcynska

Andy 4000 : https://www.facebook.com/Andy4000

Anetha : https://www.facebook.com/anethamusic/

Aʁa : https://www.facebook.com/arabellacostemusic/

AZF : https://www.facebook.com/djazf

BAMBI – Célia Texier: https://www.facebook.com/BAMBI-C%C3%A9lia-Texier-110503660647105/

Barbara Butch: https://www.facebook.com/Barbara-Butch-79259261207/

Belafa aka Corbeille Dallas: https://www.facebook.com/corbeilledallass

Belaria: https://www.facebook.com/belariafriendsome

Benedetta: https://www.facebook.com/benedettacamionbazar

Bernadette: https://www.facebook.com/mlleBernadette/

Betty : https://www.facebook.com/djbettybensimon/

Bittercaress : https://www.facebook.com/bittercaress/

Calling Marian: https://www.facebook.com/callingmarian

Carin Kelly : https://www.facebook.com/CarinKellyy

Cassie Raptor : https://www.facebook.com/cassie.raptor/

Celine Technorama: https://www.facebook.com/celinetechnorama.official/

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Charlotte : https://www.facebook.com/charlotteofficial

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Clementine: https://www.facebook.com/clementine.mellowmadness

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Dj Carie aka La Dame: https://www.facebook.com/carieakaladame

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